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France : Ce brillant étudiant tunisien en médecine a vécu un enfer, alors que le pays a besoin de milliers de Rayen Fakhfakh
Publié dans Tunisie Numérique le 02 - 01 - 2026

C'est la triste et navrante histoire de Rayen Fakhfakh, un brillant étudiant tunisien en cinquième année de médecine. Ses qualifications sont rares et la France, un pays qui vieillit, a plus que jamais besoin de ce jeune qu'elle a formé. Pourtant il n'est pas passé loin d'une expulsion après son refus catégorique – et il a bien raison – de se soumettre à une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Ses tourments sont ceux de milliers de pépites qui éclosent dans les universités françaises, des étrangers que les arcanes de l'administration française broient, par cynisme, par refus de suivre l'air du temps, par bêtise…
Rayen Fakhfakh fait partie de ces 6% d'étudiants étrangers en médecine que les Français devraient cajoler parce qu'ils manquent cruellement de praticiens, et pourtant… Le jeune homme natif de Sfax a débarqué dans le pays à l'âge de 12 ans. Il décroche un baccalauréat scientifique à 16 ans, avec la mention bien. Il est propulsé externe à l'hôpital Paul-Brousse (AP-HP), il s'illustre académiquement et prend la charge de trésorier du Tutorat santé Paris-Saclay pour épauler ses camarades dans la préparation des concours PASS et LAS.
Ce ne sont pas ses seuls faits d'armes, il sort du lot comme coach de basketball. Féru de guitare, il intègre une association musicale et participe à des projets humanitaires, tels que la construction d'une école au Togo (en Afrique), même si des entraves administratives le puirsuivent encore. «Je veux devenir chirurgien orthopédique et servir la France, ce pays qui m'a formé», confie-t-il, survolant ses déboires.
En mars 2025, après des nuits de garde éreintantes, la préfecture de Seine-Saint-Denis l'achève avec une OQTF, en expliquant qu'il «ne justifie d'aucune insertion professionnelle ni de perspective d'emploi» et n'a aucun lien familial dans le pays, faisant abstraction de ses deux frères résidant en France. «J'ai fourni un dossier complet avec toutes les preuves de mon insertion. J'ai vraiment l'impression que mon dossier n'a pas été lu», crie-t-il.
La première réponse officielle tombe fin mars 2025, Rayen, assisté par l'association «Réseau éducation sans frontières», dépose un référé en suspension. Lors d'une audience aux allures de torture, une juge sursoit l'OQTF en quelques heures, avec à la clé un titre de séjour provisoire jusqu'au 8 novembre 2025. Rayen peut souffler momentanément et poursuivre ses stages .
La magistrate qualifie la mesure préfectorale de «superficielle et stéréotypée», dénonçant l'absence de débat avec l'avocat de la préfecture, qui militait mordicus pour l'explusion du jeune homme. Pour ce dernier les choses ont commencé à basculer favorablement début juin 2025, grâce au battage sans précédent sur les réseaux sociaux. Le 5 juin, le Dr Jérôme Marty, président de l'UFML-S, poste ceci sur X : «On expulse un étudiant en médecine qui veut servir la France ? C'est absurde !».
Le message, lu plus de 625 000 fois en moins de 24 heures, est repris par des pontes de secteur médical tels que le Dr Mathias Wargon, urgentiste et le Dr Michael Rochoy, un grand défenseur de la santé publique. Des étudiants en médecine, des internes et même des patients se joignent au mouvement, diffusent des témoignages de soutien et des pétitions en ligne. La pression monte sur la préfecture…
Elle flanche le 6 juin 2025, Rayen obtient son titre de séjour d'un an, sur la base de sa vie privée et familiale, que les autorités lui déniaient au départ. Cette meusre spectaculaire, relayée par Le Quotidien du Médecin le jour même, annonce l'épilogue d'un calvaie administratif qui n'aurait jamais dû exister si les agents avaient correctement traité ce dossier.
Rayen est tiré d'affaire semble-t-il : «Je suis soulagé, je peux aborder les révisions des EDN plus tranquillement», commente-t-il, les yeux rivés sur les examens d'octobre 2025. Mais le Tunisien est l'arbre qui cache la forêt. Quelque 1500 à 2000 étudiants étrangers en médecine, soit 6% des effectifs, butent sur des écueils administratifs. Entre 10 et 15% des étudiants étrangers, dans toutes les disciplines, sont martyrisés par ces problèmes de titre de séjour.
Cela se passe dans un pays qui compte 3,36 médecins pour 1000 habitants, qui affiche 70% de communes ayant un déficit de généralistes et où 66% des praticiens ont plus de 55 ans, dans une population qui elle-même vieillit et dont les besoins en soins monteront crescendo. L'an dernier 3800 médecins diplômés hors Union européenne ont réussi les épreuves de vérification des connaissances. Et la pénurie est européenne.
Il n'y a aucune rationalité dans ce qu'a vécu Rayen Fakhfakh, un futur chirurgien orthopédique. Rien ne justifie les tourments qu'on lui a infligés alors que ces talents la France les débauche jusqu'à l'étranger, leur facilite l'obtention de visas pour garnir ses déserts médicaux et ses hôpitaux publics que les nationaux boudent de plus en plus au profit du privé. Ce sacerdoce est parfois très mal récompensé et explique sans doute que la grande majorité des médecins tunisiens expatriés ont des désirs de retour.
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