Le président américain Donald Trump a annoncé, mercredi 4 juin 2025, l'interdiction immédiate de délivrance de visas aux étudiants étrangers souhaitant intégrer l'université de Harvard, renforçant ainsi son bras de fer idéologique avec certaines institutions académiques jugées trop « progressistes ». Dans un communiqué diffusé par la Maison Blanche, le président affirme avoir « conclu qu'il est nécessaire de restreindre l'entrée aux ressortissants étrangers qui cherchent à participer exclusivement ou en grande partie à un programme d'études de l'université Harvard ». Cette décision s'applique non seulement aux nouveaux candidats, mais pourrait également conduire à la révocation des visas des étudiants internationaux actuellement inscrits dans l'établissement. Cette mesure radicale vient s'ajouter à une série d'initiatives visant les milieux universitaires, dans un contexte de tension croissante autour des prises de position politiques et des mobilisations étudiantes aux Etats-Unis. Harvard riposte et évoque une atteinte à la liberté d'expression Réagissant rapidement à cette annonce, Harvard a dénoncé ce qu'elle considère comme une mesure de représailles illégale, en violation directe du Premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d'expression. « Harvard continuera à protéger ses étudiants étrangers », a déclaré un porte-parole de l'université, soulignant que l'établissement, fondé en 1636 et régulièrement classé parmi les meilleures universités du monde, ne cédera pas aux pressions politiques. Une escalade dans le conflit entre Trump et les universités L'annonce intervient le même jour que la menace formulée par l'administration Trump de retirer l'accréditation à l'université Columbia, accusée, tout comme Harvard, de ne pas avoir suffisamment protégé les étudiants juifs pendant les manifestations étudiantes dénonçant les opérations militaires israéliennes à Gaza. Cette nouvelle directive sur les visas s'inscrit dans une logique offensive contre les établissements perçus par le pouvoir exécutif comme des foyers d'opposition idéologique. Donald Trump accuse plusieurs universités de propager des discours « extrémistes » de gauche, et de manquer à leur devoir de neutralité et de sécurité envers tous les étudiants. Des conséquences lourdes pour l'image et l'attractivité des universités américaines Avec cette mesure, Harvard devient la première université explicitement ciblée par une interdiction migratoire sous prétexte idéologique, soulevant des inquiétudes dans la communauté académique internationale. Pour rappel, les étudiants étrangers représentent une part significative du corps étudiant à Harvard et dans d'autres universités d'élite américaines, participant également à la vitalité intellectuelle et économique du pays. Alors que la prochaine rentrée universitaire est prévue dans moins de trois mois, l'annonce pourrait désorganiser les parcours de centaines de candidats internationaux et ouvrir un nouveau front juridique dans la bataille entre l'administration Trump et les milieux universitaires. Si aucune précision n'a encore été donnée sur les modalités d'application de cette mesure ni sur les recours possibles, de nombreuses organisations de défense des droits civiques et académiques s'apprêtent déjà à contester cette décision devant les tribunaux. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!