Le conflit entre Israël et l'Iran a franchi un nouveau seuil de violence entre samedi soir et dimanche 15 juin 2025. L'Iran a lancé plusieurs salves de missiles balistiques vers des zones urbaines israéliennes, causant la mort de six personnes et plus de 240 blessés selon les autorités israéliennes. La ville de Bat Yam, au sud de Tel Aviv, a été particulièrement touchée, avec plus de 20 personnes portées disparues sous les décombres d'un immeuble directement frappé. Selon la police d'Ayalon, les secouristes sont toujours à la recherche de survivants. 61 bâtiments ont subi des dommages, et une femme d'une vingtaine d'années a été tuée dans la région de Haïfa. Les attaques ont également visé Rehovot et Kiryat, provoquant de vastes dégâts matériels. Téhéran touchée à son tour : sites sensibles visés par Israël En réponse, Israël a mené des frappes ciblées sur la capitale iranienne, causant des dégâts dans un bâtiment administratif du ministère de la Défense, un centre de recherche, ainsi qu'un dépôt de carburant. Des attaques supplémentaires ont été signalées à Chiraz et Ispahan, selon les médias iraniens. Le centre de recherche du ministère de la Défense à Ispahan a notamment été touché, selon les autorités locales. L'armée israélienne a revendiqué avoir frappé 11 cibles majeures, dont des sites nucléaires, des plateformes de lancement de missiles et des centrales électriques, affirmant que la meilleure défense restait l'attaque. Frappes croisées et accusations diplomatiques Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé Israël d'avoir franchi une ligne rouge en ciblant des installations nucléaires, ajoutant que les Etats-Unis étaient complices. Il a précisé que l'Iran poursuivrait sa riposte « jusqu'à la fin des agressions », avertissant que toute escalade dans le Golfe serait un « erreur stratégique » aux conséquences régionales et mondiales. Selon lui, l'Iran a agi en légitime défense, en invoquant le droit international. Téhéran demande également une condamnation officielle de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) des frappes israéliennes contre ses installations civiles. Cibles israéliennes stratégiques sous tension : le cas de Dimona Dans une déclaration forte, un membre du parlement iranien a évoqué la possibilité de frapper le site nucléaire de Dimona, l'un des centres les plus sensibles d'Israël situé dans le désert du Néguev. Ce site, vieillissant selon plusieurs rapports, serait désormais vulnérable à des frappes précises. De son côté, l'armée israélienne a appelé à l'évacuation de toutes les installations nucléaires iraniennes, lançant un message d'alerte à la population iranienne et affirmant que toutes les infrastructures de soutien aux armes étaient désormais des cibles légitimes. Des missiles à haute technologie : l'arsenal iranien mobilisé D'après l'agence Fars News, l'Iran a utilisé des missiles balistiques tactiques guidés, à carburant solide et équipés de têtes hautement explosives. Les modèles mentionnés incluent les missiles Emad, Qader et Kheibar, tandis que l'agence officielle IRNA a révélé l'usage d'un missile hypersonique dans l'attaque sur Haïfa. Les attaques ont été menées en deux vagues : une première de 40 missiles a frappé plusieurs villes israéliennes dans la nuit de samedi à dimanche, suivie par une deuxième salve de 50 missiles, concentrée sur Tel Aviv, Rehovot et Bat Yam. Réactions internationales et situation humanitaire critique La situation à Tel Aviv est décrite comme « catastrophique » par la chaîne israélienne Channel 12. Environ 35 personnes seraient toujours portées disparues. La même chaîne rapporte que près de 40 % des habitants de Tel Aviv vivent dans des bâtiments sans abris conformes aux normes, ce qui aggrave les risques en cas d'attaque. À Bat Yam, les autorités ont dû mettre en place un centre spécial pour identifier les corps, tant les dégâts sont importants. La salle de presse du gouvernement israélien a confirmé la fermeture complète de l'espace aérien du pays au trafic civil, en raison du niveau de menace élevé. Le rôle des Houthis et les soupçons sur les Etats-Unis Le mouvement Ansar Allah (Houthis) au Yémen a revendiqué une attaque coordonnée contre des cibles israéliennes sensibles à Jaffa, en coordination avec les frappes iraniennes. Ce développement confirme l'internationalisation croissante du conflit. Par ailleurs, l'Iran accuse Washington d'avoir soutenu les attaques israéliennes, affirmant disposer de preuves de soutien militaire américain dans la région. Les Etats-Unis n'ont pas encore réagi officiellement. La situation reste tendue, avec des milliers de familles israéliennes et iraniennes sous les décombres, évacuées ou terrées dans des abris, et un risque majeur d'embrasement régional. Vers une guerre ouverte ou une issue diplomatique ? Alors que le ministre israélien Yisrael Katz promet de « poursuivre l'épuisement des capacités nucléaires iraniennes », Zeev Elkin, un autre responsable israélien, évoque pour la première fois l'éventualité d'un accord avec l'Iran, une fois la menace balistique traitée. Mais pour l'heure, les deux parties semblent déterminées à poursuivre les affrontements. Et si aucune médiation internationale urgente ne voit le jour, le risque d'un conflit régional de grande ampleur devient de plus en plus probable. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? 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