Des scènes de violence ont éclaté en Egypte contre des militants internationaux venus participer à la « Caravane du Soumoud », un mouvement de solidarité visant à briser le blocus imposé à Gaza et à exiger l'ouverture du point de passage de Rafah. Des vidéos largement relayées montrent des agressions physiques menées par des hommes identifiés comme des « baltaguias » (milices informelles), ayant provoqué plusieurs blessés. Parmi les personnes touchées figure Faruk Dincer, député turc du parti islamo-conservateur Hüda Par. Bien que son état de santé soit jugé stable, son parti a exprimé de vives inquiétudes quant à la sécurité des militants, en particulier des ressortissants turcs encore sur place, appelant les autorités d'Ankara à intervenir auprès du Caire pour mettre fin à ces attaques. Une manifestation de soutien s'est tenue vendredi soir devant l'ambassade d'Egypte à Ankara, pour demander la libération immédiate des activistes turcs arrêtés en Egypte. Expulsions et blocages en série La tension ne cesse de monter. Vendredi, les autorités égyptiennes ont intercepté et expulsé plusieurs ressortissants étrangers venus rejoindre la marche internationale vers Gaza. Cette mesure intervient après le blocage de la Caravane du Soumoud – partie de Tunisie – à proximité de la ville libyenne de Syrte, officiellement pour des raisons de sécurité. Plus de 4 000 participants issus de 50 pays ont été mobilisés dans le cadre de cette initiative pacifique. Selon les organisateurs, les forces de sécurité égyptiennes ont empêché au moins 40 personnes d'atteindre leur destination, confisquant leurs passeports et interdisant tout déplacement au-delà de 45 km du Caire. Malgré ces obstacles, les organisateurs réaffirment leur volonté pacifique, déclarant dans un communiqué : « Nous respectons pleinement la loi égyptienne. Nous appelons les ambassades à intervenir pour garantir notre liberté de circulation. » Une caravane tunisienne et maghrébine bloquée La caravane, forte d'environ 1 500 personnes venues de Tunisie, d'Algérie, de Mauritanie et de Libye, se compose de près de 20 bus et plus de 350 véhicules. Les participants prévoyaient de rejoindre Al-Arich via le Sinaï, avant de parcourir les 50 derniers kilomètres à pied jusqu'au poste-frontière de Rafah. La caravane est encore bloquée en Libye au niveau de Syrte. Le mouvement s'inscrit dans un large élan populaire dénonçant le blocus imposé par Israël sur les 2,4 millions de Palestiniens de Gaza, et appelle à rompre toute coopération avec le gouvernement Netanyahou, visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour génocide. Une crise humanitaire qui s'aggrave à Gaza Depuis la fermeture des points de passage par Israël en mars dernier, l'aide humanitaire, les médicaments et les carburants sont bloqués, aggravant une situation déjà catastrophique. La guerre, qui a éclaté le 7 octobre 2023, a causé plus de 182 000 victimes palestiniennes (morts et blessés), dont une majorité d'enfants et de femmes, ainsi que plus de 11 000 disparus. Alors que les frappes israéliennes continuent avec le soutien diplomatique des Etats-Unis, les actions de solidarité internationales se heurtent à des restrictions croissantes, y compris dans des pays voisins. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!