Alors que les combats continuent pour le troisième jour consécutif entre Israël et l'Iran, Téhéran a catégoriquement nié, ce dimanche 15 juin, avoir transmis la moindre requête ou message diplomatique à Israël via un pays tiers. Cette déclaration intervient après que le président chypriote, Nikos Christodoulides, a évoqué des contacts iraniens à propos de messages à relayer à Tel Aviv, sans en dévoiler le contenu. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a qualifié ces allégations de « totalement fausses », en pleine intensification du conflit. Les autorités de Chypre ont confirmé des échanges diplomatiques avec Israël, l'Iran, l'Egypte, les Emirats et la Grèce, sans pour autant détailler la nature exacte des messages. L'offensive continue : nouvelle vague de frappes israéliennes Israël a poursuivi dans la nuit ses frappes aériennes massives sur l'ouest de l'Iran, notamment contre des sites de missiles balistiques. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a confirmé l'élimination du chef du renseignement iranien et de son adjoint à Téhéran, soulignant que ces actions visent à anéantir les capacités nucléaires de l'Iran. Dans une interview sur Fox News, Netanyahou a affirmé que son pays ne cherchait pas à changer le régime iranien, mais n'a pas exclu qu'un tel scénario puisse être une conséquence indirecte de l'offensive. Il a ajouté : « Nous avons détruit la principale installation nucléaire de Natanz et frappé le réacteur d'Ispahan. Nous continuerons jusqu'à ce que l'Iran perde toute capacité nucléaire. » Trump aurait bloqué une tentative israélienne de frapper Khamenei Dans un contexte explosif, l'agence Reuters a révélé que l'ancien président américain Donald Trump aurait récemment opposé son veto à un projet israélien visant à éliminer le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Deux hauts responsables américains ont confirmé cette information, l'un d'eux déclarant : « Tant que des Américains ne sont pas visés directement, il est hors de question de cibler la direction politique. » Israël a formellement démenti cette version, qualifiant ces fuites de « fausses informations », via son ministre de la Défense Yoav Gallant. Le conseiller à la sécurité nationale israélien Tzachi Hanegbi a assuré qu'il n'existe aucun plan pour assassiner des dirigeants politiques à Téhéran. L'Iran promet des représailles sévères Le guide suprême iranien Ali Khamenei a averti qu'Israël paiera un lourd tribut pour ses attaques contre des dizaines de sites stratégiques en Iran, et pour l'assassinat de commandants militaires et de scientifiques nucléaires. « Le régime sioniste ne sortira pas indemne de ce crime », a-t-il martelé, promettant une réaction « dévastatrice » de la part des forces armées iraniennes. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a accusé Israël de vouloir entraîner d'autres pays dans une guerre régionale, en visant délibérément des civils, des femmes et des enfants. Il a qualifié l'action israélienne de tentative de torpiller toute voie diplomatique et a réaffirmé que la réponse iranienne était une opération défensive calculée. Un état d'urgence prolongé en Israël Le gouvernement israélien a approuvé la prolongation de l'état d'urgence national jusqu'au 30 juin. Cette mesure, introduite vendredi dernier par le ministre de la Défense Israel Katz, permet à l'exécutif d'adopter des règlements spéciaux en contournant la législation habituelle de la Knesset. La décision finale repose désormais sur la commission des Affaires étrangères et de la Sécurité du parlement israélien. Pendant ce temps, les autorités israéliennes affirment se préparer à de nouvelles attaques iraniennes dans les heures à venir. Chypre en alerte et en colère contre l'UE Située aux premières loges du conflit, Chypre a confirmé avoir observé des missiles iraniens dans son ciel vendredi et samedi. Le président chypriote a critiqué le manque de réactivité du Conseil des affaires étrangères de l'Union européenne, appelant à une réunion d'urgence. Il a également proposé d'aider à l'évacuation de ressortissants étrangers bloqués dans la région. « Il est inconcevable que l'Europe prétende jouer un rôle géopolitique tout en restant spectatrice », a-t-il déclaré aux journalistes. Désinformation, frappes et diplomatie sous tension Entre démentis officiels, éliminations ciblées et escalade verbale, la crise entre Israël et l'Iran prend des allures de conflit total, sans horizon de désescalade immédiat. Si les tentatives de médiation via Chypre se révèlent être de fausses pistes, les protagonistes semblent opter pour la démonstration de force plutôt que le dialogue. La communauté internationale, elle, reste divisée et silencieuse, face à un conflit qui menace d'embraser tout le Moyen-Orient. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!