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Le vrai faux problème de la virginité.
Déterminismes socioculturels, us et coutumes, les ambivalences religieuses.
Publié dans Le Temps le 25 - 06 - 2008

Dans une société telle la nôtre, le mot virginité rime systématiquement avec chasteté et honneur. Il est vrai que les mentalités des hommes en Tunisie restent conservatrices.
En outre la chasteté; à vrai dire la préservation de la virginité est indéniablement considérée comme une condition sine-qua-non au mariage. Et si cette perception trouve ses origines dans le sens large dans l'Islam, il n'en reste pas moins vrai qu'elle est liée à des facteurs socioculturels qui n'ont rien à voir avec la religion.

Pesanteurs socioculturelles.

En effet, une étude réalisée par le Docteur Fakhreddine Haffani (professeur de psychiatrie et chef de service de psychiatrie adulte à l'hôpital Razi) en 2003, démontre que l'exigence de la préservation de la virginité est un indicateur sur le poids des traditions dans la sexualité en Tunisie. En voici un extrait :
« .... Un autre indicateur du poids énorme qu'ont les traditions sur la sexualité est le mythe de la préservation de la virginité chez la femme jusqu'au mariage. En effet, 83,7 % des hommes pensent que la préservation de la virginité chez la femme jusqu'au mariage est une règle sociale à sauvegarder, 10,3 % pensent que c'est un mal social nécessaire et seulement 6 % pensent que c'est un tabou à dépasser. Paradoxalement, la même majorité écrasante (82 %) pense que, pour l'homme, le mariage n'est pas nécessaire pour avoir des rapports sexuels. Ceci apporte la preuve vivante que l'Islam n'y est pour rien. En effet, ce dernier interdit formellement les rapports sexuels avant le mariage aussi bien pour l'homme que pour la femme.
Les traditions pèsent encore plus lourdement sur le milieu rural. En effet, la majorité des hommes en milieu rural (97,6 %) pensent que la préservation de la virginité chez la femme jusqu'au mariage est une règle sociale à sauvegarder, alors que ce pourcentage passe à 78,3 % dans le milieu urbain. Aucun homme résidant dans le milieu rural ne pense que c'est un tabou social à dépasser alors que 8,3 % des hommes de milieu urbain le pensent. 2,4 % des sujets de milieu rural pensent que c'est un mal social nécessaire, ce pourcentage passe à 13,4 % dans le milieu urbain. Le milieu rural reste partagé sur la question des rapports sexuels de l'homme avant le mariage. En effet, 59 % pensent que, pour l'homme, le mariage n'est pas nécessaire pour avoir des rapports sexuels et 41 % pensent le contraire. La virginité reste donc, dans notre société, un indicateur de chasteté et un certificat de bonne conduite prénuptiale. »

Selon l'étude précitée, la virginité est considérée comme une donne primordiale chez la future épouse pas seulement chez les musulmans mais aussi dans les autres religions. En effet depuis des siècles la virginité des femmes chez les catholiques, les juifs et les puritains d'Amérique est considérée comme sujet tabou et, selon eux, une fille déflorée avant le jour du mariage est perçue comme une personne indigne. Donc, la société tunisienne paraît être une société conservatrice puisque la préservation de la virginité de la fille avant la célébration du mariage est primordiale. Ceci démontre qu'il s'agit encore d'habitudes héritées par les Tunisiens, et qui persistent jusqu'à nos jours, notamment dans les zones rurales comme le fameux rituel de la chemise ou du drap tacheté de sang lors du jour J qui rend honneur à toute la famille en premier lieu et qui prouve la virilité du mari vis-à-vis de tout le monde. Ce rituel est, encore, ancré un peu partout. Même si dans les métropoles il s'effiloche, la réalité quotidienne montre que dans certaines régions du sud, le père de la mariée lors de la nuit des noces s'arme d'un fusil en attendant le « verdict » final. En attendant la chemise tachée, il se met en position, soit pour célébrer sa joie et éprouver sa fierté et son honneur, soit pour tuer sa fille dans le cas où elle ne serait pas vierge.

Hyménoplastie.
Certaines filles sont parfois dans l'obligation d'avoir recours à cette intervention pour faire face au poids de la tradition et éviter la honte. Grâce à des chirurgiens ayant pignon sur rue, ces interventions épargnent les futures épouses de multiples problèmes sociaux et familiaux. Cette opération se fait sous anesthésie locale, consiste à reconstituer la membrane qui réduit particulièrement l'orifice vaginal à 1 centimètre. C'est une pratique assez courante en Tunisie et elle coûte environ 300 dinars. Cette intervention ne se fait pas sans risques. Selon le témoignage d'une fille qui a subi une hyménoptéroïdes :« j'ai été obligée de faire une hyménoplastie, il y'a deux ans, parce que mon fiancé est du genre sévère et m'a ouvertement déclaré qu'il ne tolérerait jamais la non virginité. Le jour de mes noces, j'avais un peu peur et j'étais stressée. Cette opération pourrait ne pas réussir. Heureusement pour moi, l'intervention a réussi et il a semblé à mon mari qu'il était parvenu à me déflorer. J'ai eu de la chance », souligne cette jeune fille, âgée d'une vingtaine d'années.

Une tendance en voie de disparition.
De nos jours, on peut constater que la gente masculine exige encore de leur douce moitié d'être vierge et, même, chez la classe intellectuelle où la problématique est encore un sujet de débat, comme l'avoue Ahmed âgé d'une vingtaine d'années : « franchement, je pense que ce sujet est une affaire de mœurs et non pas de religion quant aux mentalités défraîchies par rapport à cette chose, elles doivent changer. »
D'ailleurs, on est parfois choqué quand on découvre dans les pages de faits divers des journaux que des filles se suicident pour se soulager du joug de l'impureté et du fait qu'il y'ait des parents qui tuent leur filles quand ils découvrent que celles-ci n'ont pas préservé leur virginité. Seulement, les crimes d'honneur sont rares en Tunisie depuis la proclamation du Code du Statut Personnel. La femme tunisienne a pratiquement acquis sa liberté. Il n'en demeure pas moins vrai que le poids de la virginité reste lourd dans le perception socioculturelle. Ceci, sans dire qu'il y'a des filles qui perdent accidentellement leur virginité. Tolérer ou ne pas tolérer la perte de la virginité, c'est certainement en liaison avec le désir d'éviter une certaine débauche.

Virginité : fantasme .
La virginité n'est autre qu'un fantasme enfoui chez les hommes et véhiculée à travers des générations. Une obsession introspective de chaque homme. En effet, aux Etats-Unis, comme gage de cadeau et dans un genre osé, les maris offrent à leur dulcinée une « reconstruction vaginale » et même une nouvelle virginité, tout est prétexte de cadeaux : « Il arrive de plus en plus souvent qu'un mari dépose au pied de l'arbre de Noël une enveloppe contenant un bon pour un rendez-vous avec un chirurgien esthétique pour une simple consultation ou pour pratiquer l'opération dont sa femme et lui aussi rêvent », raconte le docteur Peter Fodor, un chirurgien plastique de Los Angeles en Californie »
Moralité ; us et coutumes ; mœurs ; déterminismes sociaux... Le débat n'a rien de religieux.


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