Tunis-le Temps : Le septuagénaire qui fut sauvagement assassiné par son ouvrier, et l'épouse de celui-ci n'avait nullement pressenti le danger qui le menaçait de la part de ceux-là mêmes auxquels il avait apporté son soutien inconditionnel et sans limite, en leur offrant logis travail et nourriture. Il avait lui-même trimé dur, en s'expatriant plusieurs années durant afin de subvenir à ses besoins ainsi qu'à ceux de sa famille et assurer ses vieux jours. Etant résident en France, il revenait de temps à autre au pays pour visiter les siens. Afin de passer une paisible retraite, il avait acheté une ferme dans la région de Grombalia. Il engagea un ouvrier agricole, pour travailler la terre et garder les lieux en son absence. Celui-ci se rendait souvent en France pour toucher sa retraite. Il demanda donc à son ouvrier de s'installer dans la ferme avec sa femme, afin de pouvoir travailler et garder de plus près les lieux. Au fil du temps, l'ouvrier fit ses preuves par le travail qu'il fournissait ainsi que son épouse, et ce fut de cette manière qu'il put gagner davantage la confiance de son patron. La femme de cet ouvrier participait également aux travaux de la terre et était contente de l'amélioration de sa situation ainsi que celle de son mari tant sur le plan matériel que psychologique et sanitaire. Cependant, la tentation et l'avidité amenèrent ce couple qui jusque là menait à bien la tâche qui leur était confiée à commettre un acte parmi les plus sauvages et les plus odieux. Le jour des faits, le propriétaire qui s'apprêtait à retourner en France confia à l'épouse de l'ouvrier, qu'il allait à la banque pour retirer de l'argent. Elle en informa son époux qui fut tenté de voler son employeur. Il fit part de cette idée à son épouse qui non seulement l'apprécia mais promit de lui prêter son concours. Ils attendirent le retour du maître de céans, pour le surprendre alors qu'il entrait dans son appartement privé. L'ouvrier commença par l'immobiliser et lui ligoter les mains et les pieds, à l'aide d'un fil métallique que lui procura sa compagne et néanmoins complice. Le pauvre septuagénaire se débattait de toutes ses forces et ne pouvait même pas crier pour alerter les voisins, puisqu'il avait du ruban adhésif sur la bouche que lui avaient collé ses agresseurs . Soudain, le mari entrant dans un état second, décida de l'étrangler avec le foulard qu'il avait autour du cou. Passant à l' acte il demanda à sa femme de l'aider en serrant chacun d'un côté du foulard, et de plus en plus fort jusqu'à ce qu'il rendit l'âme. Ne réalisant plus ce qu'il faisait l'ouvrier, se mit à frapper la septuagénaire sur la tête à coups de pieds. Le sang sortait par le nez et les oreilles de la victime qui n'était plus qu'un corps sans vie. Après s'être assurés de la mort du pauvre vieillard, ils le traînèrent près d'un arbre, où l'ouvrier creusa un grand trou pour enterrer le corps. Il put ainsi s'emparer de l'argent qu'avait tiré la victime et quitter les lieux accompagné de son épouse. Ils rentrèrent le soir même à Kairouan leur ville natale, où ils informèrent le frère des faits. Quelques jours plus tard l'ouvrier fut arrêté par la police et avoua son forfait sans tergiverser. Il fut inculpé d'homicide volontaire avec préméditation, ainsi que sa femme ne tant que coauteur. Quant à son frère, arrêté également, il fut inculpé de complicité. Devant le tribunal, l'épouse nia totalement avoir été complice en quoi que ce soit. `Quant à l'ouvrier, il se rétracta, prétextant son geste par la défense de son épouse, que la victime aurait attenté à sa pudeur. La défense soutint son client, afin de plaider le crime passionnel, et en tout cas l'absence de préméditation. Mais le tribunal ne l'entendit pas de cette oreille et déclara l'accusé coupable ainsi que son épouse et le frère complice. Après délibération l'accusé a été condamné à la peine capitale. Quant à l'épouse, elle fut condamnée à la prison à perpétuité. Le frère écopa, pour avoir tu les faits, à cinq ans de prison.