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Au-delà de la blessure physique, la souffrance morale
Publié dans Le Temps le 08 - 01 - 2015

Farah a aujourd'hui 7 ans, l'âge du bonheur et de l'insouciance. Loin d'être un long fleuve tranquille, la vie de cette petite fille a basculé en 2009 lorsqu'elle a malencontreusement ingéré de la soude dans son domicile à Jerba. Un accident domestique lourd de conséquences pour Farah qui a perdu sa lèvre inférieure. Ses mâchoires sont depuis contractées en permanence et sa phonation en a été altérée. La petite fille ne s'alimente plus que de liquides. Conséquence directe de ces séquelles handicapantes: Farah n'a pas pu être scolarisée comme ses pairs et souffre de troubles psychologiques qui l'isolent du monde extérieur. Mal dans sa peau, la fillette n'a pu réussir son intégration sociale et redoute le regard des autres. D'après une spécialiste en chirurgie maxillo-faciale et plastique, pas moins de trois interventions sont nécessaires pour que la petite fille retrouve son apparence d'antan et reprendre le cours tranquille de sa vie. Une association intitulée « Un sourire pour Farah » a été créée pour apporter un soutien psychologique à la fillette mais aussi pour aider ses parents à collecter la somme nécessaire pour pouvoir l'opérer à l'étranger.
Brûlures, chutes et autres risques d'accidents
Près de 20% des accidents en Tunisie sont domestiques. Si personne n'est pas tout à fait à l'abri du danger, les enfants et les personnes âgées sont tout particulièrement concernés par ce phénomène. En tête des accidents domestiques les plus répandus, les brûlures thermiques provoquées par un liquide (89 % des cas) ou par une source de chaleur. Mais il ne faut pas sous-estimer les risques de chute, blessure, morsure, électrocution, asphyxie, coupure et intoxication. Malgré les précautions prises, le risque demeure toujours présent car il suffit presque toujours d'un moment d'inattention ou de distraction pour que l'incident survienne. Les cuisines et les salles de bain sont les pièces où le risque d'accidents est le plus élevé. En hiver, le risque d'asphyxie par dioxyde de carbone est accru à cause de l'utilisation du chauffage. Lorsqu'il est en excès dans une pièce, le monoxyde de carbone pénètre dans les poumons et s'attaque au cerveau en premier en perturbant le transport de l'oxygène jusqu'à cet organe vital. Parmi les premiers signes d'asphyxie « zanzana », les céphalées, la nausée, la sensation de vertige... Dans un communiqué publié le 30 décembre dernier, le Ministère de la Santé a recommandé aux citoyens de procéder à l'entretien de leurs équipements de chauffage et de veiller à bien aérer les chambres pendant le sommeil. En cas de migraine accompagnée de vertiges et d'alanguissement, il est conseillé de se diriger aussitôt vers le centre de soin le plus proche.
Brûlures de longue date
Selon la nature et la gravité de l'accident domestique, une hospitalisation, une rééducation fonctionnelle, voire même des soins intensifs prolongés sont parfois nécessaires pour le rétablissement de la victime. Mais pire que les commotions et les blessures physiques, le choc émotionnel qui engendre bien souvent un état de stress post-traumatique durable et une véritable détresse psychologique. Hantée par l'accident survenu, la personne en garde de nombreuses séquelles aussi bien morales que physiques. Aymen, un jeune homme de 33 ans a enduré cette épreuve pendant de longues années avant de pouvoir se reconstruire. Alors qu'il n'avait que deux ans, une marmite remplie d'eau chauffée à plus de 100 degrés s'est déversée sur son corps. Bien heureusement, le petit Aymen avait couvert son visage de ses mains. Mais si sa vue n'a pas été altérée, l'enfant a tout de même été atteint au niveau du menton et des bras par l'eau bouillante qui lui a brûlé la peau au troisième degré. Toute son enfance, il sera le souffre-douleur de ses camarades et endurera leurs moqueries, leurs mots blessants et leur méchanceté gratuite. Faute de moyens, Aymen n'a pas pu être opéré à temps pour subir une greffe qui aurait permis à son bras de retrouver son aspect initial. Pendant longtemps, il portera hiver comme été des pulls à manches longues, même à la plage. D'ailleurs, il ne nageait qu'à la tombée de la nuit. Obsédé par ses brûlures, Aymen en devenait nerveux, taciturne, mélancolique... Un rien le faisait sortir de ses gonds et lui faisait perdre son calme. Lui aussi redoutait le regard des autres, surtout celui des filles. Mais il y a près de deux ans, le jeune homme a décidé de s'assumer physiquement et de ne plus penser à ses brûlures. Retrouvant goût à la vie, il s'est épanoui et a même trouvé l'amour, chose impensable pour lui il y a quelques années encore.
La force de s'en sortir
Si Aymen a eu le courage de s'en sortir et de dépasser cette épreuve, beaucoup de victimes d'accidents domestiques lourds restent murés dans le silence et cloîtrés dans leur malheur. Outre la douleur physique, la souffrance morale reste vive. C'est pourquoi les soins médicaux prodigués doivent impérativement être accompagnés d'un suivi psychologique très rapproché. Pour ces personnes, la parole reste le seul moyen salvateur pour se libérer de leurs angoisses et extérioriser leurs démons.


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