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Publié dans L'expert le 07 - 09 - 2009

L'émergence de la Chine comme nouvelle puissance économique dans le monde entraîne des bouleversements en Afrique.
Jadis contrôlée économiquement et politiquement par l'Occident, de nombreux pays africains nouent aujourd'hui des partenariats économiques avec les puissances émergentes.
La France, qui a longtemps fait de ce continent, essentiellement dans son ancien domaine colonial, une sorte de pré-carré, se trouve en concurrence évidente avec des nouveaux venus. Le contrôle économique du continent noir et l'exploitation de ses ressources naturelles sont devenus un enjeu mettant en opposition les intérêts de grandes puissances.
En accédant à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama a annoncé clairement son souhait de faire du continent africain une priorité de sa politique étrangère. La visite en cours de sa Secrétaire d'Etat sur le continent s'inscrit dans l'ordre de cette priorité.
Au moment où de plus en plus de voix s'élèvent pour poser le problème du développement de ce continent et de sa gouvernance, il nous parait important d'analyser les différentes stratégies entreprises par ces puissances conquérantes afin d'en dégager les convergences avec les besoins propres à l'Afrique.
Des stratégies de coopération
Il n'est point besoin de revenir sur le mode opératoire de la France en Afrique. A titre de rappel, on peut souligner que la stratégie française en Afrique s'appuie sur l'aide au développement, la connivence avec les régimes en place et une exploitation incommodante des richesses naturelles.
Quant à la Chine, elle fonde sa stratégie sur deux niveaux : le financement à des conditions intéressantes des gouvernements en place dans les pays où elle s'installe, obtenant en contrepartie la direction des projets d'infrastructures, ou la concession d'exploitation des ressources naturelles à travers ses firmes. Elle affiche le plus souvent une sorte de neutralité sur la gestion interne des Etats par les dirigeants africains.
La stratégie de la nouvelle administration américaine est, quant à elle, en construction. Elle a été énoncée par le président Obama à Accra. La proposition américaine met l'accent sur deux piliers : la démocratisation des Etats africains et leur bonne gouvernance d'une part ; le renforcement des échanges économiques dans le cadre d'un partenariat responsable et respectueux de l'autre.
Bien que leurs stratégies soient différentes, on peut considérer que les puissances opérant en Afrique sont mues par des intérêts économiques propres. Leur participation au développement de ce continent relève du simple discours officiel, d'une simple stratégie d'implantation ou de coopération. C'est une participation incidente et non volontariste.
Il convient donc à l'Afrique d'approuver, du moins sur le plan théorique, la stratégie la plus en phase avec ses propres besoins vitaux, avec son progrès.
L'Afrique face au paternalisme français
Il serait naïf d'aborder cette question sans suggérer de distinguer les intérêts des dirigeants en place en Afrique avec ceux du peuple.

Les premiers ont des intérêts liés à la préservation de leur pouvoir, le développement économique des Nations qu'ils dirigent ne constituant pas, a proprement parler, une priorité.
En revanche, leurs peuples, longtemps opprimés, aspirent tout naturellement à plus de droits, de liberté, de transparence dans la gestion des Etats. Ils aspirent à la démocratie.
L'Afrique veut sortir du joug de la Françafrique et nous avons déjà fait la démonstration de l'inopérabilité, de l'inadéquation de cette Françafrique avec l'instauration de systèmes de gouvernement démocratiques en Afrique.
La question est donc de savoir si la France peut faire converger ses intérêts avec cette sortie et définir les contours d'une nouvelle relation intégrant l'aspiration des africains à la démocratie et à la bonne gouvernance.
Pour l'heure, nous considérons que les mécanismes de coopération offerts par la France sont totalement inadaptés à la demande de l'Afrique. Les africains sont fondés de refuser d'en partager et la philosophie, et la pratique.
Le pragmatisme chinois
Quant à la Chine, elle semble bénéficier d'un accueil favorable en Afrique, notamment auprès des dirigeants africains. L'Afrique a grand besoin des capitaux chinois, de ses investissements mais aussi de son offre de produits « bon marché ».
Seulement, si l'on considère que la transparence, la bonne gouvernance et la démocratie sont pour l'Afrique des facteurs clés du développement, en se faisant le partenaire de systèmes de gouvernement corrompus et non transparents, la démarche chinoise heurte la sensibilité de l'opinion publique africaine, très attachée de nos jours à l'émergence de systèmes de gouvernements responsables, transparents, respectueux des droits et libertés des citoyens.
Dans les Etats d'Afrique comme le Ghana, le Liberia, l'Afrique du Sud, où l'expérience démocratique tend à s'enraciner, le partenariat chinois est intéressant. Par contre il l'est moins, pour l'intérêt des populations, dans les nombreux Etats où règnent encore des régimes autocratiques corrompus.
Le volontarisme américain
La nouvelle doctrine du « partenariat responsable » énoncée par les autorités américaines semble aller dans le sens d'une implication transcendant la simple exploitation des ressources naturelles, le simple financement ou la seule exécution des projets d'infrastructures.
En déclarant que « le développement dépend de la bonne gouvernance… En ce 21eme siècle, des institutions capables, fiables et transparentes sont la clé du succès », le président américain avait annoncé la couleur de ce que les régimes de gouvernement devaient évoluer vers plus de transparence et de démocratie en Afrique.
Cette incursion du discours américain sur le terrain des politiques intérieures des Etats africains est à notre avis l'apport majeur qui distingue la démarche américaine de celles des autres acteurs. D'ailleurs elle ne serait pas sans lien avec le soutien que recueille l'Amérique auprès des peuples d'Afrique, au regard des sondages les plus récents publiés sur le sujet.
Conformes à leur pragmatisme économique habituel, les Etats-Unis soulignent donc la nécessité d'un échange « gagnant-gagnant » avec leurs partenaires africains dans un « new deal » en construction, appuyé sur une exigence de bonne gouvernance des Etats
C'est, à notre avis, la seule offre de partenariat crédible et globale à ce jour.
Cette démarche ne manque pas d'intérêt. Elle constitue une différence notable entre les différents acteurs en œuvre sur le continent africain.
Elle est d'autant plus importante que seul un environnement démocratisé peut offrir le cadre d'un partenariat sérieux et responsable.
En attendant de passer du discours à la réalité.


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