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L'administration peut « filtrer » à son aise
Engouement pour le métier de professeur : 60 mille postulants au CAPES....
Publié dans Le Temps le 20 - 02 - 2009


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Du côté de l'administration : « le CAPES est lourd à gérer malgré la décentralisation »
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Du côté des familles : « Pour une formation spécifique aux métiers de l'Education »
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Du côté des candidats : « l'enseignement est une carrière intéressante »
Chaque année, près de 60.000 candidats se portent candidats pour le Certificat d'Aptitude au Professorat de l'Enseignement Secondaire. En général, le nombre d'admis ne dépasse pas les 1.500 par année scolaire. Cette année, le ministre de l'Education et de la Formation a annoncé, lors de sa conférence de presse tenue, le mardi 10 février, le recrutement de 1430 enseignants pour la prochaine rentrée. Les candidatures viennent d'être déposées auprès des Directions régionales de l'Enseignement secondaire à travers la République. Ils seront, encore une fois, près de 60.000 à briguer un poste dans l'enseignement secondaire. Ils sont toujours aussi nombreux bien que le taux de réussite au CAPES soit inférieur à 3 %.
Qu'est-ce qui explique cet engouement pour le métier de Professeur de l'Enseignement Secondaire ?

Du côté de l'administration : « le CAPES est lourd à gérer malgré la décentralisation »
Les services du ministère de l'Education et de la Formation, affirment que ce n'est pas une tâche facile que de traiter 60.000 demandes de participation au CAPES et 27.000 demandes de recrutement dans l'enseignement primaire : « C'est une forte pression, lourde à gérer, et le CAPES mobilise les ressources humaines disponibles pendant des mois malgré l'inscription à distance et la phase éliminatoire par le QCM. La décentralisation a aidé à diviser la tâche. Mais, le travail est encore très encombrant. Chaque Direction régionale gère, au moins, deux mille dossiers », affirme-t-on.
Concernant les raisons de l'introduction de la phase « Questions aux Choix Multiples », des sources de l'administration précisent que : « C'est l'unique moyen pour alléger les candidatures d'une manière objective. Les questions posées départagent les candidats et permettent de faire un premier tri qui est facile à réaliser par machine. Et puis, le métier d'enseignant nécessite un minimum de culture générale. Donc, c'est doublement utile de faire ce tri. On aura les meilleurs pour le concours écrit et, en plus, moins de copies à corriger. Avant, c'était une mobilisation pareille au baccalauréat. Or, on ne dispose pas de la même logistique pour corriger. C'est ce qui explique les retards dans les proclamations des résultats. Avec le nouveau dispositif, on ne lèse pas les candidats et on allège la charge de l'administration ».
Pour ce qui est de l'interventionnisme dans les résultats et les allégations de pots de vin, l'administration est catégorique pour affirmer que le « CAPES » est « clean » et qu'il se déroule dans la transparence la plus complète dans ses trois phases (QCM, écrit et oral). L'administration explique, par ailleurs, qu'elle ne peut pas éliminer les oraux de ce concours car l'enseignement est un métier oral : « il est anormal qu'on recrute un enseignant qui ne dispose pas de l'élocution requise pour véhiculer ses messages. Or, seul, l'oral permet cette évaluation »

Du côté des familles : « Pour une formation spécifique aux métiers de l'Education »
Il est vrai que les familles ne sont pas une composante essentielle de l'examen du CAPES. C'est une affaire entre les candidats et l'administration. Mais, leur avis pourrait être intéressant du fait que ce concours ouvre la porte au métier de l'enseignement. Les enseignants ont pour fonction de former les nouvelles générations du pays. Donc, la société civile peut contribuer dans l'établissement des normes, selon lesquelles, on les recrute. La tâche de la société civile n'est nullement administrative mais, plutôt, conceptuelle.
A ce niveau, il serait intéressant d'écouter un sociologue sur le profil exigé pour un enseignant. Le diplôme est-il suffisant pour enseigner ?
Les réponses à cette question sont autant de contributions pour définir les conditions d'accès à l'enseignement, aussi bien, de base que préparatoire, ou secondaire. L'un des parents contactés, médecin de profession, explique : « Je crois qu'il est nécessaire de faire des formations spécifiques pour l'accès à l'enseignement. Ce n'est pas un hasard que de penser aux écoles normales. Ces établissements dispensent un enseignement spécifique qui garantit au candidat le bagage nécessaire pour enseigner. Car, au-delà des connaissances académiques, il faudrait également de la pédagogie pour réussir à véhiculer les messages et de la psychologie pour comprendre la réaction des élèves et y faire face. Or, à l'état actuel des choses, cette formation spécifique n'est pas dispensée. Loin de là, le bagage académique, lui-même, laisse à désirer »
Un autre parent, avocat de profession, précise : « On rencontre fréquemment des erreurs dans les manuels scolaires et les cours dispensés aux élèves et c'est grave. Ceci dénote d'un manquement terrible à l'égard de nos enfants. Donc, il faudrait être très méticuleux dans les procédures de choix des enseignants. Je crois qu'il faudrait assurer une formation spécifique, axée sur la psychologie et la pédagogie, suite à la réussite au CAPES. Il faudrait également assurer plus de suivi dans la formation continue des enseignants en exercice pour l'échange des informations et l'initiation aux nouvelles techniques de la communication. ». Il conclut en disant : « le monde a changé et il faut adapter l'enseignement à ces changements. Le CAPES doit tenir compte de ces innovations»
Du côté de l'environnement social de l'enseignement, on est conscient que le produit n'est pas à la hauteur des espoirs. Le niveau des élèves a régressé. Plusieurs facteurs ont certes contribué à cette déchéance, pas uniquement l'apport des professeurs. Mais ce dernier mérite d'être revu pour essayer d'obtenir de meilleurs résultats dans la formation de base des élèves. C'est pourquoi, les parents proposent d'introduire des normes plus strictes dans le choix des enseignants, aussi bien dans le CAPES que pour la formation continue.

Du côté des candidats : « l'enseignement est une carrière intéressante »
Les soucis des candidats ne sont pas les mêmes que ceux de l'administration. Les diplômés cherchent à intégrer l'enseignement pour trois raisons essentielles. D'abord, il s'agit de trouver un emploi et de rompre avec les aléas du chômage. Ensuite, les maîtrisards considèrent que la rémunération est intéressante pour un premier embauche : « percevoir 700 dinars par mois et bénéficier d'autant de vacances, c'est très intéressant », disent-ils. La majorité parmi les personnes interrogées, trouve que : « c'est une carrière intéressante ». Enfin, les candidats au CAPES pensent que l'enseignement leur permet de garder l'attache avec la formation académique : « On se sent encore dans une sphère de savoir et ça encourage à poursuivre des études approfondies tel un Master ou un Doctorat », expliquent-ils.
Concernant le concours en soi, les candidats sont sceptiques et demandent plus de transparence dans les résultats : « Qu'est-ce qui empêche l'administration de nous informer de nos notes dans le concours », s'interrogent-ils. Ils poursuivent : « l'administration peut exiger que les procédures de consultation des copies, soient payantes parce qu'on mobilise du personnel. Mais ceci donne une gage supplémentaire de crédibilité au CAPES ».
Les candidats sont unanimes pour affirmer que : « le souci de la majorité, c'est l'emploi. C'est vrai que pour quelques uns, et notamment, la gente féminine, c'est un choix ciblé pour des considérations de synergie avec le rôle de la femme dans son foyer. Mais, c'est d'abord une question de travail et de salaire ». L'un d'eux nous rappelle que l'enseignement, c'est aussi les cours particuliers : « Un enseignant en terminales peut facilement toucher le double de son salaire en donnant des cours particuliers »


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