La cheffe du gouvernement tunisien, Sarra Zaafrani Zenzri, a prononcé ce mardi 1er juillet 2025 un discours fort et engagé au nom du président Kaïs Saïed lors de la séance inaugurale du 4e Conférence internationale sur le financement du développement, organisée à Séville par le Royaume d'Espagne en partenariat avec l'ONU. Face à un parterre de dirigeants, d'experts et de représentants d'organisations internationales, la représentante tunisienne a appelé à une refondation des mécanismes de coopération internationale, sur la base de la souveraineté nationale, de l'équité et du respect des spécificités de chaque pays. Une critique assumée du système financier mondial actuel Mme Zaafrani Zenzri a dressé un constat sans appel : le système de financement international tel qu'il existe « est devenu incapable de faire face aux défis économiques, sociaux, technologiques et environnementaux ». Les crises successives — pandémie de Covid-19, guerres, dérèglements climatiques — ont révélé l'inefficacité des dispositifs actuels et accentué les écarts entre pays riches et pays en développement. Elle a rappelé que les ambitions affichées lors de la conférence d'Addis-Abeba en 2015, censées concrétiser l'Agenda 2030 de l'ONU, sont restées largement lettre morte, faute d'un appui financier équitable. Un plaidoyer en faveur des droits des peuples La cheffe du gouvernement tunisien a mis l'accent sur un lien fondamental : « Il ne peut y avoir de développement durable sans justice et sans paix », a-t-elle affirmé, soulignant que la cause palestinienne reste un point noir dans la conscience mondiale. La non-réalisation du droit légitime du peuple palestinien à un Etat indépendant constitue, selon elle, un obstacle majeur à l'établissement d'un ordre international équitable. La vision tunisienne : résilience économique et justice sociale Sarra Zaafrani Zenzri a présenté les deux piliers de la stratégie tunisienne : * Un modèle économique résilient, misant sur la diversification et l'amélioration du climat d'investissement. * Un Etat social renforcé, œuvrant pour une meilleure redistribution des richesses, la généralisation de la protection sociale et la création d'emplois décents. Elle a salué l'appui des partenaires bilatéraux et multilatéraux, tout en appelant à un changement profond des règles du jeu, notamment dans les modalités d'accès aux financements internationaux. Une série de propositions concrètes La Tunisie appelle à : * Réformer les institutions financières internationales, pour passer d'une logique d'imposition à une logique de partenariat. * Assouplir les conditions d'accès aux financements internationaux pour les pays en développement. * Créer une « fenêtre unique » supervisée par l'ONU pour centraliser l'aide technique et financière. * Adopter un pacte financier spécifique à l'Afrique, continent particulièrement exposé aux conséquences du changement climatique causé par les pays industrialisés. * Alléger la dette des pays du Sud et lutter contre les flux financiers illicites. * Faciliter l'accès à des financements stables, notamment dans les secteurs de l'agriculture résiliente, de la santé, du numérique et de la transition énergétique. Un appel à transformer les discours en actions Dans la lignée du président Kais Saïed, qui avait plaidé lors du Sommet de Paris de 2023 pour un contrat mondial plus juste, la Tunisie renouvelle sa demande de réformer la gouvernance financière mondiale. Pour Sarra Zaafrani Zenzri, il est temps de passer des recommandations aux actes, avec des décisions audacieuses capables de fonder un nouveau modèle de coopération équilibré et solidaire. « Le monde ne peut continuer à avancer avec des règles dépassées, conçues pour un ordre mondial qui n'existe plus », a-t-elle martelé, concluant son intervention par une invitation à l'action collective pour la paix, le développement et la dignité humaine. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!