Pour les amateurs de la céramique d'art de Sidi Kacem Jellizi, les rencontres internationales sont devenues une véritable tradition. Ils sont de diverses nationalités à participer à ces rencontres qui ont démarré depuis le 2 septembre au CNCA Sidi Kacem Jellizi ; certains artistes découvrent notre pays pour la première fois, comme l'Irakien Waleed R. Qaisi, le Portugais, José Ramos ou l'Iranien, Abbes Akbari. D'autres ont eu l'occasion de tisser des relations avec la Tunisie dés leur jeune enfance, comme la Française, Chris Krainik Bellengé. Sans oublier, la participation d'illustres noms venus d'Espagne : Myriam Jimenez Huertas, Xavier Monsalvtje et Xohan Viqueira Perez ; d'Egypte: Diaa Eldin Daoud ; de Turquie: Ödul Itman et Nurtaç çakar et nos artistes locaux (de Tunis, Sfax et Kerkennah), Sarra Ben Attia, Fethia Saidani, Feteh Benameur, Ghazi Zalila, Salah Ben Amor, Rabeb Rouissi...à leur tête, Mohamed Hachicha, directeur du CNCA qui a su rendre à l'art de la céramique en Tunisie, ses lettres de noblesse. Et comme à l'accoutumée, un programme fort édifiant a été mis en place par les organisateurs à l'occasion de cet événement, devenu un rendez-vous incontournable entre artistes de diverses sensibilités et tendances et le public qui a pris l'habitude de se rendre en masse sur les lieux. Outre les ateliers de façonnage ponctués d'échange et de confrontation d'expériences, les artistes participants ont été invités dimanche 06 septembre à une visite guidée au musée du Bardo qui conserve encore les traces de l'acte terroriste du 18 mars 2015 ... Nous avons été surpris de ne trouver sur les lieux, qu'une poignée de touristes de l'Europe de l'Est... Les Tunisiens, NIET !!! Un musée sans vie où seul le personnel renforcé par les agents de sécurité, était présent, tout le reste est silence... Et pourtant, on était à notre premier dimanche du mois, et l'entrée au musée est gratuite, comme le stipule le règlement. Une escapade au GDA, (Groupement de Développement Agricole, Sidi Amor à Borj Touil, tenu par Dr Taieb Ben Miled), a détendu l'atmosphère avec ces champs magnifiques s'étendant à perte de vue, réputés pour les jardins de roses. Des petits projets de production florale sont en train de voir le jour et un atelier de céramique a été réalisé grâce à l'agence de la coopération turque et l'assistance bénévole d'experts en la matière, dans le cadre d'un éco-village d'arts et métiers. Hier, lundi, 07 septembre, une virée à Nabeul, son musée et ses ateliers de potiers traditionnels, puis à Hammamet, pour une halte à Dar Sébastien. Aujourd'hui, mardi 08 septembre, retour des artistes au centre National de la Céramique d'Art pour cuisson et émaillage avant de se rendre au musée de Carthage le vendredi 11 septembre et la cérémonie de remise des attestations de participation à « Le Moulin », Soliman. Le clou du Symposium international aura lieu le samedi 12 septembre avec l'exposition des travaux et cérémonie de clôture prévue à 16HOO. Les sessions se succèdent mais ne se ressemblent pas, et chacune d'elles, laisse traces et empreintes aux formes et couleurs magiques qui donnent un autre souffle au mausolée de Sidi Kacem Jellizi ; une Zaouia située à la lisière de la médina de Tunis. « Bâtie au cours de la deuxième moitié du XVe siècle, elle est la demeure de Sidi Kacem Jellizi, un saint tunisien né dans une famille de migrants andalous ayant séjourné à Fès avant de s'installer dans l'Ifriqiya hafside. Surnommé Jellizi, en référence à son métier de fabricant de zelliges qu'il exerce avec une habileté rare, il est connu pour sa grande piété, sa bienfaisance et sa générosité. Mort en 1496, Jellizi est enterré dans la bâtisse décorée par ses propres soins ou ses disciples spirituels et artistiques... » C'est dans ces lieux qu'on a auguré en 1992, le Centre National de la Céramique ; un musée présentant une belle collection de céramiques et de faïences, tant locales qu'importées dont, de beaux exemples de faïences bleues de l'Empire ottoman, mais également, d'anciennes stèles funéraires islamiques. Parmi les pièces remarquables, figurent une céramique hafside issue de la kasbah ou de Raqqada et de l'artisanat de Kallaline. En somme, un petit joyau parmi les joyaux de notre patrimoine culturel et artistique, tenu des mains de maitre par son directeur, Mohamed Hachicha et son équipe. Bon vent !