C'est le baptême de feu du nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, dont le terrain est déjà miné par les dissensions politiques et des périls économiques sans précédent. On dira que la bronca du 10 septembre n'était pas pour lui, c'était plutôt pour saluer le départ de François Bayrou. Les manifestations de demain jeudi 18 septembre, organisées par les centrales syndicales, aura une toute autre dimension. On parle de centaines de milliers de personnes dans les rues de la France, avec son lot de perturbations, de blocages, de violences. Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, est « très inquiet » et ne s'en cache pas. Il a demandé ce mercredi aux commerçants de « fermer leurs boutiques » et d'installer « des protections de leurs devantures » dans la perspective de l'agitation de demain. Laurent Nuñez alerte sur l'intrusion de nombreux casseurs dans le cortège syndical à Paris. Il a dit qu'il détient des renseignements sur des projets fomentés par plusieurs centaines voire des milliers de radicaux déterminés à « en découdre et casser« . La journée de mobilisation sociale pourrait monter jusqu'à 800 000 manifestants, 250 rassemblements sont déclarés dans tout l'Hexagone. Quelque 80 000 membres des forces de l'ordre seront dépêchés sur le terrain pour parer aux troubles à l'ordre public. Le dispositif policier prévoit 24 Centaures, des voitures blindées de la gendarmerie et 10 engins lanceurs d'eau. On n'a pas vu un tel déploiement depuis le raffut des Gilets jaunes en 2019. « Des moyens massifs« , clame le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, ce mercredi matin sur BFMTV/RMC. Il avertit : les « consignes » données aux policiers sont « claires (…) Quand il y a des blocages, on débloque, dès qu'il y a une dégradation, atteinte aux biens ou aux personnes, on va au contact très vite, en étant mobile pour interpeller et déférer à la justice« , martèle Retailleau. L'homme n'en est pas à sa première action musclée. A noter qu'avant-hier le ministre de l'Intérieur démissionnaire avait informé les préfets sur les « risques de trouble à l'ordre public importants« . Il table sur une « mobilisation beaucoup plus large que le 10 septembre » et alerte sur les « risques« , principalement « la présence de groupes d'ultragauche« , les cibles préférées du ministre. De nombreuses perturbations sont annoncées ce jeudi, dans plusieurs secteurs. Les transports en commun seront lourdement impactés, notamment les Intercités (un train sur deux prévu) et des TER (un sur trois). À Paris aucun métro ne circulera en dehors des heures de pointe, sauf les lignes automatiques (1, 4 et 14). Par contre le trafic aérien sera quasiment normal. Les autres secteurs touchés sont l'Education nationale (un enseignant sur trois en grève dans le primaire), la santé (98% des pharmacies en France ferment leurs portes) ou l'énergie, avec des piquets de grève devant les entrepôts de gaz, les terminaux méthaniers et les centrales nucléaires et hydrauliques. Les usagers sont avertis…
Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!