Le général Mohammad Hossein Bagheri, chef d'état-major des forces armées iraniennes depuis 2016, figure de proue de l'appareil militaire de la République islamique, a été tué dans la nuit du 13 au 14 juin 2025 lors des frappes israéliennes d'envergure contre plusieurs installations militaires stratégiques en Iran. Cette disparition, confirmée dans la matinée par des sources israéliennes et des rapports militaires, marque un choc profond au sein de l'architecture sécuritaire iranienne. Un architecte de la doctrine militaire iranienne Sous l'autorité directe du Guide suprême Ali Khamenei, Mohammad Bagheri occupait l'un des postes les plus sensibles du régime. Il coordonnait l'ensemble des branches des forces armées : l'armée régulière, les forces navales, l'aviation, ainsi que les forces paramilitaires telles que les Gardiens de la Révolution. Il était également à la manœuvre dans l'élaboration des doctrines de défense, notamment dans le développement du programme balistique iranien, pilier de la dissuasion stratégique de Téhéran. Un homme discret, mais influent dans l'ombre Peu médiatique, Bagheri était pourtant l'un des stratèges les plus écoutés du régime. Il jouait un rôle déterminant dans la mise en œuvre de la stratégie d'influence régionale de l'Iran, en coordonnant les interventions militaires ou les soutiens logistiques aux alliés de Téhéran en Syrie, Irak, Liban ou encore au Yémen. Sa vision : une présence militaire constante et asymétrique pour contrer l'influence occidentale et israélienne dans la région. Une cible prioritaire pour Tel-Aviv et Washington Son implication directe dans le développement de missiles à longue portée et dans les réseaux militaires transnationaux liés à l'Iran en faisait une cible de choix pour Israël et les Etats-Unis. Les autorités israéliennes ont d'ailleurs qualifié son élimination de « coup stratégique majeur ». Dans la même série de frappes, le général Hossein Salami, commandant en chef du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), a également été tué, illustrant la portée et la précision de l'opération surnommée « Rising Lion ». Une confusion initiale sur sa mort À l'issue des frappes nocturnes, les médias d'Etat iraniens ont d'abord démenti l'information selon laquelle Bagheri aurait été tué, affirmant qu'il se trouvait encore en salle de crise. Toutefois, des sources israéliennes ainsi que plusieurs rapports croisés ont confirmé son décès quelques heures plus tard, mettant fin aux spéculations. La disparition quasi simultanée de deux des plus hauts gradés du système militaire iranien risque d'entraîner un bouleversement profond au sein de l'état-major. Elle ouvre également une période d'incertitude quant à la continuité de la chaîne de commandement et au maintien de la cohérence stratégique iranienne. Risque d'embrasement régional À la suite de l'annonce officielle de sa mort, les Gardiens de la Révolution ont promis de venger leur général, renforçant la crainte d'une riposte militaire imminente contre Israël ou ses alliés. D'ailleurs, quelques heures après les frappes, l'armée israélienne a annoncé que l'Iran avait lancé 100 drones en direction d'Israël. Des sirènes ont retenti dans plusieurs régions du pays, alors que Tel Aviv a décrété l'état d'alerte. Dans une région déjà marquée par des tensions explosives, cette opération pourrait exacerber les risques de représailles et d'escalade militaire. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!