C'est un exploit dont il se serait volontiers passé : François Bayrou est officiellement le Premier ministre le plus impopulaire de la Ve République. À peine six mois après son arrivée à Matignon, il plafonne à 17 % d'avis favorables, selon le dernier baromètre Ipsos-Cesi publié par La Tribune Dimanche. Une performance qui le propulse au sommet d'un classement que personne ne souhaite vraiment remporter. Le président de la République Emmanuel Macron, de son côté, suit de près, avec 21 % de popularité, frôlant son propre record de l'hiver 2018, lors de la crise des gilets jaunes. Visiblement, l'exécutif a trouvé une certaine constance : celle de la chute libre. Bayrou, plus bas que Valls Il fallait oser détrôner Manuel Valls et Alain Juppé en matière d'impopularité. François Bayrou l'a fait. Avec seulement 17 % d'opinions favorables, le leader du MoDem signe une performance historique. Comme quoi, la constance dans la discrétion et l'absence d'annonces marquantes finit par se faire remarquer. Les électeurs de la majorité eux-mêmes semblent s'en détacher : les sympathisants Renaissance-MoDem-Horizons sont les plus nombreux à avoir tourné le dos au locataire de Matignon. Une loyauté politique à géométrie variable, mais au moins, on ne s'ennuie pas. Selon le directeur général délégué d'Ipsos, Brice Teinturier, les événements récents ont « nourri la colère ». Entre le drame de la surveillante poignardée dans un collège et les violences urbaines post-PSG (qu'on soupçonne d'avoir plus fêté les vitrines que le ballon), le contexte n'aide pas à créer une vague de confiance. Les ministres en haut du podium (oui, il y en a) Il reste tout de même quelques « survivants » dans le naufrage. Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau mène la danse avec 36 % de popularité, suivi de Gérald Darmanin (34 %), qui n'en finit plus de rester là où ça chauffe. Quant à Rachida Dati, elle a chuté à 13 %, mais ce n'est peut-être qu'un effet de style, comme son ministère. Bardella et Le Pen en embuscade Dans la course à la succession de Macron, Jordan Bardella (35 %) et Marine Le Pen (33 %) prennent la tête du classement. Le premier séduit une base qui semble déjà l'imaginer à l'Elysée, pendant que la seconde voit sa candidature incertaine, suite à une peine d'inéligibilité. D'ailleurs, selon ce sondage mené entre le 11 et le 13 juin sur 1 003 personnes, les électeurs RN commencent à s'habituer à l'idée que Bardella pourrait passer du TikTok politique à l'allocution présidentielle. Moralité ? Si François Bayrou cherchait à marquer l'histoire, c'est désormais chose faite. Mais avec 17 % de soutien, autant dire que même les bulletins météo font mieux dans les sondages. Et à Matignon, l'éclaircie n'est pas encore prévue… Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!