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Sfax Taparura : Un mégaprojet qui attend des décisions à Tunis
Publié dans Leaders le 19 - 04 - 2018

Le projet Taparura, est un projet urbain de la deuxième ville du pays, le concept du projet est élaboré depuis les années 80, et consiste à dépolluer et à réhabiliter les côtes nord de la ville de Sfax qui ont souffert de plus de trente années de nuisances des industries chimiques puis créer une nouveau pôle urbain sur ce littoral.
La première phase achevée en 2010 a permis d'isoler le terril de phosphogypse et de réhabiliter les plages étendues sur le littoral au nord de la ville sur une superficie de 420 ha, cette réussite de dépollution et de réhabilitation est citée en exemple par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) et représente un savoir-faire tunisien à valoriser en Tunisie et ailleurs dans le monde.
Taparura est le projet phare de la ville, celui de toutes les attentes, 420 ha au bord de la mer dans une ville très dynamique, qui aspire à devenir une métropole méditerranéenne, une superficie qui équivaut à plus de deux fois le centre-ville actuel (médina, ville européenne et Sfax Eljadida), à quelques centaines de mètres de la médina, capable d'accueillir 50 milles habitants et de créer des opportunités économiques pour le tourisme, les loisirs le commerce et les services. L'Union pour la Méditerranée (organisation intergouvernementale groupant 43 pays) l'a élu en 2014 comme étant l'un des meilleurs projets de ville méditerranéenne et l'a labellisée avec 2 autres projets pour une assistance techniqueet financière.
La deuxième phase d'aménagement puis d'exploitation tarde à démarrer, un concours d'idée a été lancé en 2012 et a permis de dégager les grandes lignes du projet.
Au mois de novembre 2012, un conseil ministériel a décidé de lever les obstacles qui entourent le projet et de constituer un comité de pilotage formé de pas moins de 7 ministères (équipement, transport, industrie, domaines de l'Etat, environnement, développement régional…), le citoyen à Sfax commence à y croiresurtout que les décisions prises pourraient changer le visage de la ville :
* Déplacement de la gare au nord de la gare actuelle pour mettre d'articuler Taparura avec le centre-ville
* Aménagement des anciennes plages
* Déplacement des activités chimiques au port de commerce
* Aménagement des quartiers populaires limitrophes du projet
* Réhabilitation des canaux des eaux pluviales
* Aménagement de la zone industrielle limitrophe
* Dépollution du littoral sud de la ville et arrêt des industries chimiques
Malheureusement avec les changements successifs du gouvernement et de la direction de la société en charge du projet, toute la démarche a changé et on a vu le projet plutôt géré dans le ministère de l'équipement, un conseil ministériel début 2016 a décidé d'opter pour une gestion du projet selon le mode partenariat public-privé et de lancer un appel à manifestation d'intérêt.
Un premier appel d'offre en mai 2016 puis un deuxième en juin 2017 ont été infructueux et de l'avis des investisseurs et des experts, la démarche n'est pas pour attirer l'investisseur au vu des estimations de prix du terrain proposées, des contraintes d'aménagement et de l'absence de calendrier précis sur les engagements de l'Etat pour désenclaver le projet et lever les obstacles qui l'entourent.
Déjà plus de trente ans depuis le lancement du concept, l'impression chez le citoyen est que le projet est bloqué et il n'y a pas de volonté politique réelle pour qu'il voit le jour, des années de perte de temps pour un projet qui a coûté à l'Etat plus de 180 millions de dinars dont une partie financée par un crédit de la Banque Européenne d'Investissement, lequel crédit a été conditionné par la dépollution du littoral sud de la ville qui est malheureusement freinée par la poursuite des activités de l'usine de la Siape qui aurait dû fermer depuis 2011. Au mois d'avril 2017, un an déjà le chef du gouvernement en visite à Sfax annonçait haut et fort l'arrêt de l'usine de la Siape, mais à ce jour rien n'a été fait, le groupe chimique tunisien poursuit ses activités polluantes et envisage même d'entamer une nouvelle activité aussi polluante défiant la population, la région et les décisions des différents gouvernements.
Pour plomber encore le projet, le Groupe Chimique Tunisien refuse la cession du terrain qu'il occupait par l'usine NPK fermée en 1991, un terrain de 13 ha qui fait partie de Taparura après sa dépollution, le comble c'est que le GCT qui a pollué le site, la mer et la ville exige un dédommagement financier pour céder le terrain, le principe du « pollueur-non payeur et arrogant», une déclaration de guerre d'une entreprise publique à la ville, une excellente illustration de l'absence de coordination entre les institutions de l'Etat.
Quellessolutionspour débloquer le projet ?
* Le projet Taparura est un projet urbain qui dépend du ministère de l'équipement mais c'est un projet de ville et de région et où pas moins de six ministères sont impliqués, c'est un comité de pilotage qui doit veiller à une bonne coordination entre les différents intervenants et lever les obstacles,
* La présidence du gouvernement doit prendre les décisions politiques nécessaires pour rassurer l'investisseur potentiel et rétablir la confiance du citoyen qui a trop attendu, un projet conçu à la même période que le projet du lac de Tunis(la Société d'Etude et d'Aménagement des Côtes Nord de la Ville de Sfax a été créée en 1985)
* Il faut désenclaver le projet, la pénétrante nord et sud, un projet en cours de réalisation donnerait de la visibilité au projet
* Le montage financier et l'estimation du terrain doivent être révisés
* L'arrêt des activités chimiques au port de commerce est impératif, le débarquement du soufre à ciel ouvert au centre-ville est un crime contre les citoyens et refoule l'investisseur. Il y a quarante ans on a interdit la baignade dans les plages de la ville à cause de la pollution des activités chimiques au port, à ce jour une bonne partie des mêmes ingrédients polluants au centre-ville existent encore et empoisonnent la vie du citoyen, la réconciliation de Sfax avec la mer reste une supercherie si on n'arrête pas au plus vite l'activité des phosphates au port. Ce port qui peut être mieux valorisé à sa partie nord par les activités de ferry, les croisières et la plaisance, sa partie sud restera réservée aux activités de commerce.
Deux projets limitrophes faciles à réaliser (pas de contrainte foncière) peuvent changer l'image de la ville et amener plus d'un investisseur pour Taparura :
* le premier projet est la gare multimodale à quelques centaines de mètres au nord de la gare SNCFT actuelle, un pôle d'échange qui relierait Taparura aux différents pôles urbains existants et aux routes Nord et Est de la ville, ce projet sera érigé sur le terrain de la SNCFT et peut être réalisé selon le mode PPP,
* le deuxième projet consiste à aménager les 18 ha de l'ancienne plage casino et du terminal pétrolier pour récupérerles anciennes plages et créer une gare maritime pour le transport voyageurs à la place de l'actuelle gare du ferry de Kerkennah très mal adaptée aux voyageurs et au trafic urbain, ce projet n'a pas aussi de contraintes foncières, et peut-être réalisé selon le mode PPP.
La région de Sfax, dix pour cent de la population du pays, est connue par l'esprit d'entreprenariat et une dynamique économique importante mais n'attire que 3% des investissements directs étrangers à cause d'une infrastructure peu développée et d'une qualité de vie ternie par les industries chimiques polluantes, la région a le potentiel pour améliorer cette image et attirer l'investissement pour mieux contribuer à l'effort de développement du pays. Le projet Taparura permet de réconcilier la ville avec son littoral et donner la dimension métropolitaine à la ville ouverte entre les deux bassins de la méditerranée, Barcelone et Marseille ont été transformées en quelques décennies après la décentralisation.
Dr Abdeljalil Gdoura


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