Depuis l'assassinat de martyr Chokri Belaïd, et au-delà de l'enquête poursuivie tous azimuts pour mettre la main sur le coupable, on redoute de plus en plus des actes de la même vilénie, sans savoir au juste quels en sont les auteurs et surtout les commanditaires. Car il y a vraisemblablement des commanditaires, tel qu'il ressort des menaces dont font l'objet certaines personnalités, lesquelles font partie semble-t-il d'une liste arrêtée à l'avance. Parmi ceux qui ont été menacés, il y a des intellectuels libéraux qui se sont exprimés librement sans hypocrisie ni préjugé, tels que des journalistes et des universitaires, comme Hamadi Rdissi ou Habib Gazdaghli, pour ne nommer qu'eux. Mais à qui profite le crime ? Eh bien à tout ceux qui encouragent la violence afin de plonger le pays dans la peur et le chaos. Ce sont en tous cas les ennemis du pays car leur but n'est pas de consolider les objectifs de la Révolution, bien au contraire. Préserver les valeurs de la République D'ailleurs lors d'une cérémonie organisée vendredi dernier à la Maison de l'avocat par le Conseil de l'ordre, pour rendre hommage à Lotfi Ezzar, l'officier de police tué au cours des incidents survenus à la suite de l'assassinat de Chokri Belaïd, le bâtonnier, ainsi que les avocats et les membres de la composante civile, ont exprimé leur indignation pour ces actes de violences quels qu'ils soient. Par ailleurs le bâtonnier a affirmé également sa solidarité ainsi que celle de l'ensemble des avocats avec le corps de la police qui « continue à endurer les séquelles de l'ancien régime ». Il est important a-t-il fait remarquer en outre, de renforcer la coopération avec le secteur de la sûreté afin d'instaurer la sécurité protectrice des institutions de la République, et de mieux préserver les droits et les libertés » A qui le tour ? A la suite de l'assassinat de Chokri Belaïd, plusieurs personnalités ont reçu des menaces de mort, et il semble que c'est à tour de rôle, selon ce qu'a déclaré Hamma Hammami qui a reçu un « texto » dans ce goût, lui annonçant que son tour est proche. C'est effrayant et ce n'est pas digne de la Tunisie postrévolutionnaire. Ces pratiques dénotent d'une mentalité de vengeance sauvage et dénuée de tout sens de l'humanisme. Menace et arrestation Adnène Hajji, membre du bureau régional de l'UGTT à Gafsa a déclaré, dimanche dernier sur les ondes de Mosaïques FM qu'il a été abordé par un quidam, venu lui dire que certains voulaient l'assassiner. Il lui demanda alors de l'accompagner au poste de police afin de confirmer ses déclarations. Ce qui fut fait. Bien plus, il a avoué aux agents de police, qu'il a été commandité par des personnes pour tuer Adnène Hajji, moyennant une contrepartie financière. Il n'a pas manqué de communiquer les noms de ses commanditaires. Il a été arrêté, et une enquête a été ordonnée, afin de réveler les tenants et les aboutissants de ce nouveau feuilleton, à, plusieurs épisodes très certainement. En attendant, Adnène Hajji l'a échappé belle. Quant à celui qui a avoué avoir été commandité, peut-on dire qu'il s'est rétracté, suite à une prise de conscience ? La suite de l'enquête nous le révélera.