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La condition féminine revisitée
Livres : « Le Corset invisible » de Eliette Abecassis et Caroline Bongrand
Publié dans Le Temps le 12 - 03 - 2010

Que de livres ont été écrits au nom de la femme. Cette créature a toujours été l'objet de polémiques entre féministes et misogynes. Quoique, dans bon nombre de pays, les mouvements féministes aient réussi à travers les années, à faire sortir la femme du joug du machisme qui la réduisait à l'état d'esclave, il n'en demeure pas moins vrai qu'aujourd'hui encore, la femme doit prendre en main sa destinée pour se faire une place importante dans la société, tant son émancipation demeure fragile devant une certaine mentalité rétrograde ou du moins difficile à changer.
En outre, la femme, qui se croit définitivement libérée, semble retomber dans un autre type d' «esclavagisme », celui des contraintes nouvelles, non moins avilissantes, étant écartelée entre vie familiale et travail, (bébé-boulot-balai), et submergée par la mode et l'ambition d'une part, et les vestiges d'une mentalité atavique qui sévit encore dans la société d'autre part. Tels sont les différents thèmes abordés dans le livre « Le Corset invisible », écrit conjointement par Eliette Abecassis et Caroline Bongrand.
« Le Corset invisible », titre métaphorique qui renvoie à ce sous-vêtement féminin qui fut porté par les femmes d'antan et qui leur comprimait les poumons, qui les empêchait de respirer, étant formé d'une gaine munie de baleines et de lacets qui leur enserraient la taille et les hanches. Pour les coauteurs, se débarrasser de ce corset signifie le premier pas vers la liberté de la femme, de son corps. Allusion faite à la liberté de l'habillement, au choix et au goût vestimentaire de la femme émancipée. Cependant, tout en considérant qu'en se débarrassant de ce vieux corset, le corps de la femme est devenu extérieurement libre, les coauteurs pensent que son corps reste encore « cloisonné » dans un autre corset « invisible » qui se manifeste sous forme de pressions exercées par des modèles de minceur, de maigreur (à la limite de l'anorexie), d'une injonction à ne pas vieillir, des contraintes de la vie familiale que la femme doit, trop souvent, continuer à assumer seule. « C'est comme si elle devait payer le prix de sa libération en jonglant entre les enfants, les tâches ménagères et le travail. En fait, elle n'a plus, ni espace personnel, ni temps. C'est un condensé de la pression concrète que la société exerce sur les femmes. » C'est que, dans une société de consommation, la femme est une bonne consommatrice et le marché en profite ! Pour les coauteurs de ce livre, jeter son corset aux orties ne suffit pas ! La société de consommation a en réalité « exclavagisé » la femme davantage en lui infligeant d'autres formes de soumission et de dépendance.
Le livre « Le Corset invisible » n'est pas destiné aux seules femmes, selon les coauteurs ; les hommes sont concernés également, dans la mesure où ils jouent un rôle prédominant à travers la vision qu'ils doivent avoir de la féminité. « Agir en homme, ce serait d'apprécier la rigueur intellectuelle et l'accomplissement original du féminisme ». La lutte que les femmes doivent entreprendre cette fois-ci « n'est pas contre l'homme, mais avec lui. » Il n'y a pas de symétrie harmonieuse, parfaite entre les deux sexes : « Le plus important, est de prendre en considération les différences naturelles entre l'homme et la femme. Un certain féminisme a voulu calquer la libération de la femme sur le modèle masculin, ce qui n'est pas très réaliste. Cette dissymétrie est aujourd'hui une évidence. Il faut la prendre en compte quand on veut libérer la femme. Il faut revenir à cette différence fondamentale. » D'autre part, le livre veut montrer que, malgré l'émancipation de la femme et tous les droits qu'elle a déjà acquis, de nouvelles pressions s'exercent encore sur elle émanant d'une société de consommation qui lui dicte la manière d'être jeune fille, femme, épouse, mère ou grand-mère… De même, la femme émancipée reste encore attachée à certains mythes fondateurs, ce qui la rend peut-être différente de l'homme. En effet, une femme veut toujours se marier avec une belle robe blanche, elle veut avoir des enfants et elle s'imagine parfaitement comme grand-mère. Peut-être que la femme est restée idéaliste, qu'elle a entretenu un rapport singulier à la transcendance. Ce sont là peut-être, des éléments essentiels qu'il n'est pas facile de remettre en cause. Bref, les auteurs, Eliette Abecassis et Caroline Bongrand, proposent ce nouveau livre où il est question d'un regard lucide sur la condition féminine aujourd'hui, et osent en montrer les facettes cachées et les tabous, qui produisent bien des dégâts. S'adressant en premier lieu à la société française, ce livre est destiné aussi à tous les pays où la femme a lutté et lutte encore pour son émancipation.
Hechmi KHALLADI
*« Le Corset invisible » par Eliette Abecassis et Caroline Bongrand ; Edition Albin-Michel.


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