À Nabeul, capitale incontestée de la fleur d'oranger, un nouveau projet prend racine : « La route du bigaradier ». Samedi, la délégation régionale du tourisme de Nabeul-Hammamet a convié journalistes, acteurs du secteur et étudiants à une visite exploratoire de ce circuit écotouristique inédit, conçu pour valoriser l'oranger amer et ses multiples usages. Mis en œuvre en partenariat avec la Fédération régionale des agences de voyages, le programme PAMPAT, l'Association de sauvegarde de la ville de Nabeul et la délégation régionale de l'artisanat, ce parcours immersif en est déjà à une phase avancée de réalisation. Son lancement officiel est prévu pour décembre 2025. Un voyage sensoriel au cœur du patrimoine La découverte a débuté dans un verger de bigaradiers, où l'odeur envoûtante des fleurs a donné le ton de la journée. Les participants se sont ensuite rendus à Dar Nabeul, siège de l'Association de sauvegarde de la ville, pour assister à un atelier de distillation traditionnelle de l'eau de fleur d'oranger, savoir-faire transmis de génération en génération. Le circuit s'est prolongé par la visite d'une unité de distillation industrielle ainsi qu'un espace dédié à la mise en valeur des produits dérivés du bigaradier, notamment dans les domaines de la cosmétique et de la parfumerie. Une manière de rappeler que derrière chaque goutte d'huile essentielle se cache un héritage vivant, à la fois artisanal et moderne. Préserver et transmettre un savoir-faire ancestral « Ce projet a pour objectif de mettre en lumière toutes les étapes de la transformation de la fleur d'oranger, de la cueillette à l'extraction de l'huile de néroli, un produit très recherché par les grandes maisons de parfumerie », a déclaré Wahid Ben Faraj, délégué régional du tourisme. Selon lui, ce circuit s'inscrit dans une démarche de diversification de l'offre touristique de Nabeul, en attirant un public sensible aux valeurs du tourisme durable et aux expériences culturelles authentiques. Un appui international pour un produit local Le projet bénéficie du soutien du programme PAMPAT, financé par la coopération suisse et mis en œuvre par l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Cet appui n'est pas nouveau : à Nabeul comme à Kairouan, PAMPAT accompagne la promotion de produits emblématiques du terroir tunisien tels que la harissa, l'eau de fleur d'oranger et les figues de Barbarie de Bouargoub. Pour Khamis Ennassfi, coordinateur du projet PAMPAT à Nabeul, le circuit représente une expérience rare : « De la récolte dans le verger jusqu'à l'exportation de l'huile de néroli vers les marchés internationaux, le visiteur vivra chaque étape du parcours, en passant par la distillation traditionnelle et la rencontre avec les artisans. » Entre authenticité et développement durable Avec « La route du bigaradier », Nabeul ambitionne de conjuguer préservation du patrimoine, valorisation des savoir-faire et ouverture sur le monde. Dans une époque où le voyage se veut plus responsable et sensoriel, cette initiative illustre la volonté de la région de bâtir un tourisme à la fois respectueux de son identité et porteur de nouvelles perspectives économiques. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!