À l'occasion du 80e anniversaire de la signature de la Charte des Nations unies, la Tunisie a réaffirmé son attachement indéfectible au multilatéralisme, tout en dénonçant les dérives unilatérales, les violations croissantes du droit international et l'affaiblissement progressif du rôle de l'ONU dans la régulation des conflits. Prenant la parole au nom de la Tunisie lors de la réunion informelle de l'Assemblée générale tenue le 26 juin 2025 à New York, l'ambassadeur Nabil Ammar, représentant permanent de la Tunisie auprès des Nations unies, a livré un discours à la fois lucide et engagé, soulignant que le système international actuel s'oriente dangereusement vers une instabilité structurelle, malgré les avancées réalisées grâce à l'existence de l'organisation. Une critique des logiques de puissance « Trop souvent, les décisions majeures qui affectent l'humanité et la planète sont prises en dehors de l'esprit de la Charte », a déclaré Nabil Ammar, en référence aux pratiques unilatérales et à géométrie variable de certains Etats puissants. Il a dénoncé les conséquences directes de cette logique : multiplication des conflits, affaiblissement des mécanismes de paix, et raréfaction des ressources pour le développement. Le diplomate tunisien a mis en garde contre un monde « sans l'ONU ou sans alternative crédible », qui deviendrait selon lui « une jungle où personne ne serait en sécurité ». La cause palestinienne au cœur du message tunisien Sans détour, la Tunisie a pointé les politiques de deux poids, deux mesures, les désignant comme les racines profondes des violations systématiques des droits du peuple palestinien, jusqu'à ce qu'il qualifie de génocide en cours. Pour Tunis, la paix ne peut être remplacée par la sécurité, et seule une économie fondée sur le progrès humain, et non sur la guerre, constitue une perspective viable et durable. Réaffirmant l'engagement historique de la Tunisie en faveur des principes fondateurs de l'ONU, Nabil Ammar a déclaré : « La Tunisie restera toujours parmi les défenseurs les plus engagés de la Charte des Nations unies et de son esprit. Aucun acte d'agression ou de guerre ne viendra jamais de notre part. Ce que nous disons est ce que nous faisons ou pouvons faire. » Il a par ailleurs mis en garde contre la domination des intérêts militaires ou financiers à court terme, estimant qu'ils ne devraient jamais guider les relations internationales. « Toutes les puissances militaires ont une durée de vie limitée, alors que les civilisations durables sont celles qui offrent des idées et de l'art à l'humanité », a-t-il rappelé. Un avertissement aux démocraties sélectives Dans une critique implicite, mais ferme, à certains pays occidentaux, le représentant tunisien a souligné l'incohérence de ceux qui prétendent défendre les droits humains pour leur propre population, tout en encourageant la violence et le chaos à l'extérieur de leurs frontières. Enfin, il a conclu en appelant la communauté internationale à ne pas répéter les erreurs qui ont conduit à la création de l'ONU, notamment les génocides et la destruction massive des civilisations durant les guerres mondiales. « L'histoire ne doit pas se répéter à une échelle plus vaste encore », a-t-il averti. Ainsi, la Tunisie, à travers la voix de Nabil Ammar, réaffirme sa fidélité aux principes universels de la Charte de San Francisco : égalité souveraine, paix durable, développement partagé et refus des logiques de domination. Dans un monde marqué par l'escalade des tensions et le recul du droit international, la diplomatie tunisienne appelle à un réveil collectif, à un recentrage autour du multilatéralisme, et à une réforme sincère du fonctionnement de l'ONU, avant que la planète ne bascule vers une nouvelle ère d'instabilité et de destruction systémique. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!