Alors que la dette extérieure de l'Afrique atteint des sommets inédits, un rapport d'Afreximbank révèle que six pays seulement concentrent 50% de l'encours total du continent en 2025. Cette concentration met en lumière la vulnérabilité de certaines économies majeures et interroge la soutenabilité du modèle de financement actuel. Grandes économies et endettement africain Selon les dernières données publiées par Afreximbank, la dette extérieure totale de l'Afrique s'élève à environ 1,16 trillion de dollars en 2023, représentant près de 60% de la dette publique totale du continent. Parmi les principaux détenteurs de cette dette figurent l'Afrique du Sud, l'Egypte, le Nigéria, le Maroc, l'Angola et le Mozambique, qui concentrent à eux seuls la moitié de l'encours extérieur africain. Cette situation s'explique par la taille de leur économie, leur poids démographique et leurs besoins massifs en financement pour des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, la santé et l'éducation. Une dynamique alimentée par plusieurs facteurs La montée de la dette extérieure en Afrique trouve ses racines dans la combinaison de facteurs structurels et de chocs récents. Depuis la crise financière de 2008, le ratio dette/PIB agrégé du continent a bondi de près de 40 points, atteignant 71,7% en 2023. Les chocs externes, tels que la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, ont creusé les déficits publics et accentué la dépendance aux financements extérieurs. Parallèlement, le resserrement des conditions financières mondiales et la hausse des taux d'intérêt ont renchéri le coût du service de la dette, notamment pour les pays qui empruntent sur les marchés internationaux à des taux souvent supérieurs à 10%. Conséquences sur les finances publiques Le poids croissant du service de la dette extérieure pèse lourdement sur les finances publiques africaines. En 2025, le service de la dette extérieure devrait néanmoins baisser de 13% pour atteindre 88,7 milliards de dollars, marquant la fin d'un cycle haussier entamé en 2009. Cette évolution s'explique par les efforts de restructuration engagés par plusieurs Etats et un environnement macroéconomique plus favorable, avec une baisse progressive des taux d'intérêt. Toutefois, la charge des intérêts reste élevée : en Afrique subsaharienne, elle représente en moyenne 3,4% du PIB sur la période 2025-2027, soit environ 20 milliards de dollars par an. Cette situation limite la capacité des Etats à investir dans les secteurs sociaux et les infrastructures, alors que les besoins demeurent immenses. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!