Les Etats-Unis s'apprêtent à franchir un nouveau cap dans leur soutien à l'Ukraine. Selon l'agence Reuters, Washington a décidé de fournir à l'armée ukrainienne des renseignements stratégiques pour cibler les infrastructures énergétiques russes. Parallèlement, la Maison Blanche étudie la livraison de missiles de croisière longue portée « Tomahawk », un armement qui pourrait considérablement renforcer les capacités offensives de Kyiv et accentuer la pression sur Vladimir Poutine. Des capacités militaires accrues Avec une portée maximale de 1 600 km, soit cinq fois celle des missiles « Scalp » fournis par la France, les « Tomahawk » offriraient à l'armée ukrainienne un avantage stratégique majeur. Déjà utilisés par l'armée américaine lors de frappes contre des installations nucléaires iraniennes en juin dernier, ces missiles symbolisent un saut qualitatif dans l'arsenal ukrainien. Le président Volodymyr Zelensky a rappelé que son pays en avait « besoin », tout en précisant que leur seule obtention pourrait suffire à accroître la pression diplomatique sur le Kremlin. Intensification des frappes contre les raffineries Ces annonces interviennent alors que l'Ukraine multiplie les attaques de drones contre les raffineries russes, parfois situées à plusieurs centaines de kilomètres de la frontière. En septembre, la production d'essence en Russie a chuté d'un million de tonnes après l'arrêt total ou partiel de six raffineries, selon le Moscow Times. Cette situation a entraîné des pénuries dans plusieurs régions, notamment en Crimée annexée, et une flambée des prix du carburant. Le quotidien russe Kommersant estime que le pays fait face à un déficit de 400 000 tonnes d'essence, soit près de 20 % de l'approvisionnement mensuel habituel. Moscou a dû interdire les exportations d'essence et restreindre celles de diesel, tout en invoquant officiellement de « simples maintenances » des infrastructures pétrolières. Une économie de guerre fragilisée Au-delà des pertes énergétiques, c'est toute l'économie russe qui subit les contrecoups du conflit prolongé. Les revenus tirés des hydrocarbures se contractent, affaiblis par les sanctions occidentales et la baisse des cours mondiaux. Pour compenser, le gouvernement propose d'augmenter la TVA de 20 à 22 %, une mesure qui ferait peser davantage le coût de l'effort de guerre sur la population. Selon le New York Times, les dépenses militaires russes devraient même reculer l'an prochain pour la première fois depuis le début du conflit. « Le Kremlin est contraint de trouver des solutions pour stabiliser son budget », analyse Sergueï Souverov, expert financier basé à Moscou. Reste que le budget militaire russe demeure trois fois supérieur à celui de l'Ukraine. Ainsi, la guerre s'enlise dans une spirale où pressions militaires et contraintes économiques s'intensifient de part et d'autre, alors que Kyiv mise sur le soutien accru de ses alliés occidentaux pour inverser le rapport de force face à Moscou. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!