Un garçon de 11 ans en tenue traditionnelle, dansant en équilibre à la proue d'un bateau de course en pleine vitesse : c'est l'image qui fait sensation sur les réseaux sociaux. Rayyan Arkan Dikha, jeune Indonésien originaire du district de Kuantan Singingi, est devenu malgré lui une icône mondiale grâce à une chorégraphie spontanée aujourd'hui imitée jusqu'à Paris, New York et Jakarta. Une performance née sur l'eau et un phénomène planétaire C'était sa première participation à la course traditionnelle Pacu Jalur, un événement national en Indonésie. Son rôle : Togak Luan, le danseur posté à l'avant du bateau pour motiver l'équipe de rameurs adultes. Sauf que cette fois, Rayyan y a ajouté sa propre touche – lunettes de soleil, gestes rythmés, bras tendus, roulades de poings – créant ce que les internautes appellent désormais la danse « aura farming », terme utilisé pour désigner l'art d'augmenter son charisme par l'attitude. Habillé d'un Teluk Belanga et d'un foulard traditionnel malais Riau, Rayyan enchaîne ses pas sans jamais perdre l'équilibre, ni l'attitude. Dans la vidéo devenue virale, on le voit souffler des baisers à gauche et à droite, tout en gardant un calme déconcertant malgré la vitesse du bateau et la force du courant. Depuis la fin juin, les vidéos du jeune garçon font le tour de TikTok sous les hashtags #aurafarmingkid ou #boatracedance, cumulant des millions de vues. Le club de football du Paris Saint-Germain a publié sa propre version le 1er juillet, sous-titrée : « Son aura est arrivée jusqu'à Paris. » Résultat : plus de 7 millions de vues en dix jours. Le lendemain, c'est la star de la NFL Travis Kelce – également compagnon de la chanteuse Taylor Swift – qui entre dans la danse avec une vidéo dépassant les 14 millions de vues. Même le pilote de F1 Alex Albon s'est prêté à l'exercice. Un enfant devenu symbole culturel Pour sa performance, Rayyan a été officiellement désigné ambassadeur culturel de la province de Riau. Cette semaine, il a été reçu dans la capitale Jakarta avec sa mère Rani Ridawati, où il a rencontré les ministres de la Culture et du Tourisme et est apparu sur les chaînes nationales. Le ministre Fadli Zon a salué ses capacités physiques et artistiques : « Danser à la proue d'un bateau en mouvement est un acte d'équilibre et de courage. C'est pour cela qu'on choisit des enfants. » Sa mère partage pourtant quelques inquiétudes : « Je crains toujours qu'il tombe et qu'il se cogne aux rames, mais une équipe de secours est toujours prête. » Malgré sa célébrité soudaine, Rayyan garde la tête froide. Il avoue ne pas connaître les célébrités qui imitent ses mouvements. Quand on lui parle de Travis Kelce, il répond d'abord « oui », puis admet : « En fait non, je ne sais pas qui c'est. » Son rêve ? Devenir policier. Son conseil à ceux qui veulent lui ressembler : « Restez en bonne santé, les amis, pour devenir comme moi. » Son histoire illustre la puissance de la culture locale lorsqu'elle se mêle à la viralité numérique. Derrière les millions de vues, un simple message d'énergie, de fierté et d'authenticité. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!