La 82e édition du Festival de Venise a connu un moment historique mercredi soir avec la projection mondiale du film « La Voix de Hind Rajab », réalisé par la Tunisienne Kaouther Ben Hnia. Ce long-métrage de 89 minutes, présenté en compétition officielle pour le Lion d'Or, a été salué par 24 minutes d'applaudissements ininterrompus, un record absolu dans l'histoire du festival. Un film inspiré d'une tragédie palestinienne L'œuvre retrace l'histoire de Hind Rajab, une fillette palestinienne de six ans tuée lors des bombardements israéliens sur Gaza le 29 janvier 2024. Piégée avec sa famille dans leur voiture sous les tirs, Hind avait appelé à l'aide via le Croissant-Rouge, restant en ligne avec les secouristes plus de trois heures avant que le contact ne soit rompu. Son corps, criblé de 355 balles, a été retrouvé 12 jours plus tard aux côtés de sa famille. Le film, qui utilise des enregistrements sonores authentiques des derniers appels de l'enfant, se veut un plaidoyer contre l'extermination en cours et une œuvre de mémoire en hommage aux enfants de Gaza. Une réception bouleversante Selon l'acteur palestinien Moataz Malhis, qui incarne le rôle principal, la salle entière « pleurait et sanglotait dès les cinq premières minutes » tant l'émotion était palpable. Le public occidental, choqué, a exprimé son incrédulité face à la réalité de cette tragédie, interrogeant le silence de la communauté internationale. L'acteur souligne que les applaudissements auraient pu durer bien plus longtemps sans l'intervention de l'organisation du festival, contrainte d'interrompre la ferveur du public. Pour lui, « La Voix de Hind Rajab » n'est pas seulement un film arabe ou palestinien, mais l'un des films les plus puissants du cinéma mondial récent. Le cinéma comme arme de résistance Kaouther Ben Hnia, déjà reconnue pour ses films engagés, signe ici une œuvre qui transcende les frontières. En donnant une voix à Hind Rajab, elle offre un récit universel qui dénonce l'injustice, tout en mettant en lumière le rôle du cinéma comme outil de résistance et de vérité. Moataz Malhis rappelle que dans un contexte où Israël dispose d'une machine de communication mondiale, il reste aux Palestiniens le soutien de l'art et du cinéma pour porter leur message. Selon lui, « le cinéma est devenu une arme contre les récits falsifiés de l'occupation ». Avec « La Voix de Hind Rajab », Kaouther Ben Hnia inscrit la Tunisie et la Palestine au cœur du cinéma international. La projection de Venise restera comme un moment fondateur, où le cinéma a prouvé qu'il pouvait être plus qu'un art : un acte de mémoire et de résistance. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!