The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Le boom du secteur de l'intelligence artificielle (IA) continue d'alimenter la croissance économique mondiale, mais derrière les chiffres impressionnants, certains analystes tirent la sonnette d'alarme. Selon une analyse publiée par Bloomberg Economics, ce dynamisme cache un ralentissement inquiétant de l'investissement productif réel, tandis que les ressources en capital, en énergie et en main-d'œuvre se concentrent presque exclusivement autour de la révolution technologique. Le rapport indique que l'IA « consomme l'oxygène de toute la pièce économique », selon John Engel, directeur général de Wesco International. « Les entreprises qui ne participent pas à cette course technologique perdent leurs opportunités de croissance et restent sur la touche », ajoute-t-il. Des investissements colossaux mais déséquilibrés Bloomberg estime que les dépenses mondiales liées à l'infrastructure de l'IA atteindront près de 4 000 milliards de dollars d'ici 2030, un record historique. Mais cette manne financière masque une faiblesse structurelle dans les investissements industriels et manufacturiers. Aux Etats-Unis, le secteur industriel n'a toujours pas montré de signes tangibles de reprise, tandis que la confiance des consommateurs retombe à des niveaux similaires à ceux observés lors de la crise financière de 2008. Les données du marché du travail confirment cette tendance : la croissance des salaires et de l'emploi se concentre désormais dans les métiers liés à l'IA, aux data centers et à l'économie numérique, au détriment de l'industrie et du bâtiment. L'économie américaine dépendante de l'IA Pour Rebecca Patterson, ancienne directrice de la stratégie du fonds d'investissement Bridgewater Associates, l'économie américaine doit sa résistance actuelle presque exclusivement à la vague d'innovations en intelligence artificielle. « Sans l'IA, les Etats-Unis seraient probablement en récession ou en stagnation quasi totale », souligne-t-elle, précisant que cette croissance technologique masque une faiblesse chronique de l'investissement dans les secteurs productifs traditionnels. Une croissance portée par les géants technologiques L'étude de Bloomberg anticipe que la contribution de l'intelligence artificielle au PIB américain pourrait atteindre 1,5 point de pourcentage en 2026. Ce chiffre s'explique par l'ampleur des investissements réalisés par des entreprises comme Google, Amazon, Meta et Microsoft, qui injectent chaque année entre 400 et 600 milliards de dollars dans des infrastructures numériques et des technologies de calcul avancé. Cependant, cette expansion reste hautement concentrée. Quelques grandes firmes captent l'essentiel des financements et des talents, accentuant la polarisation économique et la concentration de la richesse. Selon les analystes de Bloomberg, cette dépendance à un petit nombre d'acteurs pourrait fragiliser l'économie mondiale : en cas de ralentissement du secteur de l'IA, l'ensemble du système économique serait vulnérable à un choc brutal. Un moteur vital mais risqué Le rapport conclut que l'intelligence artificielle agit comme un oxygène vital pour l'économie mondiale : elle alimente la croissance à court terme, soutient la productivité et maintient la confiance des marchés. Mais en parallèle, elle étouffe la diversification économique et détourne les ressources de secteurs essentiels à la stabilité de long terme. Autrement dit, l'IA maintient l'économie en vie... tout en la rendant plus dépendante d'un seul souffle technologique. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!