Dans un geste fort et symbolique, le Syndicat général CGT des ouvriers dockers et des personnels portuaires du Golfe de Fos a annoncé, dans un communiqué daté du 4 juin 2025, son refus catégorique de charger un conteneur suspect à destination d'Israël. Celui-ci contenait 19 palettes de maillons produits par Eurolink, une entreprise marseillaise, présentés comme des composants de fusils mitrailleurs destinés à l'armée israélienne. Les dockers affirment avoir été alertés par plusieurs réseaux associatifs quant à la destination militaire de ce matériel, censé transiter par le port de Marseille-Fos pour rejoindre le port israélien de Haïfa. Après vérification et alerte aux autorités compétentes, le conteneur a été mis de côté et ne sera pas embarqué, selon le syndicat. « Nous ne participerons pas au génocide en cours orchestré par le gouvernement israélien », clament les signataires, qui dénoncent l'hypocrisie d'un système où la France condamne publiquement les violences à Gaza tout en permettant indirectement l'acheminement d'équipements militaires vers l'armée israélienne. Ce refus de collaboration, clairement assumé, s'inscrit dans une position de solidarité avec la population palestinienne et un rejet des politiques guerrières, quelles qu'elles soient. « Nous sommes pour la paix entre les peuples. Nous sommes opposés à toutes les guerres », martèle le communiqué. Les dockers du Golfe de Fos rappellent que ce type de livraison contribue à la mort, la misère et l'exode de populations civiles, et affirment leur volonté de ne pas voir le port de Marseille-Fos transformé en relais logistique de l'armée israélienne. Cette prise de position intervient dans un contexte de plus en plus tendu, alors que la France affiche une position officielle critique vis-à-vis des opérations militaires israéliennes à Gaza, tout en continuant de permettre, voire d'autoriser, des exportations de matériel potentiellement utilisé contre des civils. Ce double discours est vivement critiqué par des syndicats, des ONG et une partie de la société civile qui dénoncent une forme de complicité indirecte dans les crimes de guerre. Ainsi, ce refus des dockers de charger des équipements vers Israël met en lumière les incohérences de la politique extérieure française, tiraillée entre diplomatie humanitaire et intérêts stratégiques. Il s'inscrit aussi dans une résistance ouvrière assumée face à la logique marchande et militaire, et relance le débat sur la transparence des exportations d'armement en France. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!