L'administration Trump a lancé « Speed to Power », une initiative fédérale destinée à accélérer la mise en service de nouvelles capacités de production et de lignes à haute tension, afin de répondre à l'explosion de la demande électrique due aux data centers d'intelligence artificielle (IA), à l'essor du cloud et aux véhicules électriques. Le Département de l'Energie (DOE) va piloter ce programme avec les services fédéraux, les opérateurs de réseau et les industriels pour lever les goulets d'étranglement — financement, permis, raccordements — et sécuriser l'approvisionnement comme la résilience du réseau américain. Concrètement, « Speed to Power » doit orienter les dispositifs financiers existants du DOE et mobiliser, si besoin, des prérogatives d'urgence nationale pour accélérer la construction de centrales et de grands ouvrages de transport d'électricité. À la clé : des processus de permis raccourcis, une meilleure coordination inter-agences et des feuilles de route régionales pour brancher plus vite les charges massives des data centers sur des réseaux souvent saturés. Le timing est critique. Les dernières estimations évoquent une consommation des data centers qui pourrait représenter 4,6 % à 9,1 % de l'électricité américaine d'ici 2030, soit un écart d'environ 200 TWh — l'équivalent de la consommation de près de 11 millions de foyers. Cette montée en puissance ne peut être absorbée que si la production (gaz, solaire, stockage, nucléaire) et la transmission longue distance progressent de concert. Le régulateur fédéral de l'énergie (FERC) a, de son côté, renforcé les règles de sécurité du réseau (cyber, vagues de froid) tandis que le DOE rappelle qu'une expansion accélérée des interconnexions à grande échelle entraînerait des économies systémiques de 270 à 490 milliards de dollars d'ici 2050, selon ses travaux de planification nationale de la transmission. Le discours politique s'invite dans le débat énergétique. Le président Trump critique la montée en puissance des renouvelables au nom de la fiabilité et du coût, tout en défendant la prolongation de centrales au charbon et au gaz au titre de la sécurité d'approvisionnement — les données de terrain restant, elles, contrastées selon les Etats et l'évolution des réseaux. Au-delà des annonces, l'exécutif a déjà donné le ton avec un décret visant à accélérer les permis fédéraux pour les infrastructures de data centers et les lignes haute tension qui les alimentent, notamment via des procédures harmonisées et l'usage de terrains fédéraux lorsque pertinent. Ces mesures complètent la stratégie « IA » de la Maison-Blanche qui fait de l'accès à une électricité abondante et fiable un axe de compétitivité. Pourquoi c'est décisif * Réseau sous tension : Texas, Mid-Atlantic et d'autres régions voient s'accumuler les demandes de raccordement ; des régulateurs étudient des règles de délestage temporaire des data centers en cas d'urgence pour éviter les blackouts. * Calendrier industriel : la croissance de la demande sur cinq ans sera, pour l'essentiel, couverte par des projets déjà en développement ; d'où l'intérêt d'un choc d'exécution sur les permis et les raccordements (« Speed-to-Power » 2025-2030). À court terme, « Speed to Power » sera jugé à sa capacité à réduire les délais (permitting, accès réseau), fluidifier les files d'attente de raccordement et débloquer les financements pour des projets critiques (centrales pilotables, stockage, grandes artères de transmission). Dans un contexte où l'IA tire la demande et où chaque mois compte pour la compétitivité numérique, l'enjeu n'est pas seulement énergétique : il est industriel et géopolitique. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!