The liveblog has ended. No liveblog updates yet. La Libye est plus fragmentée que jamais. Alors que l'ONU et le Qatar (Doha a aussi son agenda caché) font ce qu'ils peuvent pour dessiner une trajectoire politique et institutionnelle, sous le sceau de l'unité nationale, l'Est du pays, sous la coupe du maréchal Khalifa Haftar – et de son successeur et fils -, trace sa voie. Deux gouvernements, deux Parlements, deux armées et deux destins qui ne se croisent jamais. L'Armée nationale libyenne (ANL) des Haftar creuse un peu plus son sillon avec un accord militaire majeur… Le pacte a été scellé avec une puissance militaire dotée de l'arme atomique, le Pakistan. Décidément ce dernier, en bisbilles avec son voisin, l'Inde, a la cote en ce moment. Rappelons qu'en septembre dernier Islamabad a noué un partenariat militaire avec l'Arabie saoudite, principalement autour de la protection nucléaire du royaume. C'est au tour de l'Est libyen de bénéficier de la force de frappe pakistanaise. Le document signé englobe des avions, des équipements et de la formation. Avec ça l'ANL blinde ses capacités stratégiques à l'Est mais également au Sud du pays. Des ambitions que la Turquie observe avec un oeil très intéressé, en tant que nouvel allié du maréchal. D'après plusieurs sources le montant de l'accord avec le Pakistan est estimé à 4-4,6 milliards de dollars. Un gros paquet. Avec ça les Haftar mettront la main sur des équipements terrestres, navals et aériens ; leur armée bénéficiera de programmes de formation et de coopération industrielle. C'est l'un des contrats d'armement les plus juteux remportés par Islamabad. L'accord mentionne la livraison de 16 avions multi-rôles JF-17 Thunder, conçus conjointement par le Pakistan et la Chine, et 12 appareils d'entraînement Super Mushshak. La concrétisation du marché s'étale sur 2 ans et demi et pourrait nécessiter le déploiement de professionnels pakistanais pour former les pilotes libyens et veiller sur la mise en place des équipements. On dit du JF-17 que c'est un avion de combat multi-rôle au tarif compétitif, avec des spécificités techniques indépendantes des chaînes d'approvisionnement occidentales. Avec ces engins l'ANL aura plus de possibilités pour la surveillance et le renseignement, beaucoup plus qu'avec les systèmes de défense aérienne russes et les drones chinois. Le document a été paraphé après un entretien entre le chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir et Saddam Khalifa Haftar, commandant adjoint en chef de l'ANL. Rappelons que cette dernière a la main sur la majorité des champs pétroliers nichés à l'Est et au Sud. Le rival, le Gouvernement d'union nationale conduit par Abdulhamid Dbeibah, contrôle l'Ouest du pays et la capitale… Reste à savoir si la montée en gamme des Haftar changera les équilibres dans les zones stratégiques. Que feront Dbeibah et compagnie face aux ambitions de l'ANL ? En tout cas le Pakistan lui se frotte les mains. Jusqu'ici c'est l'Inde qui s'illustrait dans la fabrication et l'exportation d'armements, Islamabad entre dans la danse. Les Pakistanais brassent large : aéronautique, blindés, munitions et construction navale. Une offre complète en termes d'équipements, de formation et de maintenance pour des clients désireux de s'armer sans se ruiner. Avec ce gros marché en Libye le Pakistan met un pied en Afrique du Nord, en commençant par l'antre de la production pétrolière. On verra si les Haftar donneront des idées aux autres dirigeants de la région… Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!