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Sois belle et tais-toi
Publié dans Le Temps le 17 - 10 - 2014

Le gouvernorat de Sfax est territorialement réparti sur deux circonscriptions Sfax1 et Sfax2 eu égard à sa dimension démographique. Le gouvernorat compte en effet, 955 421 habitants soit 8,7 de la population de la Tunisie, ce qui le place au deuxième rang du point de vue démographique, derrière celui de Tunis.
La configuration de la circonscription électorale Sfax1 se présente comme suit : nombre d'électeurs inscrits 192427, bureaux de vote 428, nombre de sièges attribués 07, nombre de listes en lice 43, soit 29 listes de partis 09 listes indépendantes et 05 listes de coalition. La circonscription électorale Sfax1 couvre les centres suivants: Sakiet Eddaier, Sakiet Ezzit, El Amra, El Hencha, Jébéniana, Bir Ali, Menzel Chaker et Kerkennah.
Pour sa part la configuration de la circonscription électorale Sfax 2 se présente comme suit : nombre d'électeurs inscrits 248374, bureaux de vote 499 nombre de sièges attribués 09, nombre de listes en lice 44 soit 28 listes de partis, 08listes indépendantes et 08 listes de coalition. La circonscription électorale Sfax 2 couvre les centres suivants: Sfax EL Medina, Sfax El Gharbia, Sfax El Janoubia, Thyna, Agareb, El Ghraïba et Skhira.
Ainsi le gouvernorat de Sfax totalise 16 sièges qui mettent en compétition 77 listes électorales toutes catégories confondues.
Fiche d'identité
Sfax présente une fiche d'identité assez impressionnante émaillée de chiffres remarquables qui illustrent le poids et la place qu'elle occupe à l'échelle du pays. Sa situation géographique stratégique, médiane sur le littoral tunisien, son histoire glorieuse, son ouverture sur les activités maritimes de pêche et de commerce, ainsi que l'esprit entrepreneurial de ses habitants ont historiquement servi son expansion économique, favorisée par le développement de son infrastructure de base et de ses réseaux de transport terrestre, ferroviaire, maritime et aérien. En tant qu'important pôle de développement, elle se caractérise par l'évolution constante des activités développées dans les domaines agricole, industriel et énergétique.
Une vocation de leader
La région de Sfax occupe la première place dans certains secteurs stratégiques avec notamment, 40 % de la production d'huile d'olives 25 % de la production des amendes et 15% des produits de la pêche. Sur le plan industriel, la région compte plus de 2000 unités dont 700 qui emploient plus de 10 personnes , soit 12 % du nombre des entreprises à l'échelle nationale. Pour sa part le secteur tertiaire, connu pour son dynamisme, rayonne sur le centre et le sud du pays, comptant 11% des locaux de commerce à l'échelle nationale. Sans compter l'artisanat, fort de ses 20 000 professionnels au savoir-faire reconnu. D'autre part, en tant que pôle énergétique, la région de Sfax participe à raison de 35 % de la production nationale de pétrole brut et de 75 % de la production nationale de gaz naturel. Sfax est aussi un pôle universitaire qui compte 22 institutions de l'enseignement supérieur et aux environs de 45 000 étudiants.
Autant de contributions majeures au processus de développement du pays de nature à conférer à la région de Sfax un poids et une dimension proportionnels.
Le revers de la médaille
Cependant, cette face bien lumineuse et attractive qui en jette, comme on dit, cache bien des paradoxes traduits par les signes évidents d'essoufflement que la région laisse entrevoir et qui ne manquent pas constituer des facteurs de frustration pour les Sfaxiens, dépités par cette régression attribuées à une volonté délibérée des décideurs politiques à travers les décennies.
Essoufflement évident
Sfax offre en effet, l'image d'une ville en perte de vitesse et de compétitivité sous l'effet conjugué des retards cumulés dans la réalisation des projets, la migration du capital privé vers d'autres destinations plus attractives comme la Capitale et la faible implication des pouvoirs publics dans l'effort de développement économique et urbain.
Revendications en profusion
Autant dire que la tâche des futurs élus de la région est loin de s'apparenter une sinécure. Autant comprendre la profusion de revendications ,d'ailleurs des plus légitimes, dont les candidats aux élections sont submergés , à commencer par le droit des habitants à un cadre de vie sain, sachant que la question environnementale revêt un intérêt public primordial, dans la mesure où, une fois la question environnementale résolue, l'une des principales entraves à l'investissement sera quasiment levée. Or, pour le moment, aussi bien l'air que le littoral continuent de faire l'objet d'agressions et de dégradations continues, en attendant le transfert pour le moins problématique de la SIAPE.
Projets voués à l'inertie
Deuxième revendication des Sfaxiens, l'accélération de la réalisation des projets déjà très anciens, réalisation constamment remise aux calendes grecques . IL n'y a pas à vrai dire que le projet Taparura, appelé pompeusement « Projet du siècle » dont l'achèvement traîne depuis longtemps, il y en a aussi 13 autres qui tardent à voir le jour parmi lesquels figurent la Cité sportive, l'abattoir municipal, l'autoroute Sfax-Gabès, et une zone industrielle à Agareb.
Infrastructure de base, thème majeur des récriminations
L'état de l'infrastructure de base est également un autre motif de plainte pour les citoyens de la région, en butte à des problèmes de vétusté et de dégradation des routes. Outre ses retombées négatives sur les exportations du fait des retards qu'il entraîne sur l'acheminement des cargaisons par voie terrestre vers l'aéroport Tunis-Carthage, le mauvais état du réseau routier se répercute sur le coût de la logistique qui a grimpé de 11% à 20% en 2014, en raison des détériorations subies particulièrement par les moyens de transport. Volet infrastructure de base, outre la vétusté, il y a lieu de mentionner le problème inadaptation, comme c'est le cas des canalisations des eaux pluviales ou d'évacuation des eaux usées. De sorte qu'à l'occasion des précipitations, la ville inondée se transforme en un lac boueux où s'immobilisent les véhicules et où pataugent les piétons.
Transport, à défaut d'un plan directeur...
Chapitre transport, la métropole souffre d'un état d'engorgement irritant de la circulation, particulièrement aux heures de pointe, faute d'échangeurs et de voies adaptées au flux considérable et toujours croissant de véhicules, ce qui rappelle l'urgence de la réalisation du projet de métro, dont le retard soulève bien des interrogations.
Il n'est pas possible non plus d'évoquer le volet des transports sans rappeler la nécessité de développer l'aéroport et le port de commerce sous-exploités dont le trafic ne répond pas actuellement aux besoins ni à la demande croissante de la région.
Santé, encombrements et prestations bancales
L'infrastructure sanitaire n'est pas non plus exempte de tous reproches. Le secteur se caractérise par la détérioration alarmante des services de santé et la persistance sinon la complication des problèmes structurels. Motif de plaintes, l'état des structures sanitaires y compris les deux CHU de la région devient de plus en plus préoccupant : la disparité criarde de la carte de santé le délabrement des bâtiments, la vétusté ou le manque flagrant d'équipements, le déficit en personnel surtout paramédical, l'encombrement dans le service d'urgences, l'espacement incroyable des rendez-vous, la pénurie des médicaments, le retard dans l'exécution des projets de constructions ou de maintenance, en sont les traits dominants. Outre bien entendu les autres dysfonctionnements qu'il n'est pas possible
Le déséquilibre métropole- villes satellitaires
Si les habitants des zones rurales et des villes satellitaires du gouvernorat partagent les mêmes soucis et les mêmes aspirations que leurs voisins de la métropole, il n'empêche qu'ils ont motif de se plaindre des écarts profonds entre leurs zones d'habitation et cette même métropole : aux difficultés de déplacement, au défaut d'adduction à l'eau potable, à l'inertie économique et sociale, au chômage et au dénuement, s'ajoute la fragilité sécuritaire illustrée par l'ampleur du phénomène de vol de bétail et de la récolte d'olives., difficile à juguler vu l'étendue géographique de la région et la modestie des moyens mis à la disposition des sécuritaires.
Insécurité et taux de criminalité
A un degré nettement moindre, l'insécurité est ressentie également à Sfax ville, particulièrement aux alentours des établissements scolaires où sévissent des bandes de voyous. Mais le phénomène dont on plaint le plus a trait aux vols de voitures et aux braquages. Sfax enregistre en effet une augmentation du taux de criminalité et du nombre d'atteintes aux bonnes mœurs, phénomènes qui atteignent un seuil particulièrement effarant.
Jour de colère
Et dire que cette revue des problèmes dont souffre la région de Sfax est loin d'être exhaustive ! C'est ce qui explique d'ailleurs le jour de colère organisé il y a quelques semaines par l'association « Sfax Tahlem », ou Sfax qui rêve. Moncef Khemakhem, membre de l'association précise que la journée intervient en signe de protestation contre la marginalisation que subit le gouvernorat depuis des décennies. Selon lui là le bât blesse c'est que le gouvernement actuel compte reconduire le modèle de développement instauré du temps de l'ancien régime, modèle qui désavantage la région de Sfax et en profite à d'autres. Khemakhem cite à ce propos l'option qui se précise de faire d'Enfidha la future capitale économique du pays, avec des projets grandioses, statut que la ville de Sfax tient jalousement à préserver mais qu'elle voit lui échapper progressivement, « Ce qui approfondit la déception des Sfaxiens et leur sentiment de frustration, eux qui assistent avec amertume à la dégradation continue de la situation de leur région , région souffrant déjà du manque de projets de développement et d'investissement en plus de la détérioration des équipements existants. De quoi, accroître la régression de la métropole de Sfax, réduire son rayonnement et anéantir son rêve de servir de locomotive pour les régions voisines, », regrette le porte-parole de l'association « Sfax Tehlem ».
Une région tournée vers l'avenir
Pour terminer sur une note optimiste, disons que grâce à ses potentialités énormes- y compris en matière de tourisme d'affaires, de tourisme écologique, de tourisme de santé et de tourisme culturel- la région de Sfax peut envisager l'avenir avec beaucoup de confiance. D'autant plus qu'elle a un rendez-vous majeur, celui de Capitale de la Culture Arabe, qu'elle dispose de chances sérieuses pour organiser les Jeux Méd 2021 et que son dossier d'inscription au patrimoine mondial de l'humanité a toutes les chances d'être admis.


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