A chaque rentrée scolaire et universitaire, les librairies abondent de clients achetant livres et cahiers. Derrière ces millions de manuels scolaires vendus, fonctionne toute une filière de la branche imprimerie. Des centaines d'entreprises assurent l'impression de ces livres, utilisant des techniques variées comme la typographie, l'héliographie, la sérigraphie et l'offset. Quelles sont les performances réalisées par ce créneau ? Quelles sont ses faiblesses ? Comment les dépasser ?
Une étude de positionnement de la branche imprimerie, réalisée par l'API, révèle que cette branche réunit 340 entreprises dont 121 ont un effectif supérieur ou égal à 10 personnes. Globalement, le nombre des emplois crées s'élève à 6900. La plus grande concentration de ces entreprises se trouve dans le Grand Tunis dans une proportion de 68%. Sousse et Sfax hébergent chacune 11% des manufactures de la branche. La valeur de la production n'arrête pas de croître d'une année à une autre. Il en est de même des investissements qui se sont multipliés grâce à la mise en place de plans de mise à niveau. La Tunisie demeure déficitaire en produits de l'imprimerie. Déjà en 2000, ce déficit remontait à 109 millions de dinars. Depuis, la situation ne s'est pas améliorée. Les produits que nous arrivons tant bien que mal à exporter se répartissent entre cahiers et papeterie (54%), boites pliantes (25%), livres (8%), étiquettes (5%) et journaux et publications (3%).
L'Allemagne, premier marché européen Sur le plan international, le commerce mondial de produits graphiques augmente continuellement, tout en se concentrant sur 10 pays, accaparant 78% des exportations. Les Etats - Unis, l'Allemagne, la France, la Grande Bretagne et l'Italie sont les premiers exportateurs tout en étant les premiers importateurs. En même temps, la demande des pays asiatiques et de l'Amérique Latine enregistre une progression soutenue. En Europe, la production est principalement déterminée par la demande intérieure. L'Allemagne est le premier marché européen pour les produits de l'imprimerie. La Grande Bretagne, l'Italie et la France suivent. Les Egyptiens ont boosté leur production durant les dernières années, surtout après la privatisation du secteur public.
Des prix compétitifs La comparaison de la Tunisie avec d'autres pays, montre que « la branche de l'imprimerie en Tunisie est compétitive par les prix. Seule l'Egypte présente des prix un peu plus bas ». La qualité des produits tunisiens est considérée comme acceptable. Toutefois, « le niveau technologique, le service à la clientèle et la gestion doivent s'améliorer ». Les imprimeurs tunisiens se plaignent du niveau élevé des droits de douanes frappant les intrants. Le démantèlement tarifaire génèrera une baisse des coûts des matières premières. En même temps, la concurrence étrangère sur le marché local va s'accentuer. Les experts pensent que la plus grande source de soucis est la faiblesse de la productivité. « Si la branche améliore significativement cet aspect, elle pourrait répondre aux volume des donneurs d'ordre européens à des prix très intéressants ».
Créer une association professionnelle Les créneaux porteurs identifiés par les experts sont les produits à petits et moyens tirages, comme les beaux livres à couverture cartonnée, les catalogues et brochures de haute qualité, les livres pour enfants, les calendriers, displays, présentoirs en carton plat, les livres à la demande avec impression numérique et les étiquettes adhésives imprimées. Pour atteindre pareils objectifs, il faudra moderniser le parc matériel, quoique certains pensent que l'implantation de nouvelles technologies comme la découpe automatique n'est pas immédiatement opportune. Il est nécessaire d'augmenter la productivité et de mettre en place des systèmes de contrôle de la qualité, la GPAO et les systèmes de travail en réseau tout en structurant les départements commerciaux. La compétence des formateurs est à améliorer. Une association professionnelle de l'imprimerie est à créer pour aider les chefs d'entreprises à internationaliser leurs activités.