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Pour une meilleure maîtrise d'une ressource, en voie de raréfaction
Journée mondiale de l'eau
Publié dans Le Temps le 22 - 03 - 2009

M. Youba Sokona, secrétaire exécutif de l'Observatoire du Sahara et du Sahel :
*
-La Tunisie a su faire de l'eau un vecteur de développement social et économique-
La communauté internationale célèbre aujourd'hui la journée mondiale de l'Eau. A cette occasion nous avons invité le Secrétaire exécutif de l'Observatoire du Sahara et du Sahel dont le siège est à Tunis M. Youba Sokona. Il nous parle de la gestion de l'eau dans la région du Sahara et du Sahel, de la préservation des ressources en eau et de leur maîtrise dans notre région. De l'exemple tunisien dans ce domaine et d'autres questions. Interview.

Le Temps: L'OSS s'est installé en Tunisie en 2000. Quel a été son apport en matière de suivi évaluation des ressources en eau dans la région Saharo-sahélienne et notamment au Maghreb ?
M. Youba Sokona : Depuis sa création en 1992 et son installation à Tunis en qualité d'organisation internationale contribuant à la gestion des ressources naturelles dans le circum-Sahara, l'OSS a accordé aux ressources en eau dans cette zone d'activité un intérêt accru qui s'est soldé, en 1995, par une analyse monographique de la situation de ces ressources dans les pays membres, dont la Tunisie. Cette analyse a permis de faire le point des disponibilités, des usages et des situations de stress hydrique dans la région.
A la lumière des premières conclusions tirées de cette analyse, l'Observatoire a lancé le programme des Grands bassins aquifères qui a donné lieu à des projets d'évaluation et d'optimisation de la gestion des ces ressources en eaux profondes partagées par plusieurs pays, dont celui relatif aux aquifères du Sahara septentrional partagés par l'Algérie, la Libye et la Tunisie.
Cette étude, actualisée en 2001, fut suivie par une autre publiée en 2005 - en collaboration avec l'Unesco - sur les bassins souterrains transfrontaliers de l'Afrique du Nord et de l'Afrique de l'Ouest.
Il convient de rappeler que cette étude entre dans le cadre des efforts entrepris par les pays Magrébins pour la mobilisation et la gestion des ressources en eau pour satisfaire les besoins accrus notamment de l'agriculture de la sous-région.
-La préservation des ressources en eau passe par une bonne connaissance des usages et des disponibilités-

Comment assurer une meilleure maîtrise de ces ressources en eau disponibles dans notre sous-région, dont on sait qu'elles sont rares et/ou en voie de raréfaction ?
Le contexte de pénurie, caractéristique des ressources en eau dans les pays membres de l'OSS, incite les décideurs à prévoir le développement de ces ressources dans une perspective de durabilité. Il s'agit donc de tenir compte de cette vulnérabilité naturelle tout en répondant aux besoins hiérarchisés des différents secteurs économiques et sociaux. Ceci nécessite une parfaite maîtrise de l'état des ressources en eau, qui passe par une bonne connaissance des usages et des disponibilités.
Ainsi donc, avec un bon suivi, il est plus aisé d'orienter la politique de développement conformément aux limites à ne pas transgresser pour en faire le bon usage. Le rôle de l'OSS est d'accompagner les pays membres, en vue d'acquérir cet état de bonne maîtrise de la connaissance de cette ressource et de renforcer les capacités de ces pays pour assurer sa bonne gestion dans une perspective de durabilité. Pour cela, nous avons opté pour une approche scientifique adaptée au contexte de la région et à l'utilisation des nouvelles technologies de manière à assurer une gestion contrôlée des eaux de surface et souterraines.

A-t-on une idée précise des impacts possibles des changements climatiques sur l'avenir de ces ressources ?
Selon le rapport technique du Groupe Intergouvernemental d'Experts sur le Climat (GIEC ou IPCC en anglais) de juin 2008 consacré au changement climatique et l'eau, il est admis que les zones arides et semi-arides et en particulier le bassin méditerranéen connaîtront, en raison du changement climatique, un stress hydrique prononcé au milieu de ce siècle. Il reste donc à intensifier les travaux pour mieux cerner le problème et envisager les solutions idoines.
L'espace OSS est une sous-région où la variabilité climatique est de règle. Ainsi, la sécheresse qui a affecté l'Afrique sub-saharienne entre 1968 et 1985 a largement éprouvé les systèmes de gestion des ressources en eau dans les pays concernés. De même les sécheresses chroniques ou les grandes inondations que subissent les pays du Maghreb ou ceux de l'Afrique orientale ont depuis longtemps posé avec acuité les problèmes liés à la garantie de la sécurité hydraulique ou alimentaire.

-Les Maghrébins et Subsahariens ont toujours su s'adapter aux conditions du climat-
De nos jours, ces phénomènes de variabilité climatique se trouvent intensifiés par l'impact de l'activité anthropique et semblent s'accentuer dans leur ampleur, ce qui se traduit, au niveau de notre sous-région, par les sècheresses plus aiguës ou des inondations plus catastrophiques.
A ceci, il y a lieu d'ajouter l'effet de l'élévation du niveau général des mers qu'on subit avec les autres continents avec probablement moins d'ampleur. Dans ce cadre, le régime hydrologique de nos cours d'eau et fleuves sera appelé à refléter ces changements avec plus d'irrégularité dans l'avènement des crues et plus d'ampleur dans les valeurs extrêmes (étiages et débit de crue). De même que le régime des nappes aquifères souterraines est appelé à ressentir l'impact des périodes de récession plus longues.
C'est en raison de cette situation que nous avons initié le projet d'un système d'alerte précoce à la sécheresse au Maghreb. Mais pour le moment le projet ne couvre que l'Algérie, le Maroc et la Tunisie.
Les mesures d'adaptation sont les activités qui réduisent au minimum les impacts négatifs du changement climatique ou qui nous permettent de tirer profit de nouvelles occasions. L'adaptation n'est pas une nouveauté : les habitants de cette région se sont toujours adaptés au changement, et ils continueront de le faire dans l'avenir.

Du 16 au 22 mars s'est tenu à Istanbul en Turquie le 5e Forum mondial de l'eau, organisé tous les trois ans par le Conseil mondial de l'eau. Quel a été l'apport de l'OSS à cet événement ? Et qu'en attendez-vous ?
L'OSS participe à ce forum avec une délégation composée de 6 spécialistes dans le domaine de l'eau. Notre contribution consiste, outre la participation aux différents débats, dans l'organisation d'un «Side Event» sur la problématique de «la coopération transfrontalière autour du systèmes aquifères de Sahara septentrional (Afrique du Nord) et l'Iullemeden (Afrique de l'Ouest)». Notre équipe a présenté à cette occasion l'expérience de l'OSS dans la gestion des ressources en eau des systèmes aquifères transfrontaliers et le soutien des pays dans ce sens.
-La Tunisie est un exemple en matière de gestion clairvoyante des ressources en eau qui porte l'empreinte du concept de solidarité si cher au Président Ben Ali-

Vous êtes en poste à Tunis depuis bientôt cinq ans. Comment évaluez-vous les politiques tunisiennes en matière de capitalisation et de gestion des ressources en eau ?
Il est largement admis que la Tunisie a su mettre en place une politique clairvoyante dans la gestion de ses ressources en eau malgré un contexte naturel relativement difficile. Avec une équipe de bons spécialistes, une stratégie à moyen et long termes et des institutions spécialisées dans la gestion des différents types de ressources en eau, la Tunisie est un bon exemple pour l'Afrique dans sa manière de faire des ressources en eau un élément de base pour le développement social et économique.
C'est cette vision intégrale du système avec la maîtrise de l'espace géographique national qui ont fait de l'exemple tunisien un bon modèle pour plusieurs autres pays dans la maîtrise et la gestion adéquate des ressources en eau.
Par ailleurs, il y a en toile de fond dans cette politique une forte empreinte du concept de solidarité si cher au Président Ben Ali.

Le Conseil d'administration de votre organisation se réunit à la fin de ce mois à Tunis, en présence de tous les pays membres et partenaires internationaux. Qu'attendez-vous de ce rendez-vous ? Et quelles sont les perspectives de développement de l'OSS ?
La 12e session du Conseil d'administration se tiendra sous la présidence de M. Nadhir Hamada, ministre de l'Environnement et du Développement durable en sa qualité du président de l'OSS et avec la participation de tous les Etats et organisations membres. Elle devra apprécier le bilan du travail que nous avons réalisé au courant de l'année 2008.
Cette rencontre annuelle revêt cependant une importance particulière cette année d'autant plus que le conseil doit se prononcer sur les orientations de l'élaboration d'une nouvelle stratégie de l'organisation. Cette stratégie pour l'horizon 2020 prendra le relais de celle en cours et qui devra s'achever en 2010. Nous allons débattre des modalités de son élaboration et de sa mise en œuvre en tenant compte de nos acquis et aussi de nos faiblesses.
La mobilisation des nouveaux partenaires de développement constituera, elle aussi, un point saillant de ce conseil appelé à renforcer les acquis de l'OSS, à consolider sa méthodologie avant-gardiste en matière de coopération Nord-Sud et à affirmer les relations de cooptation Sud-Sud pour faire de l'espace circum-saharien un espace de solidarité dans la gestion durable des ressources naturelles transfrontalières.
Il me plaît à cette occasion de réitérer, au nom du Secrétariat de l'OSS, mes vifs remerciements et mes sentiments de profonde gratitude au Chef de l'Etat et au gouvernement tunisiens pour leur soutien constant au développement de notre organisation.
Il convient de souligner que les précédentes sessions de ce Conseil se sont toutes tenues à l'échéance prévue. Ce qui illustre l'attachement des pays membres et leur confiance accrue dans leur organisation.
Interview réalisée par Néjib Sassi

Biographie de Youba Sokona
Avant de prendre la tête de l'OSS, M. Youba Sokona était à la fois le Secrétaire exécutif chargé des relations internationales et le Coordinateur du Programme Energie de l'Organisation Environnement et Développement du Tiers Monde (ENDA-TM) basée à Dakar au Sénégal. Avant d'intégrer ENDA en 1982, il a été professeur à l'Ecole Nationale d'Ingénieurs de Bamako au Mali. Il a une compétence reconnue et une large expérience des questions de développement, d'énergie et d'environnement de l'Afrique. Il a activement participé au processus de Rio et reste fortement impliqué dans la mise en œuvre des conventions qui y sont issues. Il est très souvent sollicité par diverses institutions gouvernementales du Sud comme du Nord et des organisations internationales comme la Banque Mondiale, le PNUD, le PNUE, les secrétariats des conventions de Nations Unies sur la biodiversité, les changements climatiques et la lutte contre la désertification pour faire partie de groupes de réflexions stratégiques et/ou de comités de pilotage. A travers sa carrière riche et variée, il a eu le privilège de servir de conseiller à divers projets et programmes stratégiques pour le développement de l'Afrique. Il est l'auteur de nombreuses publications sur les questions de développement, d'énergie, d'environnement et de lutte contre la pauvreté en particulier en Afrique.


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