The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Dans une déclaration accordée à Tunisie Numérique ce mercredi 7 janvier 2026, l'écrivain et analyste politique Boulbaba Salem est revenu sur la récente rencontre ayant réuni le ministre des Affaires étrangères de l'entité occupante, Gideon Sa'ar, et le président de ce qui est appelé « l'Etat du Somaliland », Abdirahman Mohamed Abdullahi. Selon lui, une éventuelle reconnaissance israélienne du Somaliland ne relève nullement d'un simple geste diplomatique, mais s'inscrit dans un plan stratégique de long terme, Israël ne s'attachant pas réellement à la nature des gouvernements qui normalisent avec lui. Boulbaba Salem a expliqué que l'entité occupante tire profit à la fois de la normalisation avec certains Etats et des développements géopolitiques survenus au cours des trois dernières années, notamment la fermeture du détroit de Bab el-Mandeb et de la mer Rouge par les Houthis aux navires se dirigeant vers le port d'Eilat, en particulier les navires israéliens ou à destination de l'entité. Dans cette optique, Israël anticipe l'avenir et considère le Somaliland comme le point géographique le plus proche et le plus stratégique de ce détroit vital. Il a souligné que cette région, située à proximité immédiate du Yémen, permettrait à Israël non seulement de sécuriser ses intérêts maritimes, mais aussi, le cas échéant, de faire face directement aux Houthis. Selon lui, la reconnaissance du Somaliland s'accompagnerait, comme cela a été le cas avec certains pays arabes, d'avantages financiers, d'investissements économiques, mais également de la mise en place d'une base militaire, sous couvert de ce qui pourrait être qualifié de « société de services de sécurité ». Bab el-Mandeb, un objectif stratégique central Boulbaba Salem a rappelé que le projet israélien est ancien et clairement assumé. Il a cité une déclaration du président américain Dwight Eisenhower, datant de 1953, lors d'une réunion du Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis, dans laquelle il affirmait que le rôle d'Israël consistait à sécuriser l'énergie au Moyen-Orient et à en garantir le contrôle au profit de Washington. Israël serait ainsi un acteur fonctionnel, chargé non seulement de l'énergie, mais aussi de la maîtrise des détroits stratégiques. Dans ce contexte, Bab el-Mandeb, mais aussi les détroits de Suez et d'Ormuz, revêtent une importance vitale pour la sécurité israélienne, le commerce mondial et le flux du pétrole. Celui qui contrôle ces passages contrôle, selon lui, le commerce international. Un plan visant l'encerclement de l'Egypte et de l'Arabie saoudite Selon Boulbaba Salem, le projet autour du Somaliland et de Bab el-Mandeb s'inscrit dans une stratégie plus large visant à encercler l'Egypte par le sud, Israël cherchant historiquement à fragmenter les grandes puissances arabes afin d'assurer sa propre sécurité. Il a rappelé que cette stratégie a déjà été mise en œuvre en Irak et en Syrie, et que l'Egypte serait désormais dans le viseur, la confrontation n'étant, selon lui, que différée. Il a ajouté que ce mouvement vise également à encercler l'Arabie saoudite par le sud, le royaume étant perçu par l'entité occupante comme un facteur de menace stratégique. Cette analyse permettrait d'expliquer le refus catégorique de l'Egypte et de l'Arabie saoudite de reconnaître le Somaliland ou de soutenir toute initiative allant dans ce sens. L'analyste a également évoqué une coordination croissante entre l'Egypte, l'Arabie saoudite et la Turquie pour faire face à cette expansion israélienne, notamment après le refus du Caire et de Riyad de la visite effectuée par le président du Somaliland en Turquie. Cette dynamique s'inscrit, selon lui, dans un contexte régional marqué par l'existence de pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël et servant son agenda, des faits qui auraient récemment été mis en lumière au Yémen. Une expansion régionale bien au-delà du Somaliland Pour Boulbaba Salem, le projet israélien ne se limite pas au Somaliland. Il s'étend également au Soudan, à la Libye, et inclut des tentatives de pénétration au Yémen, ainsi que des accords sécuritaires et politiques récents, notamment avec la Syrie, évoquant une normalisation conclue récemment à Paris. La reconnaissance du Somaliland ne serait ainsi qu'un maillon d'une chaîne plus vaste, visant à contrôler les détroits stratégiques et les sources d'énergie, avec le soutien constant des différentes administrations américaines. Afrique : qui s'oppose au projet israélien ? Boulbaba Salem a rappelé que la Somalie est un pays arabe, membre de la Ligue arabe, et également un Etat africain, membre de l'Union africaine. Il a toutefois estimé que la Ligue arabe traverse l'une de ses pires phases, comme en témoigne, selon lui, sa faiblesse face aux massacres perpétrés à Gaza. Les régimes ayant opté pour la normalisation seraient ainsi devenus « hors de l'Histoire » et un fardeau pour les peuples arabes. Sur le plan africain, il a souligné que certains pays entretiennent des relations étroites avec Israël, citant notamment l'Ethiopie, soutenue par l'entité occupante dans le dossier du barrage de la Renaissance, toujours dans une logique de pression sur l'Egypte. Il a rappelé qu'à l'époque de l'Organisation de l'unité africaine, le sionisme était considéré comme un mouvement raciste et colonial, et que le rejet de la normalisation était alors largement partagé. Il a également évoqué le rôle joué par l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui avait œuvré activement pour contrer la pénétration israélienne en Afrique. Aujourd'hui, selon lui, l'Afrique du Sud et l'Algérie figurent parmi les rares Etats africains à s'opposer ouvertement au projet sioniste, y compris devant les instances judiciaires internationales, et ce malgré le fait que l'Afrique du Sud ne soit pas un pays musulman. Le projet de déplacement des Gazaouis Enfin, Boulbaba Salem a abordé la question sensible de la déportation des habitants de Gaza, affirmant que ce projet est ouvertement évoqué en lien avec le Somaliland et également avec l'est de la Libye. Il a rappelé que le président du Somaliland avait déclaré ne pas rejeter l'idée d'accueillir des Palestiniens de Gaza, une position que l'on retrouverait chez certains acteurs en Libye orientale. Selon lui, cette réalité explique notamment les entraves dressées face à la Caravane de la Résistance, cette région constituant désormais une extension directe de la sécurité israélienne. Dans ce contexte, il a salué la position ferme de l'Egypte, qui refuse toute installation de Palestiniens dans le Sinaï, qualifiant cette position de digne et honorable face à un projet qu'il juge lourd de conséquences pour la région. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!