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Quand les chefs dirigent par le rêve...
Tribune: Culture d'entreprise
Publié dans Le Temps le 25 - 04 - 2009

Des lignes parfaitement droites d'un damier apparaissent courbes jusqu'à dessiner une sphère. Des illusions visuelles et des hallucinations auditives, une mémoire trompeuse et toutes sortes de biais cognitifs, une décision biaisée et un raisonnement erroné...
Notre cerveau nous joue de sacrés tours et la raison avoue ses défaillances. Et pourtant on avait beaucoup cru au siècle dernier à la toute puissance de la raison. Elle pourrait, pense-t-on, tout résoudre; les problèmes des maladies, du management ou de l'économie. Dommage à "l'Homo économicus", cet être si cher aux financiers et qui est censé être parfaitement doué pour l'arbitrage et agir en permanence de façon rationnelle.
Le mythe de l'acteur rationnel s'est ébranlé, l'homme n'est pas un décideur rationnel. Pour avoir été l'un des premiers à le démontrer, le psychologue et économiste Daniel Kahneman a reçu le prix Nobel (en 2002) d'économie. Le dualisme émotion cognition ne tient plus et sans l'affect, l'intellect tourne à vide.

Motivation, implication
Le rôle des phénomènes intrapsychiques a aujourd'hui prévalu et l'investissement psychologique au sein des organisations est devenu le fil d'Ariane des entreprises en quête de l'excellence. Une organisation a tout à gagner en s'investissant dans des politiques de motivation, d'implication, de leadership ou de culture d'entreprise. La culture fait allusion à un modèle qui enferme en son sein l'ensemble des idéologies, attentes, croyances, espérances, postulats et motivations. C'est aussi l'ensemble des rites, des conceptuels verbaux, des symboles et des mythes qui sont les nôtres et les nôtres seuls. C'est ce qui fait qu'une entreprise est ce qu'elle est et que ses salariés font ce qu'ils font. C'est une appartenance que de faire part d'une entité que l'on juge distincte en son genre, originale et différente. Sentir que l'on fait partie d'un tout est gratifiant. Cela se rapporte à une "rémunération émotionnelle". Les gens s'engagent affectivement que dans ce qu'ils ont contribué à créer. On se bat évidemment mieux lorsqu'on sait pourquoi et contre quoi on se bat. On s'investit le mieux que lorsqu'on sait qui nous sommes et pour qui nous travaillons. Le salarié aura besoin d'appartenir à son entreprise et sentira que celle-ci lui appartient aussi. Et à l'instar de l'actionnaire qui y investit une part importante de ses capitaux, il veillera à ce que son investissement personnel soit positif. La culture est celle qui bâtit la vision pour laquelle on vit et on existe. "C'est une vraie joie dans la vie que de servir un but que l'on juge valable", écrit Bernard Shaw dans son livre "Hommes et surhommes".

La vision est la motivation de celui qui crée l'entreprise.
Les leaders véritables possèdent une vision profondément ancrée en eux. Elle se fonde sur leur représentation intérieure du monde. Quand Henry Ford déclara: "je veux fabriquer une voiture pour les masses", c'était à son père le pauvre fermier qui a voulu faire du bien. Le leitmotiv de Walt Disney: "je veux rendre les gens heureux" correspond à une sur-identification avec son enfance malheureuse. La seule image de bonheur dont il se souvenait se rattachait aux moments passés à dessiner les canards et les lapins de la ferme paternelle. Il a su créer un monde imaginaire qu'il a fini par partager avec tout le monde.
Quand un schéma de motivation interne s'extériorise en une réalisation pour la communauté, c'est d'une vision que l'on parle. Par la vision d'un avenir meilleur, les leaders donnent un sens, une raison d'être, forgent un lien émotionnel entre eux-mêmes et les autres membres de l'organisation, bâtissent l'identité du groupe et libèrent l'imagination collective qui fédère les individus et leur permet de rêver. "Diriger c'est vendre l'espoir", tel a été le titre d'un livre de Kets di Vries. Une idée inspirée de Napoléon: "un chef est un vendeur d'espoir".
Un leader prend les gens de là où ils sont pour les emmener là où ils ne sont jamais allés. En 1983, Robert Papin réalisa une expérience fort intéressante avec ses trente-cinq élèves d'HEC-Eentrepreneurs. Disposant chacun de son micro-ordinateur, ils devaient individuellement présenter un dossier financier à des commissions de banquiers en une semaine. Le dossier devrait sortir de l'ordinateur et il fallait pour cela maîtriser deux logiciels et faire entrer toutes les données dans la machine pour en tirer un document d'une cinquantaine de pages. Et seules les soirées étaient disponibles pour la réalisation d'un tel travail. Tous les élèves réussirent à relever le défi. Considérer les collaborateurs comme des gagneurs et ils gagneront. Considérer les comme des perdants et ils le seront. Papin voulait de l'engagement et il l'obtint. Il savait à coup sûr comment tirer les gens vers le haut, il leur a dit: "votre mission est quasi impossible mais vous réussirez parce que vous en êtes capables et parce que tout le monde a les yeux fixés sur vous". Comme lui, les leaders qui croient en une culture de vainqueurs sachent comment "louer à haute voix et blâmer en douceur". L'entreprise a tout à gagner à bâtir une culture de gagneurs et un langage de gagneurs. Le cri de guerre des dirigeants de Canon était: "Il faut devancer Xerox!". Les salariés de Honda vont au combat en criant: "Yamaha wo tsubusu!" (Nous allons écraser, laminer et tuer Yamaha).

Tirer vers le haut
Les leaders sont donc les grands prêtres de la culture de leur entreprise. Quand la vision d'un leader est chargée d'inspiration et prometteuse d'un avenir exaltant, elle engendre un sentiment de fierté parmi les membres de l'entreprise et les pousse à se dépasser pour réussir. Un leader doit son nom à la racine étymologique du verbe leader voulant dire voyager. Le leader est celui qui marche en tête et indique le chemin à ses compagnons de voyage et qui en appelle à l'imagination collective de ses subordonnés pour les convaincre de se joindre au voyage. Un leader "tire donc plus qu'il pousse les gens", comme disait Warren Bennis. Il les tire en leur donnant une vision passionnante de l'entreprise et de son avenir. Une culture se construit, se partage et se concrétise. C'est au niveau des émotions que le leader doit formuler sa vision. Et pour que celle-ci soit irrésistible, elle doit toucher et émouvoir le cœur.
Leila Bannour
Master GRH


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