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« Bourguiba dernière prison »
Festival international d'Hammamet
Publié dans Le Temps le 26 - 07 - 2012


Toujours plus avec Raja Farhat

Pourra t-il, à partir de la technique théâtrale, accéder à la "vraie" nature du combattant suprême ? Pourra- t-il, en tentant cette entreprise, comprendre l'origine de la fascination que Bourguiba a exercée sur la Tunisie et sur son peuple ?
Notre homme/acteur Raja Farhat va donc nouer un dialogue avec Bourguiba. Sa nouvelle création « Bourguiba dernière prison », a été jouée devant des gradins combles occupés par un public aussi nombreux que respectueux de l'effort et du mérite de la représentation. Le spectacle long de deux heures et demie a rassemblé trois personnages : Raja Farhat, tout de blanc vêtu, avec sa chéchia Majidi, incarnant le rôle de Bourguiba dans sa résidence surveillée à Monastir.

Il est accompagné du gouverneur et d'une femme médecin. Raja incarne Bourguiba avec un mimétisme parfait. Il a eu l'audace de remuer le couteau dans la plaie en évoquant l'itinéraire du combattant suprême et de ses compagnons tour à tour dans le Paris des années 20, dans son bagne à Bordj le Bœuf ou encore lors de son retour triomphal au port de La Goulette en juin 1955. Il faut reconnaître que traduire toute cette histoire dans un langage scénique n'a pas été mince affaire. Raja a relevé ce défi avec succès. Il semble possédé par le personnage du combattant suprême ; la ressemblance en est même frappante. Le public a d'ailleurs très vite été conquis.

Une pièce rythmée et dynamique. Au fur et à mesure qu'on avance, la pièce se construit et les histoires se racontent. L'intention de ce travail est de replacer Bourguiba dans sa dimension réelle. Raja a réussi à défendre cette Tunisie de Bourguiba qui est certes petite par sa superficie et sa population, mais grande par son histoire et ses hommes. Cela nous éclaire sur la dimension symbolique du leader tunisien ; le bâtisseur d'une nation moderne, le défenseur de la femme surtout lorsqu' il nous raconte sa rencontre avec Boumediene et ce fameux épisode de l'interdiction de la polygamie et la lutte pour l'émancipation et l'éducation des femmes tunisiennes. La pièce ne s'arrête pas là, elle invite le public à découvrir cette personnalité surtout lors de sa vie avec son épouse Matilde, sa rencontre avec le Président américain Kennedy à Washington où il le supplie de soutenir son combat pour l'éducation de son peuple.

Le conflit avec Salah Ben Youssef a été aussi évoqué. Bourguiba parlait avec fierté de ses compagnons de route notamment du parcours brillant de Tahar Sfar à la Sorbonne. La pièce est constituée de plusieurs tableaux, chacun approfondissant un aspect de la vie de Bourguiba et correspondant aux enjeux techniques auxquels le personnage/comédien doit répondre pour parfaire son interprétation. Constitués comme une succession chronologique, ces tableaux permettent d'intensifier le dialogue qui se noue peu à peu entre le comédien et son personnage. Certes, Raja a-t-il retracé que les points lumineux du parcours du combattant suprême en passant sous silence les dérives dictatoriales et la fin de règne calamiteuse du vieux leader ? Raja répond tout simplement « C'est Bourguiba qui parle dans la pièce. J'ai relaté sa vie et son combat pour l'indépendance et la modernité. Je n'ai pas parlé de la démocratie qui est absente dans tout le monde arabe. Toutefois je sais que le combattant suprême recevait à l'époque les militants de gauche, les syndicalistes. Je pense qu'il faudrait positiver. Bourguiba demeure encore d'actualité dans cette Tunisie postrévolutionnaire. Et là nous devrons sauver ces acquis socio-culturels de la nation, fruits d'une âpre lutte menée par de grands penseurs, syndicalistes et politiciens tunisiens. Nous ne pouvons pas faire marche arrière et retourner à l'obscurantisme ». Cette volonté de comprendre l'Autre est audacieuse de la part de Raja Farhat qui a mis beaucoup de temps pour écrire les 450 pages de cette pièce. C'est un projet très documenté qui permet d'humaniser Bourguiba, dans le sens de le mettre à l'échelle de l'homme et non du « surhomme ». Mais c'est surtout une pièce bien interprétée par un grand homme de théâtre et là Raja a vraiment excellé ; il a tenu à la fin , à offrir les recettes de ce spectacle au Croissant Rouge tunisien tout en tranquillisant son public sur le fait que sa création n'a pas fait l'objet de censure durant les festivals d'été .


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