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Mohamed Ibrahim Hsairi: Et si le martyre de Gaza délivrait le monde de l'hégémonie des Etats-Unis?
Publié dans Leaders le 12 - 01 - 2024

«Pendant la guerre froide, notre politique visait à unir nos amis et à diviser nos ennemis. Malheureusement, nos tactiques actuelles, y compris le langage islamophobe occasionnel, ont tendance à unifier nos ennemis et à aliéner nos amis».
C'est ainsi que Zbigniew Brzezinski, le spécialiste américain des relations internationales et le conseiller à la sécurité nationale dans l'administration du président Jimmy Carter, a résumé, une fois, la politique étrangère déraisonnable suivie par les Etats-Unis depuis plusieurs années, mais qui a pris, en ce moment, une allure de plus en plus effrontée comme en témoigne leur attitude vis-à-vis de la guerre dévastatrice qu'Israël continue à mener contre Gaza depuis presque trois mois.
En effet, les Etats-Unis, qui sont l'éternel allié d'Israël et pour qui Israël est un pays "parfaitement paisible", se sont mobilisés, corps et âme, sur les plans politique, diplomatique, financier, militaire, logistique et médiatique pour lui apporter leur soutien total.
Sans cesse et sans vergogne, ils clament qu'Israël a été contraint à mener cette guerre dans le cadre de l'exercice de son droit, voire son devoir, de légitime défense contre les "agressifs terroristes palestiniens" qui l'ont attaqué et qui sont, par conséquent, les seuls responsables des événements actuels au Moyen-Orient.
Il va sans dire qu'avec cette attitude qui cautionne le récit israélien et qui donne un blanc-seing à l'occupant et diabolise l'occupé, les Etats-Unis font preuve d'une partialité inégalée, d'autant plus qu'ils savent pertinemment que la situation actuelle est le produit de l'absence d'une résolution juste du conflit israélo-palestinien. Absence dont ils sont, en grande partie, responsables puisqu'ils ont été, depuis la conférence de Madrid en 1991, le parrain quasi exclusif du processus de paix au Moyen- Orient en général, et en particulier du plan de paix ou de la feuille de route qui prévoyait la création d'un état palestinien en 2005, et dont l'ONU, la Russie et l'Union européenne ont été toutes écartées bien qu'elles aient pris part à son lancement.
Non seulement leurs déclarations sur la reconnaissance du droit à l'autodétermination du peuple palestinien, sur le soutien à la création d'un Etat palestinien et sur l'opposition aux colonies de peuplement israéliennes se sont avérées inconsistantes, mais aussi la feuille de route a fini par être remplacée par le fameux "deal du siècle" qui a été présenté par le président Donald Trump en janvier 2020, et qui a été un alignement total sur les exigences d'Israël. Après les précédents de Jérusalem et du Golan syrien, ce deal a ouvert la voie à des annexions de territoires palestiniens, admis que certaines colonies ne seraient pas démantelées après l'accord final de paix, et rejeté le droit au retour des réfugiés palestiniens. Ainsi il a rendu impossible la création d'un Etat palestinien viable, car les implantations illégales le privent de toute continuité territoriale et torpillent, de ce fait, la possibilité qu'il soit un Etat homogène.
Pire encore, les Etats-Unis, tout en fermant les yeux sur la politique d'apartheid d'Israël et sur ses pratiques racistes et exterminatrices, apportent, aujourd'hui, leur soutien inconditionnel à l'une des plus destructrices et meurtrières guerres du vingt et unième siècle.
Ce soutien s'est notamment traduit par:
• la justification des horreurs qui se déroulent à Gaza, des meurtres gratuits de milliers de femmes et d'enfants, des bombardements massifs d'hôpitaux, d'écoles, de mosquées et d'églises, des destructions massives d'infrastructures et de la catastrophe humanitaire sans précédent ;
• l'amplification de l'écrasante supériorité militaire d'Israël, grâce au pont aérien américain qui continue à ravitailler l'armée israélienne, notamment en missiles pour équiper le Dôme de fer israélien et en superbombes anti-bunker pour détruire les tunnels du Hamas ;
• l'anéantissement, à maintes reprises par l'opposition de leur veto au Conseil de sécurité, de tous les efforts déployés par la majorité des pays du monde en vue de l'adoption d'une résolution qui mette un terme à la campagne de meurtres génocidaires d'Israël contre Gaza ;
• l'approbation des menaces proférées par Israël à l'encontre du mouvement de résistance islamique palestinien (Hamas) qu'il veut éliminer et a l'intention de le poursuivre partout et de traquer ses dirigeants à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Turquie et au Qatar ;
• Et l'approbation des menaces de l'extension ultérieure du conflit à l'ensemble du Moyen-Orient, et ce en attaquant le Liban et peut-être en lançant des frappes contre l'Iran…
A ce sujet, d'aucuns pensent que les Etats-Unis verraient d'un bon œil une première attaque surprise d'Israël contre l'Iran et en profiteraient pour déclencher une nouvelle guerre dans la région dans le but avoué de redessiner la carte du Nouveau Moyen-Orient.
D'ailleurs, la volonté de faire la guerre à l'Iran est devenue un discours de tous les jours qui est soutenu par Israël, les Etats-Unis et leurs alliés.
Pour nombre d'analystes, il est clair qu'aussi bien les Etats-Unis qu'Israël qui partagent le même projet, celui d'un Nouveau Moyen-Orient d'où la Palestine serait complètement bannie, avaient besoin de l'opération "Déluge d'al Aqsa" pour déclencher un conflit dévastateur à Gaza qui serait ultérieurement étendu à l'ensemble du Moyen-Orient, par la provocation d'un conflit régional majeur qui attirerait à la fois la Russie et la Chine et marquerait l'évolution de la région dans les années à venir…
Par l'ensemble de ces attitudes, les Etats-Unis confirment, encore une fois, que contrairement à ce qu'ils claironnent, qu'ils ne veulent pas aller vers un monde pacifique, stable et prospère.
En fait, ils sont en train d'entraver la paix dans le monde, de nuire à la stabilité et au développement de nombre de ses régions et de ses pays, constituant ainsi un véritable incubateur de conflits régionaux et mondiaux.
Ceci ne manquera pas de donner lieu à:
1 - Une recrudescence de l'hostilité envers les Etats-Unis qui a atteint des niveaux inégalés.
L'hégémonie américaine sur le monde fait l'objet d'une contestation croissante car l'ensemble des positions américaines, qui constituent un réel "cocktail explosif", ont suscité un tollé international par leur caractère saugrenu, insensé et déraisonnable. Partout dans le monde, elles ont provoqué l'irritation des peuples et les manifestations pro-palestiniennes et anti-israéliennes ont fleuri sur les places publiques de presque tous les pays.
2 - Un changement de nature de la perception des Etats-Unis dans le monde.
De plus en plus, nombreux sont les pays qui ne perçoivent plus les Etats-Unis comme le modèle du pays libre et démocratique. Ils estiment que leur politique est un véritable échec. D'ailleurs, un ancien ambassadeur américain à qui il est demandé de contribuer aux tentatives d'embellir l'image ternie de son pays n'a pas hésité à dire : "Vous ne pouvez pas embellir un cochon avec du rouge à lèvres".
A cet égard, les attitudes des Etats-Unis vis-à-vis de la guerre en Ukraine puis de la guerre contre Gaza ont eu un profond impact sur leur image, et leurs effets cumulatifs semblent être si désastreux qu'ils pourraient menacer non seulement leurs intérêts et leur modèle démocratique, mais aussi et certainement leur place de puissance unipolaire dans le monde.
3 - Une accélération du processus de la désoccidentalisation du monde, car l'Occident, qui s'est unanimement prononcé pour Israël, est de plus en plus contesté et est contraint à se battre contre tout le monde au nom d'un objectif qu'il n'oserait plus formuler comme il l'a fait pendant longtemps. Il s'agit en l'occurrence de la promotion de ses fameuses thèses sur les droits de l'homme, la société civile, la démocratie et les valeurs de son éthique civilisationnelle.
A la faveur du mouvement des pays émergents et des nouvelles puissances qui ne cessent de remettre en cause l'ordre occidental, il est attendu que le rejet des valeurs occidentales se radicalise davantage, d'autant plus que les enlisements et les défaites des Etats-Unis et de leurs alliés en Irak, en Syrie, en Libye, en Afghanistan, au Mali et au Niger… leur ont fait perdre ce qui restait de leur crédibilité.
4 - Un réveil de la conscience du monde quant aux dangers de continuer à ignorer l'affaire palestinienne et le droit du peuple palestinien à résister à l'occupation et à se battre pour sa liberté.
Le mérite de l'opération ''Déluge d'al Aqsa'' qui a, entre autres, détruit le mythe de l'invincibilité d'Israël, est qu'elle est venue, après une attente de 75 années d'une solution de l'affaire palestinienne, et a démontré que rien et nul ne peut arrêter la quête de liberté et la résistance à l'oppression coloniale du peuple palestinien…
Elle a en outre marqué le début d'un bouleversement de toutes les données au Moyen-Orient, et mis en évidence que, sans une solution de la question palestinienne, cette région ne pourra jamais connaître la paix, la sécurité et la stabilité.
5 - Une affirmation de la nécessité impérative de reformer l'Organisation des Nations unies dont le système continue à se dégrader et à afficher une impuissance ahurissante devant les crimes contre l'humanité les plus flagrants qu'Israël commet au vu et au su de tout le monde.
Les institutions onusiennes qui demeurent pratiquement contrôlées par l'Occident, et qui font preuve de parti pris politique, d'hypocrisie et de sélectivité ouverte, ont besoin d'être reformées afin de créer un système efficace juste et égal qui garantit les droits pour tous et de tous.
Mais devant tous ces changements, les Etats-Unis seront-ils capables d'en mesurer l'étendue et la longévité, et par conséquent changer de logiciel?
Rien n'est moins sûr.
En revanche, il est à craindre que, sachant sans doute qu'ils sont en perte de vitesse, ils deviennent plus anxiogènes et plus hystériques et que dans cette nouvelle ère de concurrence stratégique, ils se battent et préfèrent le chaos planétaire à l'admission de leur défaite.
Pour s'assurer que l'équilibre des forces reste en leur faveur et maintenir leur hégémonie économique, culturelle, financière et militaire sur le monde, et particulièrement sur ses régions clés qui sont l'Indopacifique, l'Europe et le Moyen-Orient, ils pourraient se livrer à des actions encore plus pulsionnelles qui donneraient raison à Antonio Gramsci qui a prévu et prévenu que «le vieux monde se meurt et le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres».
Mohamed Ibrahim Hsairi
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