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Y a-t-il eu confusion lors de l'autopsie ?
Publié dans Le Temps le 03 - 04 - 2007

Les querelles entre les belles-mères et leurs brus remontent à la nuit des temps et elles ne risquent pas de s'achever de sitôt. Mais lorsqu'elle tournent au drame, là réside le summum de la bêtise humaine.
Surtout quand un fils égaré, certainement habité par le démon ou peut-être atteint de maladie mentale, va jusqu'à attenter à la vie de sa propre mère pour les beaux yeux de sa douce moitié.
Personne ne pouvait imaginer pareille tragédie et autant plus que le parricide, un cadre dans une société de la place, avait prévu une séparation à l'amiable entre sa mère et son épouse qui ne pouvaient plus se " sentir " les différends ayant atteint leur paroxysme.
Une solution radicale a été trouvé par ce fils prévenant qui tenait à la quiétude de sa génitrice. Un bel appartement, sis, à la Cité El Intilaka, a été en effet loué pour héberger la mère qui s'est vite replongée dans la sécurité la plus absolue, loin des paroles désobligeants d'une bru agacée par la présence de tous les instants d'une belle-mère possessive, à ses yeux.
Le fils crut ainsi un terme à ses malheurs ou plutôt aux chamailleries de la gente féminine. Lorsqu'il avait du temps libre, il rendait visite à cette mère qu'il chérissait. Il subvenait à tous ses besoins et répondait positivement à tous ses désirs. La concorde semblait à nouveau régner parmi le trio, l'épouse étant loin de sa belle-mère. Chacune des deux femmes ayant enfin retrouvé la paix.
Les jours s'égrenèrent paisiblement quand au mois de décembre dernier et comme à son habitude, le fils bienveillant fit un détour par la cité Intilaka, pour s'enquérir de la santé de sa vieille mère, d'autant plus que l'hiver s'était bien installé.
Personne ne saura ce qui s'était passé pendant cette fatidique journée. Satan a certainement atterri dans l'appartement pour pousser l'infortuné cadre à commettre l'irréparable. Pourquoi ? Pas de réponse de l'intéressé retrouvé trois jours plus tard après le crime, allongé auprès du cadavre de sa mère.
Il a fallu l'odeur nauséabonde qui s'est dégagée de l'habitation pour que les voisins donnent l'alerte et que les autorités judiciaires découvrent ce abominable assassinat incompréhensible que rien ne peut justifier sauf peut-être une crise de démence. Quoi qu'il en soit, le parricide a été arrêté. Il reconnut les faites avouant avoir étranglé sa pauvre mère et reconstitua même le drame. Quant au juge d'instruction, chargé de l'enquête, il tomba des nues quand le médecin légiste consigna dans son rapport que l'émanation de gaz carbonique (CO2) est la cause de la mort de la victime qui n'a pas succombé par strangulation.
Y a-t-il eu confusion puisque le jour de l'autopsie une autre femme était décédée par intoxication gazeuse ?
Pour avoir le cœur net, le juge d'instruction a ordonné une nouvelle autopsie.


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