Depuis son jeune âge, il avait un penchant pour le commerce qu'il exerçait avec bonheur. Ce citoyen, qui a grandi à la cité Ettadhamen, proche banlieue de la capitale, devait ainsi montrer des aptitudes exceptionnelles pour ce genre de métier qu'il a vite fait de faire fortune, tant ses affaires prospéraient au fil des années. Il bossait dur du matin au soir et son compte bancaire gonflait à la sueur de son front. Il était rayonnant de bonheur et de bonté qui profitait essentiellement à ses proches. Ayant brillamment assuré son avenir, il ne tarda pas à trouver l'âme sœur qui lui donna deux fils qui vécurent leur prime enfance dans l'opulence au sein d'une demeure somptueuse où ils ne manquaient de rien. La belle vie en quelque sorte, jusqu'au jour où le jeune commerçant fit la connaissance d'une femme d'affaires qui lui proposa de s'associer à elle dans des projets lucratifs. En acceptant l'association après une courte réflexion, il ne savait pas ce que le destin allait lui réserver dans le futur. Tout d'abord, il connut des réussites notoires avant que de multiples déceptions le conduiront tout droit à la faillite. En effet, animé de bonne foi, il accepta les propositions commerciales suggérées par son associée qui attira son attention sur un appel d'offres fort intéressant. Elle insista d'une manière telle qu'il céda pour participer à cette opération, tout en étant à court de liquidités. Qu'à cela ne tienne, la femme d'affaires a été prompte à lui rendre service en lui avançant la coquette somme de vingt mille dinars contre des traites dûment signées de sa part. Il venait inconsciemment de sceller son destin bien qu'il ait finalement remporté l'adjudication. Les affaires périclitèrent et les deux associés enregistrèrent d'énormes pertes. C'est alors que la femme d'affaires lui réclama son dû. Les déboires du commerçant s'amoncelèrent puisqu'il a été obligé de vendre sa voiture rutilante pour payer ses dettes. Ses soucis ne s'arrêtèrent pas là puisqu'il a ensuite appris que sa partenaire dans les activités commerciales avait hypothéqué à son profit la superbe villa qu'il possède. C'en était trop pour le commerçant qui a compris avec beaucoup de retard qu'il avait été, selon ses dires, victime d'une malversation commise à ses dépens par sa propre associée contre laquelle il a déposé une plainte. Malversation qui pourrait lui coûter cher, sa fortune ayant été dilapidée, outre qu'il risque de se retrouver sans logis avec une famille à charge. Interrogée, la femme d'affaires a affirmé aux enquêteurs qu'elle n'y est pour rien dans les problèmes financiers dans lesquels se débat le plaignant et qu'elle a toujours entretenu des rapports commerciaux avec ce dernier, conformément à la réglementation en vigueur. Après complément d'enquête, le dossier de l'affaire, diligenté par les agents spécialisés d'El Gorjani, sera transmis au procureur de la République près le tribunal de première instance de L'Ariana.