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Le sang palestinien éclabousse l'ambassade américaine à Jérusalem
Publié dans Leaders le 17 - 05 - 2018

Lundi 14 mai 2018, à l'heure où Ivanka Trump- la fille conseillère de son père- dans son tailleur beige clair et pastel et sa diaphane jupe grège dévoilait la plaque de l'ambassade US à Jérusalem avant de boire la coupe de champagne, à 90 minutes de route de là, à Gaza, Leïla al Ghandour, âgée de huit mois, mourait étouffée par les gaz lacrymogènes israéliens.
Leila était l'une des soixante victimes de l'armée israélienne, de leurs gaz lacrymogènes et de leurs balles explosives. Comme une dizaine d'autres enfants. « Les marches du grand retour » ont donné l'occasion de faire un total de 110 martyrs et près de 5000 blessés dont 250 femmes depuis le 30 mars 2018.
Golda Meir, Premier Ministre d'Israël (1969-1974) disait, en son temps, ces cyniques et mensongères paroles: « Nous pouvons pardonner aux Arabes de tuer nos enfants. Nous ne pouvons les absoudre de nous forcer à tuer les leurs. Nous n'aurons la paix avec les Arabes que quand ils aimeront leurs enfants plus qu'ils ne nous haïssent. » Avigdor Lieberman, le ministre de la Défense sioniste, inspectant la frontière avec Gaza deux jours après la boucherie de lundi, recycle ces horreurs et affirme que « les chefs du Hamas forment une bande de cannibales qui utilisent leurs enfants comme munitions » (Haaretz, 16 mai 2018)
Tirer pour tuer
Contre les manifestants désarmés de Gaza, l'armée des sionistes, présente avec pas moins de 13 bataillons, n'avait qu'une consigne de la part de Netanyahou et de Lieberman, ces criminels de guerre: TUER.
Pourquoi ?
D'abord parce que le parrain Trump les y autorise et que son gendre, Kushner, présent à Jérusalem, affirme que les manifestants de Gaza sont « une partie du problème et ne sont pas partie de la solution. »
Ensuite par haine de l'Arabe et sa déshumanisation apprise dès le plus jeune âge sur les bancs de l'école israélienne (Lire Nurit Peled-Elhanan : Palestine in Israeli books. Ideology and propaganda in education, I.B Taurus, London, 2012). Faut-il rappeler que l'actuel ministre de l'Education Naftali Bennett est un messianique d'extrême droite ?
Enfin, il faut tuer les Palestiniens pour éviter la photographie d'un Gazaoui franchissant les barbelés. La sacro-sainte communication veut que l'image de marque de l'armée soit toujours au zénith ! Surtout, ne pas créer de précédent, voilà la devise de l'armée israélienne.
Ils voulaient tuer. Au petit jour, lundi matin, les bulldozers de l'armée sont entrés en fonction à Gaza pour détruire les petites dunes de sable que les Palestiniens avaient érigées pour se protéger des tirs des snipers, affirme le Centre Al Mezan pour les droits de l'homme. A 6h30 du matin, l'armée a mis le feu aux tentes de Camp du Retour visant essentiellement celles abritant du personnel et du matériel de secours. (Samaa News in Haaretz, 15 mai 2018).
Ils voulaient tuer. Tout le monde sait que les hôpitaux de Gaza fonctionnent à flux tendu, que les équipes médicales sont incapables de traiter autant de cas et que les blessés sont sortis trop tôt de l'hôpital. Ils contractent souvent des infections qui ne peuvent être traitées, les antibiotiques faisant défaut comme beaucoup de médicaments essentiels du fait du blocus hermétique imposé tant par Israël que par l'Egypte. De plus, les équipes médicales en provenance de Cisjordanie sont refoulées par Israël et ne peuvent venir en aide à Gaza dans les malheurs que lui inflige la dérive martiale et colonialiste de Netanyahou.
Ils voulaient tuer. Ilene Prusher, dans le New York Times (15 mai 2018) ne comprend pas pourquoi la soldatesque sioniste a constamment recours aux armes létales contre des gens sans armes alors que, pour contrôler les foules, « les canons à eau sont l'outil standard du Chili à la Chine ; parfois avec de l'eau colorée pour identifier éventuellement les manifestants et les traduire en justice. Il existe une myriade d'autres méthodes de traitement des foules qui ne conduisent pas généralement à de nombreux de décès. Pourquoi l'armée israélienne ne les a pas employées jusqu'ici est une question troublante. Il est tout simplement inacceptable que le même Israël qui se targue d'être à la pointe de l'innovation et de l'inventivité ne peut trouver un meilleur moyen pour arrêter les milliers de Gazaouis menaçant d'envahir la frontière que d'ouvrir le feu sur eux à balles réelles. »
Une inauguration….peu flatteuse pour les israéliens
Lundi 14 mai, jour de gloire pour Benyamin Netanyahou ?
Pas si sûr !
Même si le Premier Ministre israélien fait feu de tout bois pour faire oublier ses gros ennuis et ceux de sa famille avec la police. (Le Monde Magazine, « Les Netanyahou, une famille inoxydable », 12 mai 2018, p. 40-47). Il n'en demeure pas moins, dit Charles Enderlin dans une conférence à l'Alliance Française à Paris le 16 mai 2018, que l'assistance « messianique » à l'inauguration donnait l'impression de vivre un moment d'histoire lors de cette inauguration. Ce qui n'a pas empêché un rabbin de traiter de « singes » les émigrés africains non juifs qu'Israël cherche à expulser. (Heather Hulburt, The New York Magazine, 14 mai 2018).
Beaucoup de politistes s'accordent pour dire qu'Israël est un porte-avion fiché par l'impérialisme au cœur du Moyen-Orient. Un simple protectorat américain qui reçoit 3 milliards par an d'aide américaine soit le sixième du budget américain distribué à travers le monde. Sans compter les autres cadeaux sous forme d'armes, de dômes protecteurs et d'exemptions fiscales aux citoyens envoyant de l'argent à l'Etat sioniste pour son armée, ses forêts, ses universités….
Mais John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt écrivent au sujet de l'aide américaine à Israël: « ce soutien ne peut s'expliquer par des intérêts stratégiques communs ni par des impératifs moraux, mais qu'il est surtout dû à l'influence politique d'un lobby qui travaille activement à l'orientation de la politique étrangère américaine dans un sens pro-israélien. » (Lire « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine », La Découverte, Paris, 2007)
La cérémonie présidée par Kushner et sa femme l'a montrée avec éclat. Le milliardaire des casinos Sheldon Adelson, qui donne 30 millions de dollars au Parti Républicain était là. N'avait-il pas dit à Trump qu'il était prêt à financer la construction de l'ambassade américaine à Jérusalem ?
Fait frappant, lors de cette inauguration, la religion était archi-présente. « Un évènement grotesque » pour Michelle Goldberg (The New York Times, 14 mai 2018). La journaliste y voit « une alliance cynique entre les faucons juifs et les évangélistes sionistes qui croient que le retour des juifs en Israël signera l'avènement de l'Apocalypse et le retour du Christ. Après quoi les juifs qui ne se seraient pas convertis brûleront pour l'éternité en enfer. »
La prière inaugurale de l'ambassade a été dite, en effet par le Dr. Robert Jeffress, le pasteur texan qui est à la tête d'une affaire qui marche à Dallas, une « mégaéglise» flanqué du rabbin ultra-orthodoxe Zalman Wolowik, un grand ami de David Friedman, l'ambassadeur américain en Israël. Jeffress, ce saint homme, ami de Trump, a prié pour Jérusalem « au nom de l'esprit du Prince de la Paix, notre Seigneur Jésus. » Or, cet homme met dans le même sac « les Mormons, les Musulmans, les Juifs et les Hindouistes » qui conduisent les gens vers l'enfer éternel parce qu'ils les ont « séparés de Dieu ». Le président de l'Etat sioniste Reuven Rivlin, Netanyahou, une flopée de rabbins et un grand public de juifs orthodoxes et « messianiques » ont écouté ce pasteur ultra sans ciller. Jeffress est un ami de Trump alors silence dans les rangs donc ! « Paris vaut bien une messe » disait déjà Henri IV trahissant ses supporters protestants et oublieux de la Saint Barthélémy pour adopter la foi papiste et monter sur le trône de France!
Comme si cela n'était pas suffisant, pour clore la cérémonie, les Américains ont appelé le télévangéliste John Hagee, fondateur des « Chrétiens Unis pour Israël » pour la bénédiction finale. Il s'agit d' « un prêcheur de la fin des temps » parmi les plus connus outre Atlantique. « Le Messie viendra à Jérusalem et il y établira un royaume qui jamais n'aura de fin » a-t-il annoncé. Cet homme a une lecture bien à lui de l'Histoire universelle. Il a affirmé une fois, écrit Michelle Goldberg, que « Hitler a été envoyé par Dieu pour conduire les juifs dans leur patrie ancestrale. » N'empêche, Netanyahou rend hommage à son seigneur et affirme parlant des Américains : « Nous n'avons pas de meilleurs amis au monde. » (Le Monde, 16 mai 2018, p. 2). D'ores et déjà, Israël va consacrer 2 milliards de shekels pour judaïser Jérusalem-Est, la ville à majorité arabe. (Conférence Charles Enderlin)
Mais ne nous trompons pas : tout ce beau monde n'avait qu'un seul objectif : prouver que Trump remplit ses promesses de campagne et surtout l'aider à remporter les élections de mi-mandat de 2018.
En tout cas, les juifs américains ont été révoltés par cette inauguration qui scelle l'entente entre la droite israélienne dure, les évangélistes et les républicains. Ils en critiquent la date qui correspond à la Nakba et condamnent le bain de sang qui a pour cadre Gaza. Le fossé entre les juifs américains et Israël ne cesse de s'élargir.
Ou sont les arabes ?
Loin de ce cynisme et de ces palinodies, les Gazaouis et les Palestiniens de Cisjordanie ne réclament que leurs droits et la fin de l'occupation. Ils n'ont rien oubliés, démentant Ben Gourion. Ils réclament l'application du droit international.
L'éditorialiste de Haaretz (Haaretz, 15 mai 2018) relève, à propos de « La Marche du grand retour », en escamotant la résistance et l'attachement des Palestiniens à leurs racines : « Des deux côtés de la barrière, les gens ont le même âge. D'un côté, les soldats israéliens armés- dont la vie n'est guère menacée la plupart du temps et dont aucun n'a été blessé. Ce sont des êtres libres, leur avenir est devant eux. En face, les jeunes Gazaouis généralement non armés, non protégés et dont la grande majorité est au chômage et sans espoir tant que le siège perdure. A la barrière, ils manifestent pour crier leur désespoir. » Or, Gaza est un mouroir pour deux millions de personnes, qui sera inhabitable en 2020 d'après l'ONU.
Face à cette boucherie du lundi 14 mai, on demeure abasourdi par les réactions arabes de pure forme.
Le Koweit convoque le Conseil de Sécurité en vain. L'Egypte envoie trois camions d'aide et se dit prête à accueillir des blessés et les autres pays font des communiqués langue de bois. Quant à l'Arabie Saoudite, elle est trop occupée par le Festival de Cannes ayant récemment découvert le cinéma et où, écrit le Canard Enchaîné, (16 mai 2018, p. 5) « La nouvelle Mecque du cinéma est en construction. »
La Turquie a rappelé son ambassadeur- mais ni l'Egypte ni la Jordanie ne l'ont suivi. Ankara affirme qu'elle ne laissera pas Israël « voler Jérusalem ». Saluons cependant l'Afrique du Sud qui a fermement condamné « la violente agression perpétrée par les forces armées israéliennes » et a rappelé son ambassadeur « jusqu'à nouvel ordre. »
De son côté, le gouvernement irlandais a convoqué l'ambassadeur sioniste à Dublin pour lui exprimer sa « stupeur » et sa « consternation. »
De toute façon, l'ambassade US à Jérusalem restera à jamais tachée par le sang de la petite Leila al Ghandour et de tous les manifestants sans armes de ce lundi 14 mai 2018, à la frontière de Gaza


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