Le blog en direct est terminé. Aucune mise à jour du blog en direct pour le moment. La Commission des finances et du budget a tenu, lundi 9 mars 2026, une séance d'audition du ministre du Transport autour d'un projet de loi portant approbation de l'accord de prêt conclu le 16 octobre 2025 entre la République tunisienne et le Fonds arabe pour le développement économique et social. Ce financement doit contribuer au projet de renouvellement et de modernisation des lignes ferroviaires dédiées au transport du phosphate, un dossier jugé stratégique pour la relance du secteur et l'amélioration des performances de la Société nationale des chemins de fer tunisiens. Une audition consacrée à un projet ferroviaire stratégique La séance s'est déroulée en présence du président de la commission, Maher Ktari, du vice-président Dhafer Sghiri, de la rapporteure Zeina Jeballah, ainsi que des membres de la commission Amal Moeddab, Issam Chouchane, Ali Zaghdoud, Ibrahim Ben Hsine, Massoud Graira, Nouri Jridi et Mohamed Ben Hsine. Plusieurs députés non membres de la commission ont également pris part aux échanges. En ouverture de la séance, le ministre du Transport a rappelé les avantages comparatifs du transport ferroviaire, citant notamment sa grande capacité, sa sobriété énergétique, sa contribution à la préservation de l'environnement et son rôle dans la sécurité des déplacements. Il a souligné que, malgré ces atouts, le transport ferroviaire du phosphate fait face à des difficultés structurelles aggravées ces dernières années, au point de ne fonctionner actuellement qu'à près de 50 % de sa capacité. Une priorité affichée dans le cadre de la "d'Etat social" Le ministre a indiqué que l'Etat, dans le cadre de son orientation stratégique vers "l'Etat social", a accordé une attention particulière au secteur ferroviaire. L'objectif affiché est de rétablir progressivement le rythme d'activité, de moderniser l'outil de production, de traiter les dysfonctionnements de manière radicale et d'opérer un saut qualitatif dans les services de transport ferroviaire. Selon lui, la modernisation du réseau de transport du phosphate doit permettre de soutenir la filière, de restaurer sa compétitivité à l'échelle mondiale et d'avoir des retombées positives sur la balance commerciale, sur les équilibres financiers de la SNCFT ainsi que sur les entreprises opérant dans le secteur. Le phosphate représente 40 % des recettes de la SNCFT Le directeur de la Société nationale des chemins de fer tunisiens a affirmé, de son côté, que le transport du phosphate représente environ 40 % des recettes de l'entreprise. Avant 2011, les volumes transportés atteignaient au moins 8 millions de tonnes par an. Cette activité a toutefois fortement reculé ces dernières années sous l'effet de la baisse de la production et de la dégradation des infrastructures. Aujourd'hui, le volume transporté s'élève à environ 1,38 million de tonnes par an, soit 35 % d'une production de phosphate estimée à 3,9 millions de tonnes. Le phosphate est transporté depuis les mines de Redeyef, Métlaoui, Oum Laarayes, Mdhilla, Soheib et Kaf Eddour vers les unités du Groupe chimique tunisien et de la société TIFERT, avant exportation via le port de Sfax. Un réseau de 605 kilomètres et un projet en deux volets Le responsable a précisé que le réseau ferroviaire destiné au transport du phosphate dans le sud tunisien s'étend sur 605 kilomètres de voie métrique. Le "triangle du phosphate" couvre 435 kilomètres et comprend les lignes 13, 17, 5 et 21. Le réseau du bassin minier s'étend, lui, sur 170 kilomètres et comprend les lignes 13, 15, 16 et 14. Le projet de renouvellement et de renforcement du réseau est divisé en deux parties. La première, d'un coût de 138 millions de dollars, concerne le renouvellement de 190 kilomètres de voies sur les lignes 5, 14, 17 et 21, ainsi que la création d'une unité de fabrication de traverses en béton. Les études relatives au dossier d'appel d'offres sont achevées et la date du 24 mars 2026 a été fixée comme dernier délai de réception des offres. La seconde partie du projet est estimée à 546 millions de dollars. Elle porte sur le renouvellement des 415 kilomètres restants du réseau, la réhabilitation des infrastructures et des tunnels, l'extension des voies de croisement pour permettre l'utilisation de trains plus longs, l'adoption d'un système moderne de signalisation pour renforcer la sécurité, l'aménagement des gares, la création d'un nouveau centre de maintenance et l'acquisition d'équipements mécaniques pour l'entretien des voies. Des députés favorables mais vigilants Au cours des débats, les députés ont estimé que ce projet constitue un investissement important, largement salué par la majorité des membres de la commission, en raison de son potentiel à accroître la productivité de la Compagnie des phosphates de Gafsa et à améliorer le rythme d'exploitation de la richesse minière, avec des effets attendus sur l'économie nationale et les ressources de l'Etat. Certains élus ont toutefois exprimé des réserves sur la capacité réelle des prêts destinés au secteur à résoudre les problèmes structurels profonds dont souffre la filière phosphate en Tunisie. Plusieurs députés ont ainsi appelé à la présentation d'une vision globale de la réforme du secteur, soulignant que le projet examiné ne représente qu'une partie d'un programme plus large, qui mérite d'être clarifié dans ses axes et ses objectifs stratégiques à moyen et long termes. La chute des volumes transportés au cœur des interrogations Les députés sont également revenus sur la forte baisse des quantités transportées. Ils ont rappelé qu'en 2010, les volumes atteignaient près de 8 millions de tonnes, alors qu'ils dépassent à peine aujourd'hui le million de tonnes, soulevant des interrogations sur les politiques adoptées pour restaurer les niveaux de production et de transport. La question des choix retenus pour le transport du phosphate a aussi été soulevée, notamment avec l'existence d'un comité de pilotage étudiant un projet de transport hydraulique du phosphate, ce qui pourrait sembler entrer en concurrence avec l'option ferroviaire. Les élus ont demandé des éclaircissements sur cette articulation, se demandant si l'accent mis sur le rail s'inscrit dans une vision économique intégrée ou s'il vise principalement à soutenir la situation de la SNCFT. Gouvernance, pipeline et port de Skhira au centre du débat Les députés ont également relevé que la production tunisienne de phosphate demeure limitée comparativement à certains pays voisins, malgré le nombre de mines et la qualité du phosphate tunisien. Selon eux, cette situation renvoie principalement à des problèmes de gouvernance et à la multiplicité des intervenants dans ce secteur vital. Ils ont insisté sur la nécessité de revoir le système de gouvernance afin d'assurer davantage de coordination et d'efficacité. Par ailleurs, plusieurs interventions ont appelé à suivre les nouvelles tendances internationales dans le transport du phosphate, notamment à travers l'étude des possibilités de transport du phosphate dissous par pipeline, une option jugée efficace dans certaines expériences étrangères, en particulier au Maroc. Certains députés ont aussi évoqué la rationalisation des itinéraires de transport entre Skhira et Sfax, en suggérant l'exploitation et l'extension du port de Skhira au lieu de s'appuyer exclusivement sur le transport ferroviaire. Le ministre défend le rail comme option centrale à ce stade En réponse aux interrogations des députés, le ministre du Transport a précisé que le transport hydraulique du phosphate est essentiellement limité au transport interne, ce qui explique le maintien du recours au rail à l'heure actuelle. Il a ajouté que l'implication des sociétés de transformation, compte tenu de leurs moyens importants, aux côtés de la SNCFT, aura un effet positif sur les quantités transportées. Il a assuré que les capacités disponibles permettent de transporter entre 5 et 6 millions de tonnes. Le ministre a aussi souligné que la réhabilitation des voies ferrées nécessite des financements importants, tout en évoquant une orientation future visant à amener la SNCFT à s'appuyer davantage sur ses ressources propres. Concernant le port de Skhira, il a indiqué que plusieurs difficultés entravent son exploitation dans ce cadre. Il a également fourni des précisions sur le nouveau réseau de transport du phosphate au niveau des mines, notamment en ce qui concerne le "triangle du phosphate". Enfin, il a affirmé que des crédits ont été mobilisés au profit de la SNCFT pour la réhabilitation du réseau ferroviaire, rappelant que le recours à l'emprunt demeure nécessaire compte tenu de l'importance de la maintenance des voies pour assurer la continuité de leur exploitation. Il a également indiqué que plusieurs projets ont été réalisés pour relier les ports au réseau ferroviaire.
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