Face à la pénurie persistante d'eau potable dans le sud-est de la Tunisie, les autorités ont annoncé un projet d'envergure visant à doubler la capacité de la station de dessalement de Zarat, pour atteindre 100 000 m3/jour. Une décision stratégique qui pourrait changer la donne dans une région structurellement fragilisée par le stress hydrique. Une réponse directe à une crise durable L'annonce a été faite mercredi par Hamadi Habaieb, secrétaire d'Etat chargé des Ressources en eau, lors d'une visite officielle dans le gouvernorat de Gabès. Le responsable a souligné que cette extension vise à répondre à la demande croissante en eau potable, notamment durant les pics de consommation estivale, où plusieurs zones en altitude sont confrontées à des ruptures d'approvisionnement régulières. Actuellement, la station de Zarat ne fonctionne qu'à moitié de sa capacité, selon les données recueillies sur le terrain, et doit parfois cesser complètement ses activités lorsque la demande dépasse les capacités techniques du réseau. Un déficit hydrique préoccupant Selon les estimations du ministère, le déficit quotidien en eau potable atteint : * 2 000 m3/jour dans la délégation de Nouvelle Matmata * 120 m3/jour dans celle de Mareth Ce manque chronique d'eau affecte la vie quotidienne des habitants, les services publics et les activités agricoles locales, qui dépendent fortement de ressources déjà limitées. Pour faire face à cette situation, plusieurs recommandations prioritaires ont été formulées par le Conseil régional des eaux : 1. Accélérer l'extension de la station de dessalement de Zarat. 2. Déconnecter l'oasis d'El Hamma du réseau de la SONEDE, afin de préserver ses ressources naturelles en eau. 3. Mettre rapidement en service une station de traitement des eaux industrielles du Groupe Chimique Tunisien (GCT), afin d'alléger la pression sur le réseau potable. Le secrétaire d'Etat a par ailleurs souligné que la maintenance du réseau constitue un autre point critique. Il a annoncé que le ministère concentrera ses efforts sur la fourniture d'équipements de réparation, notamment des pompes, pour limiter les pannes fréquentes qui perturbent le bon fonctionnement des installations. Un défi pour la souveraineté hydrique L'extension de la station de Zarat s'inscrit dans une vision plus large de souveraineté hydrique, alors que la Tunisie, comme d'autres pays méditerranéens, fait face à une raréfaction croissante des ressources en eau douce, aggravée par le changement climatique et une surexploitation des nappes phréatiques. Ce projet, s'il est mené à terme, permettrait non seulement d'assurer un approvisionnement plus stable pour les habitants de Gabès et ses environs, mais aussi de renforcer la résilience du sud tunisien face aux épisodes de sécheresse et aux pressions démographiques. Ainsi, le doublement de la capacité de la station de dessalement de Zarat représente un levier crucial pour stabiliser l'approvisionnement en eau potable dans le sud-est tunisien. Mais au-delà de l'urgence technique, c'est une réflexion stratégique sur la gestion intégrée des ressources hydriques qui s'impose. La réussite du projet dépendra de la coordination entre les institutions, de la transparence dans l'exécution et de l'implication des collectivités locales. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!