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Abdelmajid Chaker: Un illustre disciple de Bourguiba
Publié dans Leaders le 30 - 11 - 2021

Taille élancée, regard séducteur et verbe soyeux, Abdelmajid Chaker, qui vient de nous quitter à l'âge de 94 ans, incarnait à la fois l'image du chef scout, du militant anticolonialiste, du jeune directeur du parti de Bourguiba, le Néo-Destour, du ministre et de l'ambassadeur. Jeune frère du martyr Hédi Chaker, il avait été nourri dès sa prime jeunesse, à Sfax, des valeurs du patriotisme, de l'engagement militant et du sacrifice. Avec Hamed Zeghal et Mansour Moalla, ses compagnons de route, il se lancera, sous la houlette du chef scout Taoufik Sellami (Le Tigre), dans la confection du journal clandestin Al Kifah, concocté avec Zakaria Ben Mustapha à Tunis, Hamed Karoui à Sousse et d'autres jeunes. L'impression et la diffusion les exposaient à de grands risques qui finiront par se confirmer.
Abdelmajid Chaker montera à Tunis préparer son bac au Sadiki. Il s'investira à fond dans la contestation militante et l'activisme politique, n'hésitant pas à encourager ses camarades à entreprendre des actions fracassantes contre l'occupant. La police le tenait déjà à l'œil et cherchait la première occasion pour l'arrêter. Etudiant en droit, faisant partie de l'équipe fondatrice de l'Union générale des étudiants de Tunisie (Uget), il ne tardera pas à tomber dans les filets de la police en 1952, subissant son lot de torture. Lourdement condamné à 10 ans de prison, il retrouvera à la prison civile de Tunis ses camarades de lutte, Hamed Zeghal en tête. Sa chance a été d'avoir bénéficié d'une grâce deux ans après, en 1954, à la faveur d'une tentative d'apaisement des tensions à la veille de l'autonomie interne.
A peine libéré, Abdelmajid Chaker partira pour Aix-en-Provence, en France, compléter ses études en droit et militer au sein de l'Uget et la Fédération destourienne tunisienne. Comme beaucoup de jeunes militants de sa génération, il avait fait le choix de se rallier à Bourguiba dans son conflit avec Salah Ben Youssef.
La lourde tâche à la tête du parti
De retour à Tunis au lendemain de l'indépendance, Abdelmajid Chaker sera nommé en 1956 directeur du Néo-Destour, succédant à Taïeb Mehiri, qui a été désigné ministre de l'Intérieur. Alors qu'il n'avait pas encore 29 ans, il devait à la fois fédérer les militants de la première heure et les jeunes montants, réussir la volonté de Bourguiba de convertir le parti de la lutte contre l'occupation à l'édification de l'Etat moderne, mobiliser les volontaires dépêchés à Bizerte en juillet 1961 pour réclamer l'évacuation de l'armée française et préparer le congrès du parti, tenu à Bizerte en octobre 1964. Outre ses charges à la tête du parti, Abdelmajid Chaker était élu député de Sfax (en 1959, puis réélu en 1964 et 1969), et maire de la ville (1960 -1966).
Bourguiba ne pouvait qu'être satisfait du mandat de six ans de son jeune disciple à la direction du parti. Il le nommera le 3 avril 1963 secrétaire d'Etat à l'Agriculture avec pour ultime mission de préparer la nationalisation des terres appartenant aux colons français. L'évacuation agricole sera promulguée par la loi du 12 mai 1964. Mission accomplie, Abdelmajid Chaker sera nommé le 11 novembre 1964 secrétaire d'Etat à l'Information, fonction qu'il occupera jusqu'au 5 septembre 1966.
Alger, pour commencer...
Bourguiba cherchait une personnalité politique de premier plan pour l'envoyer comme ambassadeur à Alger où Haouari Boumediene venait de prendre le pouvoir, en juin 1965, succédant à Ahmed Ben Bella. Il n'a pas oublié qu'Abdelmajid Chaker, alors qu'il était jeune avocat, avait assuré la défense de cinq grands dirigeants du Front de libération nationale algérien (Ben Bella, Boudhiaf, Khidher, Aït Ahmed et Lacheraf ) kidnappés en plein vol par les autorités françaises, alors qu'ils se rendaient du Maroc en Tunisie. Leur avion était détourné vers Alger puis les chefs du FLN ont été incarcérés à la prison de Fresnes, dans la proche banlieue parisienne. Plus encore, directeur du parti, il était en contact étroit avec les dirigeants algériens basés à Tunis et connaissait bien Boumediene.
Abdelmajid Chaker sera ainsi nommé ambassadeur à Alger. Cette affectation à l'étranger ne devait pas s'éterniser. Chaker gardera son siège de député et son mandat au sein du bureau politique du parti. Ce fut alors le point de départ d'une longue carrière diplomatique. Vingt ans durant, il ira, après Alger, à Belgrade, où le maréchal Tito s'imposait à la tête de la Yougoslavie en chantre du non-alignement, puis à Stockholm, Madrid et Berne, la capitale de la Confédération suisse. Profondément affecté par la destitution de Bourguiba, le 7 novembre 1987, il quittera la scène politique, ne reprenant espoir qu'en 2011, mais ne pouvant apporter que son soutien à la famille destourienne.


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