Le ministère de l'Industrie, des Mines et de l'Energie a franchi un pas décisif ce lundi 2 juin 2025 vers la construction d'un nouveau pilier de développement pour la Tunisie : une stratégie nationale dédiée au domaine maritime. Présidée par la ministre Fatma Thabet Chiboub, en présence du secrétaire d'Etat à la transition énergétique Wael Chouchane et de la secrétaire générale aux affaires maritimes Asma S'hiri Laabidi, la réunion s'est articulée autour des grandes orientations de la future stratégie 2030-2035 pour un « espace maritime intégré et durable ». La vision annoncée repose sur l'affirmation d'un économie bleue forte, alliant croissance économique, durabilité environnementale et souveraineté énergétique. Les priorités énoncées s'articulent autour du renforcement du transport maritime, de l'investissement dans les énergies renouvelables offshore, de l'intégration industrielle et du soutien aux industries navales et halieutiques. Parmi les propositions de la ministre figurent la création de plateformes logistiques multimodales, la modernisation des réseaux de transport entre ports, zones industrielles et bassins de production de phosphate, ainsi que la promotion de nouvelles chaînes de valeur autour de la transformation et la mise en boîte de produits de la mer, sans oublier la construction navale. Pour accélérer l'attractivité du secteur, la ministre a plaidé en faveur d'un allègement des procédures administratives et douanières, ainsi que d'une mise à jour des textes régissant la construction de navires en Tunisie. L'accent a aussi été mis sur le renforcement de la formation dans les métiers de la mer et la nécessité de campagnes promotionnelles internationales visant à capter des flux d'investissements étrangers. Dans le cadre des enjeux énergétiques, Fatma Thabet Chiboub a également évoqué l'importance croissante des activités maritimes dans la stratégie nationale de sécurité énergétique. Elle a souligné la préparation d'un projet de loi encadrant les obligations environnementales des sociétés pétrolières en mer, notamment en matière de traitement des frais d'abandon des sites et de protection du milieu marin. La réunion a aussi mis en lumière la volonté d'un changement structurel vers un modèle économique côtier intégré, avec notamment la création de zones franches multifonctionnelles près des grands ports, l'implantation de centres de recherche et de formation en technologies marines, ainsi que la mise en place de corridors maritimes régionaux à travers des partenariats avec les pays méditerranéens et africains. Enfin, la ministre a exprimé l'ambition de la Tunisie de bâtir des coopérations avec des partenaires stratégiques internationaux, citant notamment le Japon et la Corée du Sud, reconnus pour leur expertise maritime et technologique. À travers cette première pierre posée pour une stratégie maritime nationale, la Tunisie ambitionne de faire de son littoral non plus une simple façade ouverte sur le monde, mais un levier de croissance et de souveraineté durable, pleinement inscrit dans les dynamiques géoéconomiques régionales. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!