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Vie estudiantine: L'UGET et ses vieux démons idéologiques .... ... Et pourtant, la démocratie s'apprend et s'exerce au Campus
POINTS CHAUDS
Publié dans Le Temps le 29 - 12 - 2008

Les résultats officiels des élections des représentants des étudiants aux conseils scientifiques
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Du côté de l'administration : Prêts à œuvrer pour dynamiser l'UGET
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Du côté de la société civile
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Moncef Chebbi, membre de la Chambre des conseillers : « l'UGET a fourni à l'Etat tunisien l'essentiel de ses cadres politiques »
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Du côté de l'UGET
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Ezzeddine Zaâtour, S. G de l'UGET : « Nous refusons que l'UGET entre en crise comme la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l'Homme (LTDH) »
L'université a connu au cours de la dernière semaine avant les vacances les élections des représentants des étudiants aux conseils scientifiques des divers établissements supérieurs. Ce rendez-vous n'a pas connu l'engouement habituel des étudiants car l'Union Générale des Etudiants de Tunisie « UGET » a lancé un mot d'ordre de boycottage et, du coup, les étudiants du RCD se sont retrouvés sans la moindre concurrence de poids dans ces élections.
D'habitude, un tel rendez-vous s'accompagnait d'effervescence sur la scène universitaire et les deux courants se partageaient la sympathie des étudiants. :
L'UGET est présente dans les grandes concentrations universitaires comme les campus d'El Manar et de la Manouba à Tunis, le campus de Rakkada à Kairouan et celui de Sfax. Ses représentants ont occupé durant la dernière décennie les sièges des représentants des étudiants aux facultés de droit, des sciences et des lettres de Tunis, à la faculté des lettres de Kairouan, aux facultés de droit et des lettres de Sousse ainsi que dans les grandes facultés de Sfax.
Les étudiants du RCD sont présents dans tous les établissements supérieurs et ils occupent la majorité des sièges dans les petites institutions universitaires.
Ce boycottage officiel de l'UGET annoncé par un communiqué diffusé aux médias à la veille des élections, dont des extraits ont été publiés par quelques journaux (l'expression, l'Unité), n'a pas empêché des listes se réclamant de tendances dissidentes au sein de l'UGET de se présenter à ces élections et de gagner des sièges à la faculté des lettres du 9 avril à Tunis, au campus de la Manouba à Tunis, au campus de Rakkada et à la faculté des lettres de Sfax.
Suite à la proclamation officielle des résultats par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie, l'UGET a diffusé un 2ème communiqué où elle exprime sa satisfaction quant au suivi, selon elle, de son mot d'ordre de boycottage, mentionnant que le taux de participation n'a pas dépassé 1 % dans certains établissements supérieurs.
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Les étudiants et l'action politico-syndicale
Au-delà des résultats, les différences de points de vue survenus lors de ces élections nous ramènent à l'état des lieux à l'université en matière de représentation des étudiants dans les structures de gestion des établissements supérieurs.
A l'ère de la réforme LMD et de la gestion participative de l'université à travers le monde, l'UGET conteste sa mise à l'écart dans les grands chantiers touchant l'université comme la réforme de l'enseignement supérieur. Elle réclame plus de liberté d'action syndicale et, notamment, dans les universités de l'intérieur du pays comme celles de Jendouba, Gafsa et Kairouan. L'UGET conteste le double langage de l'administration qui ne concrétise pas les accords convenus avec les représentants de l'organisation estudiantine.
Quant à l'administration, elle affirme avoir fourni à l'UGET tous les avantages pouvant lui être accordés en tant qu'organisation syndicale représentant les étudiants, voire plus. Mais ses représentants n'ont pas été coopératifs préférant la politique de chaise vide comme pour la réforme « LMD ».
L'administration, la société civile et les étudiants, eux-mêmes sont conscients de l'éventuel apport positif d'une initiative orchestrée par les anciens de l'UGET afin de rapprocher les points de vue des différents intervenants sur la scène universitaire et de faire sortir l'action syndicale estudiantine de sa léthargie.
Pour éclairer l'opinion publique, le Temps a jugé utile de présenter le point de vue de l'administration, celui de l'UGET et celui de l'un des acteurs de cette initiative des anciens, M. Moncef Chebbi. Interviews :
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Les résultats officiels des élections des représentants des étudiants aux conseils scientifiques
Un communiqué émanant du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie a annoncé que les différents établissements supérieurs ont connu des élections pour élire les représentants des étudiants aux conseils scientifiques des universités pour l'année universitaire 2008-2009.
Les candidats en lice dans ces élections représentent les sensibilités suivantes :
•Les étudiants du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) présents dans 191 établissements universitaires
•L'Union Générale des Etudiants tunisiens (UGET), présents dans 40 établissements universitaires
•Les étudiants indépendants présents dans 35 établissements universitaires.
Ces élections, auxquelles les étudiants ont participé massivement (on a parlé dans certains journaux de soixante-dix mille participants sur les trois cent cinquante mille inscrits), ont abouti aux résultats suivants :
•Les représentants de l'organisation des étudiants du RCD ont obtenu 94,70 % des sièges.
•Les représentants de l'UGET ont obtenu 3,05 % des sièges
•Les étudiants indépendants ont obtenu 1,62 % des sièges.
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Du côté de l'administration : Prêts à œuvrer pour dynamiser l'UGET

Le Temps a choisi l'occasion des élections des représentants des étudiants aux conseils scientifiques pour aborder la question des structures de la représentativité estudiantine dans l'université. Cette question ne saurait être posée d'une manière exhaustive sans entendre le point de vue de l'administration sur la question.
Des sources du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie ont accepté de répondre à nos questions et à exposer avec force détails la position officielle

Un problème posé de longue date
Le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie affirme qu'il a toujours eu des relations avec l'UGET depuis son 18ème congrès en mai 1988. Ces relations n'étaient certes pas toujours officielles du moment que la direction de l'UGET a opté à plusieurs reprises à la thèse de la rupture avec les autorités limitant ses contacts aux réseaux officieux. D'ailleurs, les scissions au sein de l'UGET ont fait que chaque courant a son propre contact au sein du ministère.
Mais, depuis l'ère de M. Sadok Châabane, le dossier de l'UGET occupait une pôle-position au milieu des priorités du ministère étant une structure légale à laquelle il faut accorder tout l'intérêt nécessaire. Du coup, tous les dossiers relevant de l'UGET et des problèmes de la représentativité estudiantine à l'université sont passés aux mains d'une seule personne du cabinet du ministre.

Initiation à la gestion participative
Les sources du ministère affirment que malgré les problèmes au sein des structures de l'UGET, l'administration a continué à traiter avec toutes les franges constituant les composantes élues de l'organisation. L'administration paie le loyer du local de l'UGET et contribue à lui assurer le nécessaire pour sa bonne gestion. La ligne opposante dominante au sein des structures n'a pas empêché les autorités de les équiper en ordinateurs et de leur proposer des sessions de formation pour les initier à l'action associative. L'administration a traité avec l'UGET comme étant un syndicat estudiantin et lui a fourni tous les outils nécessaires pour sa pérennité exigeant uniquement qu'il se place sur son terrain d'action légale telle que défini par son règlement intérieur.
L'administration rappelle qu'elle a financé les activités de l'UGET tout en sachant pertinemment que ces activités vont réunir des opposants au régime et que les propos tenus seraient en opposition très farouche aux thèses officielles.
Le dernier congrès de l'UGET à Bir El Bey a reçu un financement public et le ministère y a été représenté.
Donc, et à l'opposé de ce que ne cessent d'affirmer les diverses tendances au sein de l'UGET, l'administration leur a tendu la main sans chercher à s'immiscer dans leurs choix politiques et organisationnels. Pourtant, l'UGET vit de graves problèmes politiques et organisationnels et ne parvient pas à s'imposer sur la scène universitaire.

La politique de la chaise vide
L'administration reproche également à l'UGET le fait qu'elle a cherché à l'intégrer au processus de la réforme LMD dès le début. Le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie a remis 50 exemplaires de la note-cadre de la réforme aux structures de l'UGET en vue de les étudier et de formuler les remarques qu'elles jugent utiles. Le ministère a proposé à l'UGET de lui assurer une session de formation prodiguée par des professeurs universitaires et des spécialistes à propos de cette réforme. Mais l'UGET a préféré la politique de la chaise vide ratant une occasion historique pour intervenir dans cette réforme.

La main tendue à l'UGET
L'administration a toujours opté pour une politique de main tendue avec l'UGET en accordant des inscriptions supplémentaires à ses adhérents et en assurant de l'emploi aux membres de sa Commission Administrative pour qu'on ne dise pas qu'ils ont été victimes de leur militantisme syndical. Tout ceci aux côtés de la subvention financière qui a été toujours allouée à l'UGET qui ne respecte pourtant pas les règles de la comptabilité publique dans sa gestion.
L'administration termine ses propos en affirmant qu'elle espère que l'UGET reprenne ses esprits de syndicalisme militant à l'image de ses ancêtres et elle appelle les anciens de l'UGET et les composantes de la société civile à œuvrer pour éviter que cet édifice ne s'écroule.
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Du côté de la société civile
Ce n'est pas par hasard si le 18ème congrès extraordinaire de l'UGET s'est tenu en 1988 sous l'impulsion des différentes générations d'anciens de l'UGET ayant milité dans les Structures Syndicales Provisoires entre 1973 et 1983 et croyant fermement en la nécessité d'une organisation syndicale estudiantine pour gérer les affaires des étudiants et canaliser leurs doléances.
L'expérience des anciens a convergé avec la fougue des étudiants se trouvant alors sur la scène estudiantine pour réussir un slogan cher à des générations d'étudiants. Mais l'UGET n'était parvenue qu'à sortir temporairement de son isolement pour retomber de nouveau dans le sectarisme, entraînée en cela par l'environnement politique dans lequel elle évolue.
Cette nouvelle situation a poussé de nouveau des anciens de l'UGET, actifs dans la société civile, à chercher de nouveau à aider les étudiants à sortir de ce nouvel impasse en réalisant le 24ème congrès de l'UGET. Moncef Chebbi est l'un des membres de cette initiative :

Moncef Chebbi, membre de la Chambre des conseillers : « l'UGET a fourni à l'Etat tunisien l'essentiel de ses cadres politiques »

Le Temps : Comment se présente la situation actuellement à l'université ?
Moncef Chebbi : Nul ne peut nier que l'UGET avait toutes les chances d'être restructurée de nouveau après son 18ème congrès tenu en avril 1988 mais, malheureusement, les démons du sectarisme groupusculaire prétendument marxiste et gauchisant se sont emparé de l'organisation à peine a-t-elle atterri dans le monde associatif et, sous prétexte d'absence de démocratie, de danger de mainmise du parti au pouvoir, de menace islamiste, l'UGET a été purement et simplement cadenassée. N'y accédait plus que les militants et ne participaient plus à sa direction que les membres d'organisations clandestines - ou non autorisées à agir légalement - en conflit avec le pouvoir et avec toutes les autres forces politiques. Ces forces ont fini par couper l'UGET de son contexte national et même de son public immédiat. Quant à la masse des étudiants, elle voyait s'accumuler ses problèmes et ceux du pays sans pouvoir contribuer efficacement à les résoudre. Et l'UGET a été amenée de gré ou de force sur un terrain qui n'est pas le sien. Ceux qui n'arrivaient pas à trouver une ouverture vers l'air libre ont voulu en faire leur ghetto.

Où se situe votre nouvelle initiative ?
Comme l'histoire est dynamique, il s'est trouvé des jeunes à l'université qui ont accumulé de l'expérience et acquis de la conscience, empreints comme ils sont d'une nouvelle culture démocratique leur ayant fait comprendre le drame que vit leur organisation. Ces jeunes ont tout essayé pour faire entendre leur voix, leur différence, leur rupture avec les pratiques partisanes et clandestines au milieu des enjeux multiples où l'UGET est réduite à une simple carte de pression, un pion que l'on pousse dans la bataille dès que la nécessité s'en fait sentir. Ces jeunes ont compris l'intérêt qu'il y a à se démarquer des forces qui ont amené l'UGET dans l'impasse.
Avec beaucoup de courage, beaucoup de maturité précoce, ils ont relevé, sans moyens, le défi de la reconstruction de leur organisation. Leur esprit indépendant a déjà permis de réorganiser une grande partie des étudiants dans plus de la moitié des deux cents centres universitaires qui font la fierté de notre pays. Ils se sont adressés aux autorités de tutelle et aux plus hautes autorités du pays pour obtenir les moyens de remettre à flot cette composante essentielle du paysage politique et associatif de Tunisie. Dans leur élan, ils ont voulu réorganiser la direction de l'UGET. Pour cela, il fallait réunir un congrès et ils s'y sont attelés avec énergie et justice. Leur loyauté a été jusqu'à envisager que les étudiants du parti au pouvoir puissent prendre part à ce congrès et soient représentés à l'échelle nationale, dans les instances qu'il viendrait à élire, mais un refus net leur a été opposé, ce qui en termes politiques pourrait signifier qu'on cherche à les déstabiliser à les discréditer auprès de leur auditoire en donnant raison à ceux qui n'ont jamais admis l'idée d'une participation du RCD à ces assises, aux partisans du ghetto. Bien plus! Une déclaration étonnante est venue nous rappeler la langue de bois, les années noires de conflit UGET/Pouvoir, niant tous les changements intervenus au prix de graves ruptures, de luttes pour débarrasser l'UGET de l'influence néfaste des groupuscules. Ceux qui ont pris la responsabilité d'opposer leur veto à tout rapprochement avec les jeunes qui dirigent aujourd'hui l'UGET, ne mesurent pas la gravité et les retombées de cet acte. Au lieu de cela, ils auraient dû accepter la main tendue, c'est de cela que la Tunisie a besoin aujourd'hui. Il faut s'atteler à combler le fossé qui sépare nos enfants les uns des autres et non pas leur faire hériter les haines du passé et les conflits dont souvent ils n'ont jamais entendu parler.

Et quelle issue à cette crise ?
Je ne vois pas comment une nouvelle page de l'histoire de l'UGET pourrait être écrite dans un esprit de réconciliation nationale si l'on n'arrête pas de part et d'autre de réveiller les vieux démons du noyautage et de la fuite en avant.
Mon ambition, avec de très nombreux amis de tous bords n'a jamais été d'utiliser le dossier UGET a quelque usage que ce soit mais plutôt de donner à cette organisation militante, à ces jeunes animés d'un nouvel esprit, l'opportunité de m'utiliser et d'utiliser tous ceux et toutes celles qui peuvent sans calcul partisan et sous œillères œuvrer à rétablir les ponts entre l'UGET et l'autorité de tutelle, entre l'UGET et les cercles de décision nationaux, parce qu'il est bien clair dans mon esprit que cette organisation doit d'abord et avant tout être en mesure d'exprimer auprès des autorités compétentes les doléances et les vues de la masse estudiantine sans humeur et sans surenchère pour venir à bout de la politique de marginalisation dont elle est victime aujourd'hui. Pour celà, une seule arme, un seul moyen, le dialogue... le dialogue encore... le dialogue toujours.
Les mauvaises intentions, les interprétations tendancieuses ne peuvent se dissoudre que dans le dialogue... ce dialogue ouvert dont la Tunisie renaissante à tant besoin.
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Du côté de l'UGET
Les militants de l'UGET sont conscients que leur organisation a besoin de retrouver son impact sur la scène estudiantine. Elle n'est plus l'usine d'antan des cadres de l'Etat comme elle l'était jusqu'aux années 1990.
Pour expliquer cette situation, l'UGET a entamé depuis 2006 un processus de restructuration en procédant aux élections de ses congressistes pour le 25ème congrès dont la tenue a été renvoyée à plusieurs reprises au milieu d'accusations réciproques entre les structures de l'UGET et l'administration.
Ezzeddine Zâatour précise les tenants et les aboutissants de l'approche de l'UGET :

Ezzeddine Zaâtour, S. G de l'UGET : « Nous refusons que l'UGET entre en crise comme la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l'Homme (LTDH) »

Le Temps : Le 25ème congrès de l'UGET tarde à se réaliser ?
Ezzeddine Zaâtour: Ce n'est pas la faute à l'UGET. La commission administrative qui s'est réunie en mars 2008 a décidé la tenue du 25ème congrès les 16, 17 et 18 avril dernier à la faculté des sciences de Bizerte. Une commission représentant le cabinet du ministre nous a contacté pour nous dire qu'il est impératif de reporter la tenue du congrès étant donné que la faculté des sciences de Bizerte est en train de préparer les examens et en attendant, le ministère s'est montré disposé à examiner les dossiers en suspens concernant les revendications estudiantines. Le ministère a également promis de financer la tenue du prochain congrès et de mettre à sa disposition un espace adéquat. Le bureau exécutif de l'UGET a réagi positivement à cette proposition en convoquant la commission administrative pour fixer une autre date. Effectivement, le congrès a été reporté au 16, 17 et 18 août 2008. Mais la direction de l'UGET, les congressistes et toutes les parties concernées par la tenue du congrès ont été surpris du non respect des promesses tenues par le ministère concernant le financement et la mise à la disposition d'un espace pour la tenue du congrès.

Donc ?
En réaction à l'attitude du ministère, nous avons décidé de tenir le 25ème congrès en comptant sur nos propres moyens et sur l'aide des anciens de l'UGET et des amis de l'union pour financer les travaux du congrès et nous comptons aussi sur la volonté des étudiants pour assurer la tenue de ce congrès. C'est le droit de l'organisation estudiantine de tenir son congrès. Un droit en symbiose avec le règlement de l'UGET et en conformité avec les lois en vigueur dans le pays. La commission administrative va se réunir dans les prochains jours pour en fixer la date et le lieu. Il se tiendra probablement en février 2009
Mais est-ce que vous êtes en mesure de réaliser matériellement votre congrès sans l'aval des autorités ?
Nous comptons sur le soutien des anciens de l'UGET et sur les amis. Nous avons commencé la distribution des cartes d'adhésion d'honneur. Je tiens ici à souligner avec force que nous refusons que l'UGET entre en crise comme la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l'Homme (LTDH). L'UGET est un acquis national et notre mission doit être axée sur la recherche des solutions aux problèmes qui se posent aux étudiants et non sur les difficultés qu'on nous crée pour tenir notre congrès, un congrès somme toute ordinaire.
Vous parlez d'un congrès unificateur malgré les réticences de certaines parties. Qu'en pensez-vous?
Le bureau exécutif de l'UGET a œuvré depuis deux années à réunir toutes les conditions nécessaires au processus de l'unification de toutes les parties existantes au sein de l'université et de tenir à cet effet un congrès où seront représentées toutes les tendances. Aujourd'hui, il y a des représentants d'une tendance qui refusent encore de rejoindre le processus d'unification, nous les invitons de nouveau à nous rejoindre. Reste que l'UGET et son congrès unificateur ne vont pas arrêter leur action et la concrétisation de l'unification à cause du refus d'une quelconque partie.
Le ministère affirme que vous refusez de donner suite à ses convocations pour les réunions ?
Ce n'est pas vrai. L'UGET ne veut pas agir en tant que coquille vide. Elle veut refléter l'opinion de la masse estudiantine qu'elle représente. Or ceci n'est pas possible si l'UGET est empêchée d'entrer en contact avec ses adhérents pour débattre avec eux des problématiques survenant sur la scène estudiantine. L'UGET refuse la politique des chaises vides mais elle y est parfois obligée pour exprimer son refus d'une présence caduque n'ayant aucun impact sur l'orientation prise. L'UGET milite pour instaurer un climat de dialogue dynamique entre toutes les composantes de la sphère universitaire. L'université a besoin d'une logique de gestion participative or le ministère exerce d'une manière centralisée. Et il arrive même qu'un responsable mandaté par l'administration s'engage sur un agenda clair mais ne le réalise pas comme c'est le cas avec le 25ème congrès de l'UGET.

Quelles sont exactement vos revendications?
Nous appelons à l'instauration de relations basées sur la confiance réciproque entre la direction de l'UGET et le ministère, d'une part, et entre la direction de l'UGET, les commissions et les représentants du ministère dans les établissements universitaires, d'autre part.
Nous demandons aussi à ce qu'on laisse l'UGET jouer pleinement son rôle dans les établissements universitaires sans entraves à son action et dans des conditions normales tout en la faisant participer à tout ce qui intéresse la vie universitaire. Nous demandons aussi la normalisation des situations de certains étudiants qui sont constamment importunés parce qu'ils exercent des actions syndicales.
Ici permettez-moi de rappeler certains faits: l'organisation estudiantine a été créée en 1952. Elle a 56 ans, et cette année nous allons célébrer le 20ème anniversaire du 18ème congrès de l'UGET et en dépit d'une histoire riche de militantisme, l'organisation estudiantine se trouve aujourd'hui marginalisée et exclue de toutes les commissions spécialisées dans les affaires universitaires et la vie universitaire d'une façon générale. Les responsables agissent envers l'UGET avec désinvolture et nonchalance . Les étudiants sont constamment menacés d'expulsion à cause de leur action syndicale et la direction de l'organisation estudiantine est souvent interdite d'entrée dans les établissements universitaires.
On réagit à nos revendications comme si l'UGET était un parti politique clandestin alors que c'est une organisation syndicale légale qui défend les intérêts des étudiants avant toute autre considération. Et comme signe de tentative de notre perpétuelle marginalisation, l'administration a décidé de tenir les élections des représentants des étudiants aux conseils scientifiques le 18 décembre 2008 soit à 3 jours des vacances, dans le but d'empêcher l'UGET de mobiliser les étudiants en faveur de ses candidats. C'est pourquoi l'UGET a boycotté ces élections et son mot d'ordre a été suivi par les étudiants.


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