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Le gouvernement Jemli avorté par l'ARP, Karoui, Chahed, Maghzaoui, Nassfi et Khachnaoui en coalition pour la Kasbah
Publié dans Leaders le 11 - 01 - 2020

La page Habib Jemli est tournée. Par 132 voix contre et seulement 72 voix pour, il n'a pas réussi à obtenir la confiance de l'ARP en faveur de son gouvernement. Du coup, c'est le président Kais Saied qui reprend la main sur le système. C'est lui qui désignera le nouveau candidat, en choisissant entre deux options. la première, composer avec la classe politique issue des urnes en nommant une personnalité consensuelle, à même de recueillir sans difficulté, l'aval du parlement. La seconde, frontale, choisir une personnalité repoussoir qui exacerbera les élus et ne parviendra pas à obtenir la majorité de confiance nécessaire, ce qui conduira à la dissolution du parlement. Le feuilleton du "gouvernement du Président" ne fait que commencer. La Tunisie entre dans le chamboule-tout. Le lion du Bardo bouffe tous... depuis des siècles.
Pour le moment, le successeur de Habib Jemli pour solliciter l'investiture de l'ARP sera cette fois-ci désigné par le président de la République, Kais Saied dans un délai de 10 jours, au plus tard (article 89 de la Constitution), soit avant ce 21 janvier. A peine le résultat du vote de rejet de confiance contre Jemli proclamé, cinq blocs parlementaires et partis se sont empressés d'annoncer leur constitution en nouvelle coalition gouvernementale d'alternative « ouverte » à d'autres familles politiques. L'annonce en a été faite par Nabil Karoui au nom de Qalb Tounes et ses nouveaux co-équipers Tahya Tounes, le mouvement Echaab, le mouvement de la Réforme nationale et le bloc Al Moustakbel.
Les chefs de file qui iront « se concerter » avec le président Saied quant au choix de la personnalité à désigner pour postuler à la Kasbah, seront ainsi Nabil Karoui, Youssef, Chahed, Zouheir Maghzaoui, Lotfi Nassfi et Mabrouk Khachnaoui, ou leurs représentants, avec les dirigeants des autres partis et chefs de blocs parlementaires qui se joindront à leur démarche. D'ores et déjà, cette coalition revendique plus de 90 députés sur les 217 que compte l'ARP, soit nettement plus que Ennahdha et ses satellites.
La donne a complètement changé. Pour la première fois depuis 2011, Ennahdha perd la main sur la composition du gouvernement. Même après la victoire de Tahya Tounes aux législatives de 2014, le Tawafuk inventé par Béji Caïd Essebsi, lui avait gardé une position prépondérante dans la composition des gouvernements successifs de Habib Essid, puis Youssef Chahed. Le mouvement islamiste sera-t-il désormais « contenu à son juste poids parlementaire », comme l'affirment des proches de la novelle coalition ? Il serait trop tôt pour s'y prononcer, surtout avec « le pragmatisme » d'Ennahdha dans le tricotage et le détricotage de ses alliances politiques et parlementaires.
Le choix de Kais Saïed
Sommes nous déjà entrés dans "le gouvernement du Président", tant prédit par des lanceurs d'alertes depuis l'élection de Saied ? Le scénario, maintenant fois récusé par Carthage, commence à prendre forme. Le gouvrenement de Habib Jemli est tombé. On passe au plan B. Qui sera le candidat dont la coalition « soufflera » le nom à Saied ? « Certainement pas Karoui ou Chahed », nous dit-on. Chahed l'affirmé plusieurs fois, mais « en politique, rien n'est définitif », comme le lui avait appris son premier mentor, Béji Caïd Essebsi. Quant à Karoui, l'ambition de la Kasbah, l'avait déjà tentée depuis des années, avant qu'il ne se soit porté en septembre dernier candidat à Carthage et avait failli de près l'emporter, au deuxième tour.Sauf que...
Saied serait-il tenté de propulser l'un des siens à la Kasbah, choisissant "un profil atypique d'un jeune-révolutionnaire" du casting qui lui est cher, ou l'un de ses proches collaborateurs? Ou encore, favoriser à dessein, un candidat-repoussoir? Tenant en main désormais la possibilité de faire dissoudre l'ARP, il n'aura pas beaucoup de mal, s'il le souhaite pour faire avaliser son choix. Après Carthage, les clefs du Bardo et de la Kasbah sont entre ses mains.
Ennahdha au cœur de la tourmente
En attendant les « concertations » avec Saied, c'est l'échec de Jemli au Bardo qui suscite le plus les commentaires. « Echec d'Ennahdha, aux lourdes conséquences », relèvent nombre d'analystes qui soulignent les conséquences de l'atomisation de l'ARP et le foisonnement des blocs parlementaires. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Habib Jemli, estime que ce vote en sa défaveur constitue cependant « une victoire pour la Tunisie démocratique ». « Ennahdha ne m'a pas fait défaut dira-t-il. J'ai accepté cette mission dans un contexte très difficile et des délais très courts et je demeure convaincu que cette étape exige un gouvernement non-partisan, formé d'indépendants. La fragmentation des partis et blocs à l'ARP rend la tâche bien difficile. »
En sa double qualité de président de l'ARP et de chef d'Ennahdha, Rached Ghannouchi tient lui aussi à relativiser cet échec. « La Tunisie pratique une démocratie très rare dans le monde arabe, démontrant qu'une seule voix peut faire la différence. C'est la constitution qui dirige le pays et nous ne sommes pas aujourd'hui dans une situation de vide constitutionnel. Si le gouvernement n'est pas né aujourd'hui, il naîtra demain. »
Ces propos qui se veulent apaisants cachent mal cependant le nouveau tsunami qui se déclenche, frappant Ennahdha en tout premier lieu.


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