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Nasreddine Nsibi: Le ministre-paratonnerre
Publié dans Leaders le 15 - 12 - 2021

Comme si la charge de ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle était facile à porter, voilà que son nouveau titulaire est désigné porte-parole du gouvernement. A 41 ans, Nasreddine Nsibi, avocat à l'origine, conseiller des services publics, diplômé du cycle supérieur de l'ENA et jusque-là magistrat au Tribunal administratif, ne manque pas d'atouts pour y réussir. D'avance, il sait sans doute que les dividendes ne sont pas garantis du tout et que la réussite dans ces deux missions relève d'un quasi-miracle. Les foudres le cibleront. Mais, cela n'entame en rien son ardeur pour réussir.
Inconnu du grand public, Nasreddine Nsibi ne compte pas moins un vaste carnet d'adresses en Tunisie, au Canada, en France et dans d'autres pays. L'esprit vif, le verbe élégant et une nature positive ont ouvert à cet enfant du village de Labiadha, entre Sidi Bouzid et Hajeb El Ayoun, la voie de l'ascension au mérite.
Son baptême du feu, il l'a fait en deux temps à la mi-novembre dernier. D'abord, lorsque, à l'issue de la première rencontre entre le gouvernement et l'Ugtt, il a été chargé par la cheffe du gouvernement Najla Bouden d'en rendre compte, dans un briefing de presse, conjointement avec Noureddine Taboubi. L'exercice, décidé sur-le-champ, selon des présents, n'était pas facile, mais il a su s'en sortir. Quatre jours plus tard, le président Saïed a convoqué le ministre pour l'instruire de sa décision de suspendre la loi n° 2020-38 du 13 août 2020, portant dispositions dérogatoires pour le recrutement dans le secteur public, restée sans textes d'application. Un nouveau cadre juridique opérationnel est à inventer. Message bien reçu et lettre de mission fixée.
Savoir réussir
La chance favorise souvent les esprits qui y sont bien préparés. C'est le cas de Nasreddine Nsibi, à tous les grands tournants de sa vie. De ses origines rurales, il a gardé l'amour de la terre, le contact sur le terrain et les valeurs fondatrices, ce qui lui sera utile. Issu d'une famille modeste, père agent à la Sprols et mère au foyer, habitant la Cité El Khadhra à Tunis, il a trois sœurs (une avocate, une directrice dans la Fonction publique et une maîtrisarde à la recherche d'un emploi). Etudes en flux tendu. Au moment de l'orientation universitaire en 2000, l'avocate le poussera vers le droit. Au campus d'El Manar, il décrochera sa maîtrise en droit des entreprises (2005), puis son mastère en droit des affaires.
Pour financer ses études, Nasreddine obtiendra un poste dans un centre d'appels qui a l'avantage d'offrir aux étudiants des horaires flexibles. De simple agent répondant, il sera promu chargé de la qualité, puis superviseur, gérant une équipe de 20 personnes, sur le mode d'une petite entreprise tenue par la rentabilité et la satisfaction-client. Cette expérience de flexibilité des horaires de rentabilité et de satisfaction-client lui fournira un enseignement qu'il n'oubliera pas.
Après le mastère, Nasreddine Nsibi s'inscrira alors au barreau de Tunis et commencera en 2009 son stage d'avocat dans un cabinet de grande réputation. Mais son ambition pour aller plus loin dans ses études et mieux appréhender les questions économiques et financières, surtout dans une optique nord-américaine, l'incitera à partir pour le Canada. Il avait envie d'y aller pour ne pas rater l'avancée d'un monde en perpétuelle ébullition. La chance sera au rendez-vous.
Une expérience à Montréal
Le futur ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle était très attendu à Montréal où il compte cinq oncles déjà installés de longue date. Sans hésiter, il sautera le pas et s'inscrira à l'Université du Québec à Montréal (Uqam), pour une licence en économie, concentration finance. La flexibilité des cours permet aux étudiants de choisir les groupes selon les horaires de leur convenance, ce qui sied parfaitement à Nasreddine. Les matinées, il est à l'université, et dès l'après-midi, il rejoint le café de l'un de ses oncles, très fréquenté par les Tunisiens et d'autres ressortissants de pays arabes pour s'en occuper. Il y apportera une touche personnelle attractive.
Au contact d'étudiants tunisiens, il s'emploiera avec eux à constituer une association à Montréal qui parviendra à obtenir un siège à l'Uqam et organisera une série de manifestations culturelles. Le coup d'envoi sera donné par la pièce de théâtre ''Madame Kenza'' de Moncef Dhouib, jouée par Wajiha Jendoubi. C'était une aventure financière pour l'association alors naissante, mais Dhouib acceptera de lui apporter son soutien, se souvient encore l'un de ses coéquipiers.
L'appel du 14 janvier
Tout allait pour le mieux pour Nasreddine Nsibi au Canada lorsque survint le 14 janvier 2011. Soudain, il se sentit profondément secoué, concerné par ce qui se passe dans son pays natal, déterminé à y contribuer. Sa décision était prise : rentrer en Tunisie et s'engager dans cette dynamique historique. A la grande surprise des siens, il débarquera à Tunis quelques semaines après. Son ambition était plutôt de servir l'Etat. La chance sera de nouveau au rendez-vous.
Son épouse, avocate, lui signale un jour un concours d'entrée au cycle supérieur de l'ENA. Il y postulera et réussira l'écrit. Il lui restait l'oral, devant un jury présidé par le Pr Brahim Bartagi (qui sera plus tard ministre de la Défense nationale dans le gouvernement Mechichi). Curieux destin, la question tirée portait sur... la formation professionnelle et l'emploi. Admis. «Avec un talent qui s'affinera au fil des années, Nasreddine Nsibi réussira les oraux...», nous confie l'un de ses proches.
La formation à l'ENA, commencée en décembre 2011, enrichira son parcours, notamment à la faveur de stages dans les régions et en France. Comme sujet de projet de fin d'études, Nsibi choisira le thème de l'efficacité de la justice administrative et parviendra à avoir comme encadreur Ghazi Jeribi, ancien président du Tribunal administratif et alors président du Haut comité du contrôle administratif et financier (Hccaf). Nommé ministre de la Défense, il continuera à encadrer sa recherche, l'encourageant à y réussir brillamment. A la sortie de sa promotion, en 2014, les portes du Tribunal administratif lui seront grandes ouvertes.
Une brève parenthèse interviendra en octobre 2020. A peine nommé ministre de la Jeunesse et de l'Intégration professionnelle, Kamel Deguiche fera appel à lui pour le charger de diriger l'Inspection générale du département. Il s'y investira, mais pas pour longtemps. Après le limogeage du ministre (aujourd'hui de retour), il regagnera le Tribunal administratif.
La bataille pour l'emploi
Tout s'accélèrera début octobre dernier. Najla Bouden est chargée de former son gouvernement. Parmi la liste des personnes sondées, elle invite Nasreddine Nsibi pour un entretien informel, et sans indication précise... La suite ne tardera pas.
Au cinquième étage de cet édifice du boulevard Ouled-Haffouz, siège du ministère de la Formation professionnelle et de l'Emploi, le tout nouveau ministre prend rapidement ses repères. Il est bien conscient de la complexité de sa tâche, et surtout résolu à ouvrir une voie d'espoir. Revisiter l'ensemble du dispositif de l'apprentissage, de la formation des compétences professionnelles, des bureaux de l'emploi et du placement à l'étranger et les rouages qui s'y attachent figurent en tête de ses priorités. Tout comme, en coordination avec d'autres ministères, résorber le chômage et promouvoir la création d'emplois...
Sans perdre le cap de sa mission essentielle, il doit également accomplir un parcours sans faute dans sa charge de porte-parole du gouvernement. Souvent qualifiée de paratonnerre, sous le feu roulant des journalistes, le moindre faux pas est fatal, cette charge additionnelle est fort redoutable. Elle l'est encore plus au moment où la cheffe du gouvernement, déjà très discrète, n'a pas encore constitué sa propre équipe de communication, en appui «Avec un talent qui s'affinera au fil des années, Nasreddine Nsibi réussira les oraux...» aux services de presse en place.
«Nasreddine Nsibi ne s'inquiète ni pour sa première mission, ni pour la deuxième, tant il est motivé pour servir et résolu à réussir sa mission», nous affirme l'un de ses proches. Humble, positif, dynamique, il s'y investit. Cette fois encore, la chance devrait lui sourire.
Parcours
2000 : Bac Lettres
2005 : Maîtrise en droit des entreprises à la faculté de Droit et des Sciences politiques de Tunis
2007 : Maîtrise en droit des affaires
2009 : Avocat
2011 : Licence en économie, concentration finance à l'Université du Québec à Montréal (Uqam)
2011 : Admission au cycle supérieur de l'ENA, Tunis
2014 : Diplôme du cycle supérieur de l'ENA. Conseiller des services publics. Magistrat au Tribunal administratif
2020 : Chef de l'Inspection générale du ministère de la Jeunesse et de l'Intégration professionnelle
2021 : Retour au Tribunal administratif


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