Le Québec industriel en alerte : Ottawa réduit l'accès aux travailleurs étrangers temporaires Une crise silencieuse menace le tissu industriel du Québec. Des centaines de travailleurs étrangers temporaires (TET), employés essentiels du secteur manufacturier, pourraient être forcés de quitter le pays en raison des nouvelles restrictions fédérales. L'industrie tire la sonnette d'alarme et réclame de toute urgence une clause de droit acquis pour préserver ses effectifs déjà fragilisés. Julie White, présidente-directrice générale de Manufacturiers & Exportateurs du Québec (MEQ), ne mâche pas ses mots : « Chaque départ forcé vient briser une chaîne déjà fragilisée ». Pour elle, Ottawa doit impérativement assouplir sa position avant que l'exode de travailleurs ne se traduise par des pertes économiques irréversibles. Une main-d'œuvre vieillissante et des postes vacants En 2024, plus de 11 000 postes sont restés vacants dans le secteur manufacturier québécois. Pire encore, près d'un employé sur quatre a plus de 55 ans, selon les données d'Emploi-Québec. À l'échelle de la province, plus de 1,4 million de postes devront être pourvus d'ici 2030, accentuant la pression sur des entreprises déjà en quête de bras. La situation est particulièrement critique dans la région de Québec, où chaque entreprise devra pourvoir entre 50 et 100 postes dans les trois à cinq prochaines années, d'après les estimations de MEQ. Or, les nouvelles règles imposées par le gouvernement fédéral à l'automne 2024 réduisent de dix le nombre moyen de TET permis par entreprise, un coup dur pour de nombreuses structures. Des conséquences économiques directes Cette restriction pourrait se traduire, selon MEQ, par des pertes de revenus allant de 10 % à 30 % pour certaines entreprises. Faute de personnel, certaines pourraient être contraintes de délocaliser une partie de leur production aux Etats-Unis, voire cesser complètement leurs activités. Face à cette urgence, MEQ exhorte Ottawa à instaurer une clause de droit acquis, permettant aux TET déjà en poste de rester au Canada. Cette mesure temporaire, jugée essentielle, viserait à éviter l'interruption brutale des opérations de nombreuses usines. Une réforme structurelle réclamée Au-delà de cette clause, MEQ appelle à une réforme du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Elle milite notamment pour que les entreprises situées dans des régions où le taux de chômage est faible puissent recruter jusqu'à 20 % de travailleurs étrangers à bas salaire — une mesure qui tiendrait compte des réalités régionales et des besoins spécifiques de l'économie québécoise. Alors que la pénurie de main-d'œuvre continue de freiner la croissance de l'industrie manufacturière, la réponse du gouvernement Trudeau à cette crise sera déterminante pour l'avenir d'un pan crucial de l'économie du Québec. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!