Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.
Aram Belhaj : la fermeture du détroit d'Ormuz n'affecterait pas directement la Tunisie, mais la hausse du pétrole pèsera lourdement sur le budget [Vidéo]
Le blog en direct est terminé. Aucune mise à jour du blog en direct pour le moment. L'économiste Aram Belhaj a affirmé, mercredi 11 mars 2026, que la fermeture éventuelle du détroit d'Ormuz dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient n'aurait pas d'impact direct sur la Tunisie. Dans une déclaration accordée à Tunisie Numérique, il a expliqué que la majorité du pétrole importé par la Tunisie provient d'Azerbaïdjan, transitant par la Turquie avant d'arriver via la mer Méditerranée, tandis que le gaz naturel est principalement importé d'Algérie. Selon lui, plusieurs pays exportateurs de pétrole profiteront de la hausse actuelle des prix du brut sur les marchés internationaux, notamment l'Algérie, dans le contexte des tensions géopolitiques qui secouent la région. La Tunisie exposée aux fluctuations du marché mondial Toutefois, Aram Belhaj a souligné que la Tunisie ne sera pas totalement épargnée par cette crise. En effet, environ un quart des approvisionnements pétroliers mondiaux transite par le détroit d'Ormuz, ce qui signifie que toute perturbation du trafic maritime affectera les marchés internationaux. Or, la Tunisie étant une économie ouverte, elle reste étroitement liée aux évolutions des marchés mondiaux. Ainsi, même si les importations tunisiennes ne passent pas directement par Ormuz, l'interruption du transport du pétrole vers d'autres routes stratégiques, comme le canal de Suez ou la Méditerranée, pourrait avoir des répercussions indirectes sur le pays. La hausse du pétrole, principal risque pour la Tunisie Pour l'économiste, le principal danger pour la Tunisie réside dans la hausse des prix du pétrole sur les marchés internationaux. Actuellement, le baril se situe entre 92 et 95 dollars, alors que les contrats d'approvisionnement conclus par la Tunisie sont généralement à court terme, ce qui expose rapidement le pays aux fluctuations du marché. Cette situation pourrait avoir des conséquences importantes sur le budget de l'Etat, notamment la caisse de compensation (subventions). Un climat d'investissement plus incertain Aram Belhaj a également évoqué un autre risque lié à la crise : la détérioration du climat international de l'investissement. Selon lui, l'escalade militaire pourrait affecter la confiance des investisseurs étrangers, qu'ils soient européens (français, italiens, allemands) ou issus des pays du Golfe comme le Qatar. Une telle situation pourrait entraîner une baisse des investissements et un ralentissement économique. Une forte dépendance énergétique L'économiste a rappelé que les importations énergétiques de la Tunisie proviennent principalement de l'Algérie (41 %), suivie de la Russie (24 %), l'Azerbaïdjan (7 %), l'Italie (7 %) et la Libye (2 %). Dans ce contexte, toute perturbation des marchés énergétiques en Algérie ou en Russie pourrait avoir un impact majeur sur l'approvisionnement tunisien. Un scénario critique pour les finances publiques Selon Aram Belhaj, la durée de la guerre en Iran sera déterminante pour l'évolution des marchés pétroliers. Plusieurs rapports évoquent la possibilité que le prix du baril atteigne 150 dollars si le conflit se prolonge et s'élargit. Un tel scénario serait particulièrement critique pour la Tunisie, dont la loi de finances 2026 a été élaborée sur la base d'un prix du baril estimé à 63,3 dollars. Or, les prix actuels dépassent déjà ce niveau d'environ 30 dollars. L'économiste rappelle qu'une augmentation d'un dollar du prix du baril coûte environ 164 millions de dinars au budget de l'Etat. Des choix difficiles pour le gouvernement Face à cette situation, plusieurs options s'offrent au gouvernement tunisien : * augmenter le budget des subventions afin de maintenir les prix des carburants, * combiner une hausse des subventions et une augmentation des prix à la pompe, * ou, en cas de flambée record des prix internationaux, réviser fortement les prix des carburants. Selon Aram Belhaj, l'ampleur de l'impact dépendra essentiellement de la durée et de l'intensité du conflit au Moyen-Orient, qui pourrait profondément influencer l'équilibre des marchés énergétiques mondiaux. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!