L'économie américaine a enregistré un léger recul au premier trimestre 2025, selon les dernières données actualisées publiées jeudi 29 mai par le ministère du Commerce. Le produit intérieur brut (PIB), en rythme annualisé – indicateur privilégié aux Etats-Unis – s'est contracté de 0,2 %, contre une première estimation annoncée fin avril à -0,3 %. Cette révision minime à la hausse a néanmoins surpris les analystes, qui ne s'attendaient à aucun ajustement, d'après le consensus recueilli par le site Briefing. Ce recul reste cependant symbolique : il équivaut à une baisse inférieure à 0,1 % par rapport au trimestre précédent. Il s'agit néanmoins de la première contraction trimestrielle de la première économie mondiale depuis 2022, après une fin d'année 2024 pourtant marquée par une vigueur économique notable. Importations massives et dépenses publiques en recul Le ministère du Commerce attribue ce repli du PIB à deux principaux facteurs : * une hausse significative des importations, qui représentent une soustraction mécanique dans le calcul du PIB, * et une baisse des dépenses publiques, tant fédérales que locales. Si les investissements privés ont finalement été revus à la hausse, cette dynamique a été en partie neutralisée par une révision à la baisse des dépenses de consommation, un pilier traditionnel de la croissance américaine. Un contexte biaisé par la politique commerciale de Trump Pour nombre d'économistes, cette contraction ne constitue pas un signal de ralentissement structurel. Elle serait avant tout la conséquence directe de la flambée des importations observée en début d'année, provoquée par l'anticipation de nouveaux droits de douane promis par le président Donald Trump. "Les chiffres du premier trimestre sont toujours brouillés par ces achats massifs à l'étranger en amont des hausses tarifaires", explique Bernard Yaros, analyste chez Oxford Economics. En d'autres termes, ce n'est pas la demande intérieure qui flanche, mais bien une distorsion statistique causée par la ruée vers les produits étrangers, avant l'entrée en vigueur d'une vague protectionniste. Des perspectives assombries malgré tout Même si la menace d'une récession immédiate semble s'éloigner, plusieurs signaux économiques invitent à la prudence. L'indicateur de la demande intérieure finale pour les biens et services produits aux Etats-Unis est désormais jugé plus faible que prévu, selon Oxford Economics. Par ailleurs, l'impact des mesures protectionnistes de Donald Trump pourrait ralentir durablement l'économie américaine, notamment en perturbant les chaînes d'approvisionnement et en faisant grimper les coûts pour les entreprises et les consommateurs. En toile de fond, la validité juridique de cette stratégie commerciale est remise en question : un tribunal américain a statué cette semaine que le président ne disposait pas des pouvoirs nécessaires pour imposer des droits de douane uniformes, quels que soient les produits. L'administration a immédiatement fait appel de cette décision, alimentant l'incertitude économique. Ainsi, si la révision du PIB américain pour le premier trimestre 2025 réduit légèrement l'ampleur du recul initialement annoncé, les signaux économiques restent fragiles. La croissance américaine est en suspens, oscillant entre les effets passagers d'une politique tarifaire agressive et les incertitudes juridiques qui pèsent sur la stratégie de l'exécutif. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la capacité de rebond de la première puissance mondiale. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!