Pourquoi certaines disputes fragilisent plus que d'autres ? Certaines disputes peuvent faire vaciller un couple, tandis que d'autres renforcent la compréhension mutuelle. Selon une étude menée pendant six ans par l'équipe de John Gottman à l'université de Washington, les couples les plus solides sont ceux où les maris sont capables d'écoute, de compromis et d'ouverture à l'émotionnel. Prenons l'exemple de Leïla et Karim. Quand Karim annonce qu'il part à la pêche avec ses amis, Leïla lui rappelle qu'elle compte sur lui pour préparer l'arrivée de ses amies. La dispute dégénère : il ne cède pas, elle s'énerve, il se replie sur lui-même. Aucun terrain d'entente, juste des reproches mutuels. Ce type d'interaction, marqué par la défensive, l'évitement et le refus d'écouter, est typique d'une faible intelligence émotionnelle. Le refus de faire un pas vers l'autre Les critiques, les colères et la mauvaise foi font partie du couple. Mais lorsque l'un des partenaires alimente constamment le conflit sans chercher la résolution, le lien se fragilise. Gottman souligne que 65 % des hommes aggravent les tensions au lieu de les apaiser. Refuser de considérer les besoins de l'autre, ignorer ses propos ou répondre avec mépris sont des signes d'un manque de volonté de compromis. Et cela vient souvent… des maris. Les femmes, même en cas de désaccord, tiennent compte des émotions de leur conjoint et ajustent leurs attitudes. Si l'homme ne fait pas de même, le risque de divorce grimpe à 81 %. Des différences qui remontent à l'enfance Dans l'enfance, les garçons sont encouragés à gagner, à ignorer la douleur ou la tristesse, et à continuer de jouer malgré tout. Les filles, elles, suspendent une activité si une des participantes est blessée ou en colère. Elles cherchent à rétablir l'harmonie avant de poursuivre. Ces habitudes créent des bases différentes pour la vie conjugale. Seuls 35 % des hommes possèdent naturellement un bon quotient émotionnel, alors que chez les femmes, cette compétence est généralement mieux développée. Un homme émotionnellement intelligent, un mari et un père meilleur Les hommes à faible intelligence émotionnelle redoutent de perdre le contrôle. Ils refusent de partager le pouvoir. Leurs compagnes, blessées, finissent par se refermer à leur tour. À l'inverse, un mari à haut QE prend en compte les sentiments de son épouse, lui donne de l'attention, l'écoute activement, met en pause ses propres activités pour la soutenir. Il valorise le « nous » au lieu du « je ». Il est aussi un meilleur amant, un meilleur partenaire, et un meilleur père. Un tel homme n'a pas peur de l'émotion. Il transmettra à ses enfants la capacité à accueillir leurs émotions et celles des autres. Sa femme se sentira comprise, aimée, écoutée, et tournera naturellement vers lui en cas de joie, de tristesse ou de désir. Comment aider son mari à développer son intelligence émotionnelle ? La psychologue Anastasia Menn conseille une approche douce et progressive. Plutôt que de forcer le changement ou d'imposer ses attentes, elle recommande de parler de ses propres émotions (« je suis triste », « je suis contente », « cela me touche »). Il est aussi utile de nommer les émotions de l'autre : « tu es frustré ? », « cela t'a fait plaisir, non ? ». On peut également l'aider à observer les émotions chez les autres : « tu as vu comme Sonia était contente ? », « Lotfi semble très affecté par cette nouvelle ». Enfin, il faut soi-même montrer l'exemple. Rire, pleurer, exprimer ses émotions sans crainte. C'est en voyant ces attitudes que l'autre apprend. L'intelligence émotionnelle n'est pas innée, mais elle peut se cultiver. Et dans le couple, elle est un véritable trésor. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!