Des députés de l'Assemblée des représentants du peuple tentent de faire adopter une initiative législative ambitieuse destinée à soutenir les droits des femmes actives. Ce projet vise à établir de nouvelles dispositions légales permettant aux mères de concilier épanouissement professionnel et responsabilités familiales, particulièrement pour celles qui s'occupent d'enfants en situation de handicap. Le texte propose un ensemble de mesures de protection et d'accompagnement applicables aux travailleuses des secteurs public et privé. Cette démarche s'inscrit dans une volonté d'adapter le cadre juridique tunisien aux réalités contemporaines du marché du travail et des structures familiales. Des mesures financières et organisationnelles concrètes La proposition de loi, publiée sur le site officiel du Parlement, prévoit l'instauration d'une aide sociale comprenant une allocation mensuelle de maternité. Cette prestation serait calculée en fonction du nombre d'enfants de moins de 12 ans, avec un montant minimal de 150 dinars pour le premier enfant et 100 dinars pour chaque enfant supplémentaire. Le texte impose également aux grandes entreprises l'obligation de mettre en place des espaces dédiés à la garde d'enfants ou de contractualiser avec des centres spécialisés. Les femmes bénéficieraient du droit à des horaires aménagés, incluant le travail à temps partiel ou à distance, tout en préservant leurs droits professionnels et leur rémunération. Le projet garantit par ailleurs une protection contre les licenciements liés aux congés de maternité et autorise le report d'examens professionnels pour les femmes enceintes ou allaitantes. Un accompagnement institutionnel renforcé Le bureau de l'Assemblée des représentants du peuple a transmis cette proposition à la commission de la santé, des affaires de la femme, de la famille et des affaires sociales pour élargir les débats. Les initiateurs du projet soulignent que cette démarche s'intègre dans un programme plus vaste de consolidation des législations sociales, plaçant la famille au cœur des préoccupations sociétales. Cette initiative intervient dans un contexte où la participation accrue des femmes au marché du travail nécessite des adaptations structurelles. Les porteurs du projet estiment que l'absence prolongée des mères du foyer familial peut engendrer des conséquences négatives sur l'éducation des enfants, notamment l'abandon scolaire et l'augmentation de la délinquance juvénile. L'engagement des institutions employeuses apparaît comme un élément déterminant pour la réussite de ces mesures. La mise en place de crèches d'entreprise pourrait favoriser l'équilibre émotionnel des mères et de leurs enfants, renforçant ainsi le bien-être psychologique des familles. Vers une redéfinition des responsabilités parentales Des observateurs soulignent l'importance de dépasser les stéréotypes sociaux qui attribuent exclusivement aux femmes la charge de l'éducation des enfants. Cette répartition des responsabilités devrait être équitablement partagée entre les deux parents pour éviter que les dispositifs de protection ne se transforment en obstacles à l'embauche féminine. Les entreprises privilégient parfois les candidats masculins, considérés comme plus disponibles pour un travail à temps complet. Cette réalité contraste avec les données de l'emploi, puisque les femmes détiennent davantage de diplômes supérieurs que les hommes, tout en ayant moins d'opportunités professionnelles. Des associations féministes plaident pour la ratification de la convention de l'Organisation internationale du travail et la révision de la convention sur la protection de la maternité numéro 183. Cette dernière reconnaît le droit de chaque mère, mariée ou non, à bénéficier d'un congé d'un mois avant l'accouchement et de quatre mois après la naissance, garantissant ainsi l'égalité de traitement pour toutes les mères et prévenant les complications sanitaires. En juin dernier, l'Assemblée des représentants du peuple avait déjà adopté un texte modernisant les congés parentaux, remplaçant la législation de 1967. Cette réforme avait introduit un congé prénatal, étendu le congé de maternité à trois mois, créé un congé spécifique en cas de mortinatalité, porté le congé de paternité à dix jours et élargi les pauses d'allaitement. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!